C’est la nouvelle qui affole les assembleurs, les joueurs et les fabricants de consoles depuis le début de l’année : le prix de la RAM a littéralement explosé. Entre l’automne 2025 et l’été 2026, certaines barrettes ont vu leur tarif quadrupler, le stockage NAND s’est envolé à son tour, et l’onde de choc a atteint tout l’écosystème du jeu vidéo – du Steam Deck aux consoles de salon, en passant par le PC gamer monté maison. Derrière cette flambée, une seule et même cause structurelle : l’intelligence artificielle, qui aspire la mémoire mondiale pour alimenter ses centres de données.

Le phénomène a été baptisé « RAMpocalypse » ou « RAMageddon » par la presse spécialisée. Il ne s’agit pas d’une simple hausse conjoncturelle comme le secteur en a connu par le passé, mais d’un basculement de fond : les trois géants de la mémoire – Samsung, SK Hynix et Micron – ont réorienté leurs usines vers la mémoire haute performance (HBM) destinée à l’IA, au détriment de la DRAM et de la NAND grand public. Résultat, un prix de la mémoire devenu incontrôlable et une pénurie que les industriels décrivent comme durable. Cette analyse fait le point, chiffres vérifiés à l’appui, sur l’ampleur de la crise et son impact concret sur le gaming en 2026. Nous sommes le 5 juillet 2026.

Prix de la RAM en 2026 : l’ampleur d’une flambée historique

Les chiffres donnent le vertige. Selon le suivi de Tom’s Hardware, une puce mémoire DDR5 de 16 Go s’échangeait autour de 6,84 dollars sur le marché spot en septembre 2025 ; fin décembre, la même puce dépassait 27,20 dollars, soit une progression de près de 298 % en trois mois. Sur le marché de détail, un kit de 32 Go de DDR5-6000 CL30, vendu moins de 90 dollars début 2025, se négocie désormais autour de 529 dollars. En France, les revendeurs spécialisés comme Pause Hardware confirment un prix de la RAM multiplié par quatre en quatre mois environ.

Cette flambée n’épargne aucune génération. La DDR4, pourtant en fin de vie, a elle aussi doublé, voire triplé : un kit de 32 Go (2×16 Go) vendu entre 60 et 90 dollars en octobre 2025 coûtait entre 150 et 180 dollars dès janvier 2026. Du côté des données macro, le cabinet TrendForce, relayé par Wccftech, a mesuré une hausse des prix contractuels de la DRAM grand public pouvant atteindre 89 % au deuxième trimestre 2026. Et ce n’est peut-être qu’un début : le cabinet Gartner, cité par TechTimes, anticipe une envolée du coût de la mémoire de l’ordre de 130 % sur l’ensemble du cycle.

Pour matérialiser l’ampleur du choc, le tableau ci-dessous synthétise l’évolution des tarifs de la mémoire entre 2025 et 2026, à partir des relevés publiés par les analystes du secteur.

Produit mémoirePrix 2025Prix 2026VariationSource
Puce DDR5 16 Go (spot)6,84 $ (sept. 2025)27,20 $ (déc. 2025)+298 %Tom’s Hardware
Kit DDR5-6000 CL30 32 Go< 90 $ (début 2025)≈ 529 $ (2026)×4 environTom’s Hardware
Kit DDR4 32 Go (2×16 Go)60–90 $ (oct. 2025)150–180 $ (janv. 2026)×2 à ×3Marché de détail
DRAM grand public (contrat)Référence T1 2026+89 % (T2 2026)+89 %TrendForce
Coût mémoire (prévision cycle)Base 2025+130 % (prévision)+130 %Gartner

Pourquoi la RAM flambe : l’IA siphonne la mémoire mondiale

La racine du problème tient en trois lettres : HBM, pour High Bandwidth Memory. Cette mémoire empilée en couches, indispensable aux accélérateurs d’IA de Nvidia et d’AMD, mobilise une part croissante des capacités de production. Selon TrendForce, les charges de travail liées à l’IA devraient absorber environ 20 % de la capacité mondiale de wafers DRAM en 2026. Or produire de la HBM est extrêmement gourmand : un gigaoctet de HBM occupe l’équivalent de quatre gigaoctets de DRAM classique en surface de wafer. Chaque bit de mémoire haute performance fabriqué, c’est donc trois bits de mémoire conventionnelle en moins pour les PC, les smartphones et les consoles.

Le patron commercial de Micron l’a reconnu sans détour au CES 2026 de Las Vegas. Interrogé par CNBC, il a décrit une demande qui échappe totalement à l’appareil productif mondial.

Nous observons une hausse très forte et significative de la demande de mémoire, qui a largement dépassé notre capacité à la fournir et, selon notre estimation, la capacité d’approvisionnement de toute l’industrie de la mémoire.

