Coffee Stain Studios a déployé la mise à jour Satisfactory 1.2 le 2 juin 2026 — la première à sortir simultanément sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Pour les joueurs qui veulent construire leur usine à plusieurs sans dépendre en permanence de la connexion d’un ami ni payer un hébergeur, la solution reste la même depuis le lancement de la version 1.0 : monter son propre serveur Satisfactory dédié sur une machine que vous contrôlez.
Ce guide détaille les 12 étapes pour installer, sécuriser, sauvegarder et maintenir à jour un serveur dédié, sous Linux comme sous Windows. Comptez environ 30 minutes pour l’ensemble du processus, un peu plus si vous partez d’un VPS tout juste loué. Aucune compétence avancée en administration système n’est nécessaire : chaque commande est donnée intégralement, prête à copier-coller.
Serveur dédié ou hébergement depuis le jeu : quelle différence ?
Satisfactory propose deux façons de jouer à plusieurs, et il vaut mieux trancher entre les deux avant de se lancer dans une installation qui prend malgré tout une trentaine de minutes. La première, l’hébergement « depuis le jeu », transforme le PC de l’un des joueurs en serveur le temps de la session : c’est rapide à démarrer, mais tout repose sur cette machine — sa puissance, sa bande passante montante, et sa présence en ligne. Si l’hôte quitte la partie ou ferme son PC, personne d’autre ne peut continuer à jouer, et une connexion montante trop faible fait ramer tout le monde, pas seulement l’hôte.
Le serveur dédié, à l’inverse, tourne sur une machine séparée — VPS loué ou mini-PC allumé en permanence — indépendante du PC de jeu de qui que ce soit. Vos coéquipiers peuvent rejoindre et faire avancer l’usine même si vous êtes hors ligne, et l’usine continue de produire 24 h/24 sans qu’aucun joueur ne soit connecté. Fonctionnellement, la partie elle-même ne change pas une fois en jeu : la différence se joue entièrement sur la disponibilité et la stabilité, surtout à mesure que l’usine grossit et que plusieurs joueurs explorent des zones éloignées en même temps. C’est cette indépendance qui justifie les 12 étapes qui suivent.
Prérequis : versions et configuration nécessaires
Avant de lancer votre serveur Satisfactory dédié, vérifiez que votre machine — PC personnel resté allumé, mini-serveur ou VPS loué — répond aux exigences officielles. Le serveur dédié est un outil Steam distinct du jeu, gratuit, identifié par l’App ID 1690800 (le jeu de base, lui, porte l’App ID 526870). D’après le wiki officiel de Satisfactory, il fonctionne sous Windows 10/11, Windows Server 2016/2019/2022, ou toute distribution Linux 64 bits de type Debian/Ubuntu, mais exclusivement en architecture x86-64 : ni Raspberry Pi, ni aucune carte ARM ne peut faire tourner ce serveur.
| Composant | Minimum | Recommandé |
|---|---|---|
| Processeur | Intel i5-3570 ou AMD Ryzen 5 3600 (mono-cœur 2000+ points) | Un modèle plus récent ; la charge reste principalement mono-thread |
| Mémoire RAM | 8 Go | 16 Go pour une usine avancée ou 4 joueurs et plus |
| Stockage (Windows) | 12,4 Go | SSD recommandé |
| Stockage (Linux) | 8 Go, OS inclus | SSD recommandé |
| Système d’exploitation | Windows 10/11, Server 2016 ou plus, ou Debian/Ubuntu 64 bits | — |
| Joueurs simultanés | 4 (valeur par défaut) | Ajustable via les paramètres avancés du Server Manager |
En pratique, la RAM nécessaire dépend moins du nombre de joueurs que de la complexité de l’usine construite : comptez environ 6 Go en début de partie, 8 à 12 Go en milieu de partie, et jusqu’à 16-32 Go pour une méga-usine de fin de partie ou un serveur fortement moddé. C’est un point que beaucoup de guides passent sous silence, et qui explique pourquoi un serveur qui tournait très bien pendant des semaines peut soudainement se mettre à crasher — non pas parce qu’un joueur de plus s’est connecté, mais parce que l’usine elle-même a grossi.