Sumit Sadana, directeur commercial de Micron, au CES 2026 (via CNBC)

Le dirigeant est allé plus loin en affirmant que Micron était « sold out for 2026 » – intégralement vendu pour toute l’année 2026 sur sa mémoire HBM. Quand le numéro trois mondial n’a plus un gigaoctet à céder, c’est tout l’aval du marché qui se retrouve à sec. La demande vient des hyperscalers – Microsoft, Google, Meta, Amazon – qui construisent des centres de données à un rythme effréné et raflent les composants les plus rentables. Chaque accélérateur Nvidia de génération H200 embarque jusqu’à 141 Go de HBM3e : autant de mémoire soustraite au marché grand public.

HBM, DDR5, NAND : comprendre la mécanique de la pénurie

Pour saisir pourquoi le tarif de la mémoire ne redescendra pas de sitôt, il faut comprendre l’arbitrage économique des fondeurs. La HBM se vend deux à trois fois plus cher, à marge équivalente, que la DDR5 classique. Face à une capacité de production finie, un industriel rationnel privilégie donc la mémoire la plus lucrative. Samsung, SK Hynix et Micron ont tous les trois basculé une part majeure de leurs lignes les plus avancées vers la HBM destinée aux GPU d’IA, laissant la DRAM et la NAND grand public en pénurie chronique.

DRAM, NAND et GDDR : trois marchés, une même tension

La crise touche simultanément trois familles de mémoire. La DRAM (dont la DDR5 des PC et la LPDDR5X des portables) sert de mémoire vive. La NAND alimente les SSD et le stockage des consoles. La GDDR6/GDDR7 équipe les cartes graphiques. Comme les trois sortent des mêmes usines de gravure, la réallocation vers la HBM les assèche toutes en même temps. C’est ce qui distingue la crise de 2026 des précédentes : elle est transversale et frappe aussi bien la mémoire vive que le stockage.

Autre facteur aggravant : la transition technologique vers la DDR5 et la fin de production progressive de la DDR4 par plusieurs fondeurs. En réduisant l’offre de DDR4 au moment même où la DDR5 devient hors de prix, les fabricants ont créé un effet de ciseau qui pénalise les propriétaires de machines plus anciennes. Résultat, la pénurie de RAM se propage à tous les segments, du bas de gamme au très haut de gamme, sans échappatoire immédiate.

Steam Deck : le symbole gaming de la crise de la mémoire

Aucun produit n’incarne mieux l’impact de la crise sur le jeu vidéo que le Steam Deck OLED de Valve. Le 27 mai 2026, le fabricant a relevé ses tarifs de façon spectaculaire, invoquant explicitement « la hausse des coûts de la mémoire et du stockage ». D’après Tom’s Hardware, le modèle 512 Go est passé de 549 à 789 dollars (549 à 779 euros), et la version 1 To de 649 à 949 dollars (649 à 919 euros), soit des hausses de l’ordre de 44 à 46 %. La plus forte augmentation jamais appliquée par un grand constructeur de matériel de jeu en 2026.

Malgré ce bond de prix, les stocks nord-américains se sont épuisés en moins de vingt-quatre heures, preuve d’une demande toujours vigoureuse. Valve a d’ailleurs ajouté une mise en garde sur la page produit de sa console portable.

Les Steam Deck OLED pourraient être en rupture de stock par intermittence dans certaines régions en raison des pénuries de mémoire et de stockage.

Valve, note publiée sur la page produit du Steam Deck (source)

Le message est limpide : même un acteur aussi solide que Valve, qui achète ses composants en volume, n’est plus à l’abri de la tension sur la RAM et la NAND. Pour les autres consoles portables – MSI Claw et ROG Ally X, ou encore la Legion Go 2 – la pression est identique, puisqu’elles reposent sur de la LPDDR5X et du stockage NVMe issus des mêmes chaînes de production sous tension.

Consoles PS5, Xbox et Switch 2 : la hausse en cascade

Les consoles de salon n’échappent pas à la spirale, même si la mémoire n’est qu’un facteur parmi d’autres (droits de douane, inflation, taux de change). En 2026, les trois grands constructeurs ont relevé leurs tarifs, un mouvement inédit en fin de génération. En France, la PS5 édition standard est passée à 649,99 euros, soit une centaine d’euros de plus qu’auparavant. Un phénomène que nous avons analysé en détail dans notre dossier sur le krach du marché des consoles, où les ventes de PS5 ont reculé de près de 40 %.

Microsoft a suivi le 1er août 2026 avec une hausse touchant toute la gamme Xbox Series, tandis que Nintendo a relevé le prix de la Switch 2 au 1er septembre. Le tableau ci-dessous récapitule les principales hausses de matériel gaming enregistrées en 2026, portées notamment par la flambée des composants mémoire.