Étape 1 : installer SteamCMD sur votre machine
SteamCMD est l’outil en ligne de commande de Valve qui permet de télécharger des serveurs dédiés sans passer par l’interface graphique de Steam. Sur Linux (Debian/Ubuntu), installez-le ainsi :
sudo add-apt-repository multiverse
sudo dpkg --add-architecture i386
sudo apt update
sudo apt install steamcmd lib32gcc-s1 -y
Le paquet lib32gcc-s1 est indispensable : sans lui, SteamCMD refuse de démarrer même sur une machine 64 bits, puisque l’outil reste en partie un binaire 32 bits. Sur Windows, téléchargez simplement steamcmd.exe depuis le site de Valve et placez-le dans un dossier dédié, par exemple C:\steamcmd\. Un premier lancement de steamcmd.exe termine l’installation en se mettant lui-même à jour avant de vous rendre la main.
Sur un VPS distant sans interface graphique, SteamCMD est la seule option : le client Steam classique nécessite un environnement de bureau que la plupart des offres d’hébergement Linux n’installent pas par défaut. C’est également l’approche que privilégient les scripts d’automatisation et les images Docker communautaires évoquées plus loin, puisqu’elle peut s’exécuter entièrement sans interaction humaine une fois la première configuration terminée.
Étape 2 : télécharger le serveur dédié Satisfactory
Le serveur dédié se télécharge de façon anonyme, sans compte Steam ni achat du jeu : c’est un outil gratuit, séparé du jeu principal. Depuis SteamCMD, lancez :
steamcmd +force_install_dir ~/SatisfactoryDedicatedServer +login anonymous +app_update 1690800 validate +quit
Le paramètre +login anonymous est obligatoire : contrairement à beaucoup d’autres jeux, aucun compte Steam personnel n’est requis pour héberger ce serveur. Comptez plusieurs minutes de téléchargement selon votre connexion. Une installation réussie se termine par ce message dans le terminal :
Success! App '1690800' fully installed.
Si vous préférez suivre les mises à jour expérimentales avant leur passage en version stable, ajoutez -beta experimental à la commande. Sur Windows, la syntaxe est identique en remplaçant le chemin par un dossier local, par exemple C:\SatisfactoryServer.
Étape 3 : ouvrir les ports 7777 et 8888
Depuis la mise à jour 1.1.0.0, un serveur Satisfactory dédié a besoin de deux ports ouverts pour fonctionner correctement, et c’est l’étape la plus souvent négligée par les nouveaux hébergeurs — y compris ceux qui avaient déjà un serveur fonctionnel avant cette mise à jour.
| Port | Protocole | Fonction |
|---|---|---|
| 7777 | TCP | Trafic de jeu et API HTTPS du serveur |
| 7777 | UDP | Trafic de jeu principal |
| 8888 | TCP | Messagerie fiable (obligatoire depuis la 1.1.0.0) |
| 22 | TCP | Administration distante SSH (Linux, optionnel) |
| 3389 | TCP | Administration distante RDP (Windows, optionnel) |
Sur un pare-feu Linux avec UFW, ouvrez les deux premiers ports ainsi :
sudo ufw allow 7777/tcp
sudo ufw allow 7777/udp
sudo ufw allow 8888/tcp
sudo ufw enable
sudo ufw status
Sur votre box ou routeur, ajoutez ensuite une règle de redirection de port (NAT) vers l’adresse IP locale de la machine qui héberge le serveur. Attention à un piège fréquent : le port 7777 ne supporte pas la redirection avec des numéros différents entre l’externe et l’interne — le port externe doit obligatoirement correspondre au port interne. Le port 8888, lui, peut être remappé côté externe grâce au paramètre -ExternalReliablePort= si votre configuration réseau l’exige.
Ce découpage en deux ports distincts remonte directement à la mise à jour 1.1.0.0 : avant elle, un seul port UDP suffisait, mais Coffee Stain Studios a séparé le trafic de jeu classique de la messagerie fiable pour améliorer la stabilité des sessions à plusieurs joueurs. Si vous administrez également d’autres serveurs de jeu sur la même machine — nous avons déjà couvert Rust ou ARK sur ce site — vérifiez qu’aucun des ports 7777, 8888, 22 ou 3389 n’entre en conflit avec un service déjà en écoute avant de démarrer Satisfactory.
Étape 4 : premier lancement du serveur
Une fois l’installation terminée, lancez le serveur pour la première fois. Sous Linux :
cd ~/SatisfactoryDedicatedServer
./FactoryServer.sh -log -unattended
Sous Windows, exécutez FactoryServer.exe -log -unattended depuis une invite de commande, dans le dossier d’installation. Le flag -unattended évite qu’une boîte de dialogue ne bloque le démarrage en arrière-plan — indispensable si vous prévoyez de faire tourner le serveur comme un service, ce que nous verrons à l’étape 8. Le journal affiche la progression du chargement ; laissez le serveur terminer complètement son initialisation avant de tenter une connexion. Vous pouvez aussi personnaliser les ports directement dans la commande de lancement :
./FactoryServer.sh -log -unattended -Port=7777 -ReliablePort=8888 -ExternalReliablePort=8888
Étape 5 : se connecter et réclamer le serveur
Contrairement à d’autres jeux de survie, Satisfactory ne se configure pas uniquement via des fichiers texte : la prise en main se fait aussi depuis le client de jeu. Lancez Satisfactory, ouvrez le Server Manager depuis le menu principal, cliquez sur Add Server et saisissez l’adresse IP de votre serveur suivie du port, au format IP:7777. Une fois le serveur détecté dans la liste, cliquez sur Claim pour en prendre possession : cette étape attribue le rôle d’administrateur au premier compte qui la réalise, alors ne la laissez pas traîner sur un serveur public.
Bonne nouvelle pour les groupes mixtes : les clients Steam et Epic Games Store peuvent rejoindre le même serveur dédié, quelle que soit la boutique depuis laquelle les binaires du serveur ont été téléchargés. Le cross-play fonctionne nativement grâce au SDK Epic Online Services intégré au jeu, sans manipulation supplémentaire de votre part.
Étape 6 : définir le mot de passe administrateur
Toujours depuis le Server Manager, une fois le serveur réclamé, définissez un nom d’affichage et un mot de passe administrateur — cette étape est obligatoire et protège l’accès aux réglages du serveur. Le mot de passe de connexion des joueurs (pour rejoindre la partie) est, lui, optionnel et désactivé par défaut : sans lui, n’importe qui connaissant votre adresse IP peut rejoindre la partie dès lors que le serveur est visible publiquement. Sur un serveur ouvert à des inconnus ou partagé au-delà d’un cercle d’amis proches, activez systématiquement ce second mot de passe en plus de celui de l’administrateur. Choisissez un mot de passe administrateur distinct de ceux que vous utilisez ailleurs : contrairement à un compte Steam ou Epic, il n’existe aucune double authentification pour protéger l’accès au Server Manager, uniquement ce mot de passe.
Étape 7 : configurer les paramètres avancés
Le Server Manager donne accès à des Advanced Game Settings qui permettent, entre autres, d’augmenter le nombre de joueurs au-delà de la limite par défaut de 4 — à condition d’avoir la RAM nécessaire pour absorber la charge supplémentaire évoquée dans les prérequis. Depuis la mise à jour 1.2, un menu Game Modes complet a fait son apparition à la création d’une nouvelle partie, avec des options de randomisation du monde généré. Pour les réglages plus fins non exposés dans l’interface, Satisfactory reste éditable via les fichiers INI du moteur Unreal Engine, notamment Engine.ini et Game.ini :
[URL]
Port=7777
Ces fichiers se trouvent dans le même répertoire de sauvegarde que les fichiers ServerSettings.PORT.sav, détaillés à l’étape 10. Modifiez-les uniquement serveur arrêté, sous peine de voir vos changements écrasés au prochain redémarrage.
Étape 8 : automatiser le démarrage du serveur
Un serveur lancé manuellement dans un terminal s’arrête au moindre redémarrage de la machine ou à la moindre déconnexion SSH. Pour un hébergement permanent, déléguez son démarrage au gestionnaire de services de votre système.
Linux : un service systemd
Créez le fichier /etc/systemd/system/satisfactory.service :
[Unit]
Description=Serveur dedie Satisfactory
After=network.target
[Service]
Type=simple
User=satisfactory
WorkingDirectory=/home/satisfactory/SatisfactoryDedicatedServer
ExecStart=/home/satisfactory/SatisfactoryDedicatedServer/FactoryServer.sh -log -unattended
Restart=on-failure
RestartSec=60
KillSignal=SIGINT
[Install]
WantedBy=multi-user.target
Le réglage KillSignal=SIGINT a son importance : le signal par défaut, SIGTERM, coupe le processus trop brutalement et peut corrompre une sauvegarde en cours d’écriture. Activez et démarrez le service :
sudo systemctl daemon-reload
sudo systemctl enable satisfactory.service
sudo systemctl start satisfactory.service
sudo systemctl status satisfactory.service
Une sortie saine ressemble à ceci :
● satisfactory.service - Serveur dedie Satisfactory
Loaded: loaded (/etc/systemd/system/satisfactory.service; enabled)
Active: active (running) since ...
Main PID: 12345 (FactoryServer)
Windows : un service via NSSM
Windows ne propose pas nativement de convertir un exécutable en service. L’outil gratuit NSSM (Non-Sucking Service Manager) comble ce manque : installez-le, puis exécutez nssm install SatisfactoryServer et pointez-le vers FactoryServer.exe avec les arguments -log -unattended. Le serveur démarre alors automatiquement à chaque redémarrage de la machine, sans qu’une session utilisateur ne reste ouverte en permanence.
Étape 9 : sécuriser le serveur avec un pare-feu
Un serveur de jeu exposé sur Internet reste une surface d’attaque comme une autre, même si le risque est moindre que sur un service web public. Au-delà de l’ouverture stricte des ports 7777 et 8888 vus à l’étape 3, quelques réflexes s’imposent. Fermez tout accès d’administration distante — SSH sous Linux, RDP sous Windows — au monde entier, et limitez-le si possible à votre propre adresse IP :
sudo ufw allow from VOTRE_IP to any port 22 proto tcp
sudo ufw deny 22/tcp
Activez également le mot de passe joueur vu à l’étape 6 dès que le serveur est accessible publiquement, et gardez SteamCMD à jour pour éviter de faire tourner une version du serveur à laquelle il manquerait des correctifs de sécurité récents. Sur un VPS loué, préférez toujours un compte utilisateur dédié et non privilégié — comme satisfactory dans l’exemple de service systemd ci-dessus — plutôt que de lancer le serveur avec les droits root : en cas de faille dans le jeu lui-même, l’attaquant hérite alors des droits du compte qui l’exécute, pas de ceux de la machine entière.
Ce principe de moindre privilège s’applique à n’importe quel serveur de jeu exposé publiquement, pas seulement à Satisfactory — c’est la même logique que nous détaillons pour CS2 ou DayZ. Un compte dédié limite aussi les dégâts en cas d’erreur de manipulation de votre part : un rm -rf lancé par mégarde dans le mauvais répertoire reste confiné aux fichiers du serveur plutôt que de menacer le reste du système.
Étape 10 : sauvegarder vos parties automatiquement
Les sauvegardes serveur de Satisfactory vivent dans un répertoire distinct du dossier d’installation lui-même — ce qui simplifie grandement les sauvegardes externes puisqu’il n’y a pas besoin de copier l’intégralité du serveur. Sous Linux :
~/.config/Epic/FactoryGame/Saved/SaveGames/server/
Sous Windows, le même rôle est joué par %LocalAppData%\FactoryGame\Saved\SaveGames\ (ou le profil du compte de service réseau si le serveur tourne en tant que service Windows plutôt que sous une session utilisateur classique). Automatisez une copie régulière avec une tâche cron :
0 */6 * * * cp -r /home/satisfactory/.config/Epic/FactoryGame/Saved/SaveGames/server /home/satisfactory/backups/satisfactory-$(date +\%F-\%H\%M)
Conservez au moins trois à quatre versions datées avant d’écraser les plus anciennes : une usine avancée qui se corrompt après des dizaines d’heures de jeu est bien plus douloureuse à perdre qu’un monde qui vient tout juste de démarrer. Un script de rotation simple, qui ne garde que les sauvegardes les plus récentes, évite aussi de saturer le disque au fil des semaines — un fichier de sauvegarde grossit avec la taille de l’usine et peut représenter plusieurs dizaines de mégaoctets en fin de partie, contre quelques mégaoctets à peine pour un monde qui démarre.
Si votre hébergeur propose des snapshots au niveau du disque (VPS ou machine virtuelle), ne les considérez que comme une protection complémentaire, pas comme un substitut à la rotation de sauvegardes ci-dessus : un snapshot pris pendant une écriture en cours peut capturer un fichier de sauvegarde à moitié écrit, exactement comme un arrêt brutal du processus.
Étape 11 : migrer une partie solo vers le serveur
Beaucoup de joueurs démarrent une usine en solo avant de vouloir la continuer à plusieurs sur un serveur dédié — bonne nouvelle, la migration ne demande pas de recommencer à zéro. Copiez le fichier de sauvegarde (.sav) de votre partie depuis le dossier SaveGames local de votre client Satisfactory vers le sous-dossier SaveGames/server de votre installation serveur vu à l’étape 10, puis sélectionnez-le comme monde à charger depuis le Server Manager au prochain démarrage. Arrêtez impérativement le serveur avant de copier le fichier, jamais pendant qu’il tourne, pour éviter tout conflit d’écriture. Gardez également une copie du fichier de sauvegarde original de votre partie solo avant de le déplacer : si la migration échoue ou si le serveur charge un monde vide par erreur de nommage, vous pourrez toujours repartir de cette copie plutôt que de perdre votre progression.
Étape 12 : mettre à jour vers Satisfactory 1.2
Coffee Stain Studios a publié la mise à jour 1.2 le 2 juin 2026, avec au programme un système météo, les Fluid Trucks et Fluid Stations pour transporter des liquides sans pipeline, un menu Game Modes complet évoqué à l’étape 7, et une refonte des trajets automatisés des véhicules. S’y ajoutent des connecteurs d’alimentation chaînables (pour simplifier le câblage électrique entre bâtiments), un mode selfie, et le nouveau bâtiment SPWN dédié à la gestion des déchets. Elle n’a introduit aucun changement de port ni de configuration serveur : la même commande d’installation utilisée à l’étape 2 suffit à mettre à jour un serveur existant.
steamcmd +force_install_dir ~/SatisfactoryDedicatedServer +login anonymous +app_update 1690800 validate +quit
Arrêtez systématiquement le service avant de lancer la mise à jour (sudo systemctl stop satisfactory.service), sans quoi SteamCMD refusera d’écrire par-dessus des fichiers en cours d’utilisation. Redémarrez ensuite le service, puis vérifiez que la version du client de chaque joueur correspond bien à celle du serveur avant de vous reconnecter : un décalage de version, même mineur, empêche toute connexion.
Branche stable ou expérimentale : laquelle choisir ?
SteamCMD installe par défaut la branche stable, celle que Coffee Stain Studios recommande pour tout serveur destiné à durer — c’est la version qui a reçu les correctifs de la 1.2 le 2 juin 2026. La branche expérimentale, accessible en ajoutant -beta experimental à la commande d’installation vue à l’étape 2, donne accès en avant-première aux futures fonctionnalités avant leur passage en stable, au prix d’une stabilité moindre et de sauvegardes parfois incompatibles avec une future version stable.
Pour un serveur privé entre joueurs expérimentés qui veulent tester le contenu à venir en premier, l’expérimental peut se justifier. Pour un serveur destiné à plusieurs mois de jeu suivi, ou hébergeant une usine dans laquelle vous avez investi des dizaines d’heures, restez sur la branche stable : le risque d’un bug bloquant ou d’une incompatibilité de sauvegarde dépasse largement l’intérêt de découvrir une fonctionnalité quelques semaines plus tôt. Quelle que soit la branche choisie, client et serveur doivent rester alignés — un client stable ne peut pas rejoindre un serveur expérimental, et inversement, exactement comme le décalage de version évoqué dans la section dépannage.
Exemple de configuration complète et fonctionnelle
Pour résumer l’ensemble des étapes précédentes, voici un déploiement Linux complet, prêt à copier-coller sur un VPS Debian/Ubuntu tout juste provisionné.
# 1. Dependances
sudo add-apt-repository multiverse
sudo dpkg --add-architecture i386
sudo apt update
sudo apt install steamcmd lib32gcc-s1 -y
# 2. Utilisateur dedie (jamais root)
sudo useradd -m -s /bin/bash satisfactory
# 3. Installation du serveur
sudo -u satisfactory steamcmd +force_install_dir /home/satisfactory/SatisfactoryDedicatedServer +login anonymous +app_update 1690800 validate +quit
# 4. Pare-feu
sudo ufw allow 7777/tcp
sudo ufw allow 7777/udp
sudo ufw allow 8888/tcp
sudo ufw enable
# 5. Service systemd (voir etape 8 pour le contenu du fichier)
sudo systemctl daemon-reload
sudo systemctl enable --now satisfactory.service
# 6. Verification
sudo systemctl status satisfactory.service
sudo ufw status
Il ne reste plus qu’à ouvrir Satisfactory, réclamer le serveur via Server Manager → Add Server avec l’IP publique de votre VPS suivie de :7777, définir le mot de passe administrateur, puis inviter vos amis Steam ou Epic Games. Comptez une trentaine de minutes au total, temps de téléchargement du serveur inclus — c’est exactement le même ordre de grandeur que les tutoriels serveurs dédiés que nous avons publiés pour Enshrouded ou Palworld.
Combien coûte un serveur Satisfactory dédié ?
Deux options s’opposent : l’auto-hébergement sur une machine que vous possédez déjà, dont le seul coût récurrent est l’électricité, ou un hébergeur spécialisé qui prend en charge la maintenance contre un abonnement mensuel.
| Solution | Caractéristiques | Prix |
|---|---|---|
| Auto-hébergement | Électricité seule, ~100-200 W en continu | ~13 à 26 €/mois au tarif EDF Base |
| G-Portal | 10 emplacements, Europe centrale | 13,70 €/mois |
| G-Portal | 15 emplacements, Europe centrale | 16,87 €/mois |
| Hostinger Game Panel 4 | 4 vCPU, 16 Go RAM, 200 Go NVMe | 11,99 €/mois en promotion, 27,99 €/mois au renouvellement |
| Hostinger Game Panel 8 | 8 vCPU, 32 Go RAM, 400 Go NVMe | 23,99 €/mois en promotion, 49,99 €/mois au renouvellement |
Le calcul de l’auto-hébergement part d’une consommation moyenne de 100 à 200 W pour une machine dédiée tournant 24 h/24, au tarif réglementé EDF de juillet 2026 (0,1940 €/kWh en option Base pour un compteur de 6 kVA). Ce montant ne couvre que l’électricité : il exclut l’achat initial du matériel et la connexion Internet, déjà comptée dans votre abonnement personnel. Les tarifs G-Portal et Hostinger ci-dessus proviennent directement des pages produit officielles de chaque hébergeur.
Pour un usage ponctuel entre amis, l’auto-hébergement reste la solution la moins chère ; pour un serveur public disponible 24 h/24 sans y penser, un hébergeur géré évite la gestion des mises à jour et des pare-feux au quotidien. Entre les deux, un VPS générique loué chez un fournisseur cloud classique (sans panel de jeu dédié) reste une option souvent oubliée : vous perdez le confort d’une interface clé en main, mais vous gagnez la liberté de suivre exactement les 12 étapes de ce guide, y compris le service systemd et la rotation de sauvegardes, plutôt que de dépendre d’un panel propriétaire.
Erreurs fréquentes à éviter
La plupart des messages d’erreur rencontrés en administrant un serveur Satisfactory dédié se ramènent à une poignée de causes récurrentes, souvent liées à l’ordre des étapes plutôt qu’à une véritable panne. Voici les huit pièges les plus fréquemment remontés par la communauté et les hébergeurs spécialisés.
- Oublier le port 8888/TCP — depuis la 1.1.0.0, ouvrir uniquement le 7777 laisse les clients bloqués sur l’écran de connexion, sans message d’erreur explicite.
- Confondre les deux App ID Steam — 1690800 est le serveur dédié, 526870 le jeu ; se tromper télécharge le mauvais produit et fait perdre du temps de téléchargement pour rien.
- Omettre
+login anonymousdans la commande SteamCMD, ce qui provoque un échec d’authentification alors qu’aucun compte n’est en réalité nécessaire pour ce serveur précis. - Mettre à jour le serveur pendant qu’il tourne — SteamCMD retourne l’erreur 0x606 tant que le processus n’a pas été arrêté au préalable.
- Faire tourner client et serveur sur des versions différentes — la moindre différence de version bloque la connexion avec un message de type version mismatch.
- Sous-dimensionner la RAM par rapport à l’usine, pas au nombre de joueurs — un monde compact avec 8 joueurs demande souvent moins de mémoire qu’une méga-usine explorée en solo.
- Tenter un Raspberry Pi ou toute architecture ARM — le serveur est strictement x86-64, aucune carte ARM ne peut l’exécuter, quelle que soit sa puissance annoncée.
- Arrêter le processus avec
kill -9pendant une sauvegarde en cours — un arrêt brutal peut corrompre le fichier de sauvegarde en cours d’écriture, d’où l’importance duKillSignal=SIGINTvu à l’étape 8.
Dépannage : résoudre les problèmes courants
« Version mismatch » ou message d’incompatibilité au moment de rejoindre. Le client et le serveur ne tournent pas sur la même version. Mettez à jour le serveur via SteamCMD (étape 12) et assurez-vous que chaque joueur a bien laissé Steam ou l’Epic Games Launcher terminer sa propre mise à jour avant de retenter la connexion.
La connexion reste bloquée sur « Connecting… ». C’est le symptôme classique du port 8888/TCP fermé. Vérifiez le pare-feu système (sudo ufw status) et la redirection sur votre routeur : les deux doivent être ouverts, pas seulement l’un des deux.
SteamCMD renvoie l’erreur 0x606 pendant une mise à jour. Le serveur est encore en cours d’exécution. Arrêtez le service (sudo systemctl stop satisfactory.service) avant de relancer la commande app_update.
Le serveur plante au chargement d’une sauvegarde volumineuse. C’est presque toujours un manque de RAM disponible face à la complexité de l’usine, pas un bug du jeu. Augmentez la mémoire allouée à la machine ou migrez vers une offre supérieure chez votre hébergeur.
Le service systemd refuse de démarrer. Vérifiez les chemins absolus dans ExecStart et WorkingDirectory, ainsi que les permissions du dossier d’installation pour l’utilisateur satisfactory — un chemin relatif ou un utilisateur sans droit de lecture est la cause la plus fréquente de cet échec silencieux.
Vos amis ne peuvent pas rejoindre malgré un pare-feu ouvert. Vérifiez la redirection de port (NAT) sur votre box : le port 7777 exige que le port externe et le port interne soient strictement identiques, sans remappage possible, contrairement au port 8888.
Le serveur n’apparaît pas dans le Server Manager après son démarrage. Confirmez que vous utilisez bien l’adresse IP publique (et non une IP locale de type 192.168.x.x) si vous vous connectez depuis l’extérieur de votre réseau, et laissez le serveur terminer complètement son initialisation avant de chercher à le réclamer.
Une sauvegarde semble corrompue après un redémarrage brutal de la machine. Restaurez la copie la plus récente de votre rotation de sauvegardes mise en place à l’étape 10, et vérifiez que KillSignal=SIGINT est bien présent dans le service systemd pour éviter que l’incident ne se reproduise.
Le port 7777 semble ouvert mais rien ne répond depuis l’extérieur. Testez la différence entre un test local (depuis la machine elle-même, qui répondra presque toujours) et un test depuis l’extérieur du réseau : un pare-feu logiciel correctement configuré peut malgré tout être bloqué par un pare-feu supplémentaire côté hébergeur ou datacenter, en plus de celui de votre propre box.
Le serveur consomme toute la RAM disponible au bout de plusieurs jours. Ce n’est généralement pas une fuite mémoire mais la conséquence directe de la croissance de l’usine évoquée dans les prérequis. Surveillez la tendance sur plusieurs jours plutôt que sur une seule session avant de conclure à un problème, et prévoyez une marge de RAM inutilisée dès le départ plutôt que d’attendre que le serveur commence à ramer.
Astuces avancées pour aller plus loin
Une fois le serveur stable et accessible, plusieurs réglages permettent d’aller plus loin que l’installation de base présentée dans les 12 étapes.
- Surveillez les journaux en direct avec
journalctl -u satisfactory.service -fpour repérer une dérive de performance ou un crash avant qu’un joueur ne le signale sur votre serveur vocal. - Utilisez
-multihome=IPsi votre machine possède plusieurs interfaces réseau, afin de forcer le serveur à écouter sur la bonne adresse plutôt que de laisser le système en décider seul. - Explorez les nouveaux Game Modes de la 1.2 pour randomiser la génération du monde à la création d’une nouvelle partie plutôt que de garder la carte par défaut, Grass Fields.
- Conteneurisez le déploiement — le wiki officiel référence des images Docker communautaires pour les environnements qui préfèrent une isolation par conteneur plutôt qu’un service systemd classique.
- Remappez le port de messagerie fiable avec
-ExternalReliablePort=si vous êtes derrière un NAT en cascade ou un CGNAT imposé par votre fournisseur d’accès, sans avoir à toucher au port interne 8888. - Planifiez un redémarrage hebdomadaire léger (
sudo systemctl restart satisfactory.servicevia une tâche cron nocturne) sur un serveur qui tourne en continu depuis des semaines : cela libère la mémoire fragmentée sans toucher aux fichiers de sauvegarde, à condition de le faire à une heure creuse où personne n’est connecté.
Questions fréquentes
Combien de RAM faut-il vraiment pour un serveur Satisfactory ?
8 Go est le minimum officiel, mais la consommation réelle dépend de la complexité de l’usine : comptez 6 Go en début de partie, 8 à 12 Go en milieu de partie, et 16 à 32 Go pour une méga-usine de fin de partie ou un serveur moddé.
Le serveur dédié est-il gratuit ?
Oui. Il s’agit d’un outil Steam distinct (App ID 1690800), disponible gratuitement même sans posséder le jeu — seuls les joueurs qui s’y connectent doivent posséder Satisfactory sur Steam ou l’Epic Games Store.
Peut-on faire jouer ensemble un ami sur Epic Games et un ami sur Steam ?
Oui, le cross-play est natif : les clients Steam et Epic Games Store rejoignent le même serveur dédié sans configuration supplémentaire, quelle que soit la plateforme d’origine du serveur.
Un Raspberry Pi suffit-il pour héberger un serveur Satisfactory ?
Non. Le serveur dédié exige une architecture x86-64 ; aucune carte ARM, Raspberry Pi inclus, n’est prise en charge, quelle que soit sa quantité de RAM.
Combien de joueurs maximum sur un serveur dédié Satisfactory ?
La valeur par défaut est de 4 joueurs, mais elle peut être augmentée depuis les Advanced Game Settings du Server Manager, à condition d’allouer la RAM nécessaire pour absorber la charge supplémentaire.
Je jouais déjà avant la mise à jour 1.1 : dois-je ouvrir le port 8888 maintenant ?
Oui, impérativement. Le port 8888/TCP est obligatoire depuis la 1.1.0.0 ; un serveur qui n’ouvre que le 7777 bloque désormais toutes les connexions entrantes, même celles de joueurs habitués.
Comment mettre à jour le serveur vers Satisfactory 1.2 ?
Arrêtez le service, relancez la même commande SteamCMD utilisée pour l’installation initiale (app_update 1690800 validate), puis redémarrez le service. Aucun changement de port ou de configuration n’a été introduit par la 1.2.
Peut-on héberger le serveur sur un NAS ?
Seulement si le NAS tourne sur une architecture x86-64 et peut exécuter SteamCMD ou une image Docker ; les NAS grand public en ARM, fréquents sur les modèles d’entrée de gamme, sont incompatibles.
Faut-il posséder le jeu pour faire tourner uniquement le serveur ?
Non. Le serveur dédié (App ID 1690800) se télécharge et se lance sans posséder Satisfactory ; seuls les comptes qui se connectent en tant que joueurs doivent posséder le jeu sur Steam ou l’Epic Games Store.
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