MatérielAncien prixNouveau prix 2026HausseDate
Steam Deck OLED 512 Go549 $ / 549 €789 $ / 779 €≈ +44 %27 mai 2026
Steam Deck OLED 1 To649 $ / 649 €949 $ / 919 €≈ +46 %27 mai 2026
PlayStation 5 standard (FR)549,99 €649,99 €+100 €2026
Xbox Series X649,99 $799,99 $+150 $1er août 2026
Xbox Series S399,99 $499,99 $+100 $1er août 2026
Nintendo Switch 2449,99 $499,99 $+50 $1er sept. 2026

Ces hausses simultanées marquent une rupture. Historiquement, le prix des consoles baissait au fil de leur cycle de vie. En 2026, la logique s’inverse : la rareté de la mémoire, combinée à d’autres pressions, tire les tarifs vers le haut à un moment où les constructeurs espéraient au contraire élargir leur base installée.

PC gamer et cartes graphiques : le montage maison n’est plus une évidence

Pour les joueurs PC, la crise rebat les cartes du choix historique entre machine montée soi-même et configuration préassemblée. Quand la RAM représentait 5 % du budget d’une tour, un doublement de son prix passait presque inaperçu. Aujourd’hui, avec un kit de 32 Go DDR5 qui peut coûter plus de 300 euros, la mémoire devient un poste de dépense majeur, capable à elle seule de faire dérailler un budget. Le prix de la RAM est ainsi devenu le premier critère d’arbitrage pour de nombreux acheteurs.

Paradoxalement, les PC préassemblés retrouvent de l’attrait. Les grands assembleurs ayant sécurisé leurs approvisionnements en amont, ils absorbent mieux la volatilité que le particulier achetant barrette par barrette. Les cartes graphiques, elles, s’en sortent relativement mieux qu’attendu – loin des sommets de la génération RTX 3000 – mais restent exposées via la GDDR7 embarquée. À mesure que la mémoire vidéo se raréfie, les constructeurs de cartes pourraient à leur tour être contraints de relever leurs prix ou de rogner sur les capacités. Notre comparatif de la Steam Machine de Valve à 1 039 euros illustre déjà comment la facture mémoire s’invite dans le positionnement tarifaire des nouvelles machines de jeu.

Le prix des SSD et du stockage NAND s’envole aussi

La mémoire vive n’est pas seule concernée : le stockage NAND connaît la même trajectoire ascendante. Le directeur général de Team Group a lancé un avertissement sans ambiguïté, relayé par Tom’s Hardware : les prix de la DRAM et de la NAND ont doublé en l’espace d’un seul mois, et la situation devrait empirer en 2026. Pour les joueurs, c’est une double peine – la mémoire vive et le SSD, deux composants incontournables d’une configuration moderne, grimpent de concert.

L’impact se ressent dans tout l’écosystème. Les jeux modernes réclament des SSD NVMe rapides et volumineux – un titre AAA peut peser plus de 150 Go. Or le coût au téraoctet, orienté à la baisse depuis des années, s’est brutalement retourné. Les consoles, dont le stockage interne est extensible, voient elles aussi le prix des cartes d’extension et des SSD compatibles augmenter. La pénurie de mémoire se traduit donc concrètement par un coût de possession plus élevé pour chaque heure de jeu, que l’on soit sur PC ou sur console.

Micron, Samsung, SK Hynix : la stratégie des fondeurs

Face à cette manne, les trois fondeurs assument une stratégie de priorité absolue à l’IA. Micron a franchi un cap symbolique en retirant sa marque grand public Crucial du marché en février 2026, afin de concentrer ses ressources sur les clients entreprises de l’IA. Un signal fort : le troisième mondial de la mémoire tourne le dos au segment consommateur pour se ruer sur les marges de la HBM. Samsung et SK Hynix, de leur côté, ont réservé l’essentiel de leur capacité HBM pour l’année 2026, verrouillant l’offre disponible.

Cette réorientation industrielle explique pourquoi les analystes parlent d’une crise « structurelle » et non passagère. Selon plusieurs estimations de marché relayées par la presse financière, les centres de données d’IA pourraient absorber jusqu’à 70 % de la mémoire haut de gamme produite en 2026. Le tableau suivant récapitule le calendrier de la pénurie et les principales échéances anticipées par l’industrie.

PériodeÉvènement cléDonnée chiffréeSource
Automne 2025Début de la flambée sur le marché spotPuce DDR5 16 Go : 6,84 $Tom’s Hardware
Janvier 2026Micron « sold out » pour l’année (HBM)DDR5 ×4 en 4 moisCNBC / Pause Hardware
Février 2026Micron retire la marque Crucial« Aucun répit avant 2028 »Digital Trends
T2 2026Pic des prix contractuels DRAM+89 %TrendForce
2026 (prévision)Envolée du coût mémoire sur le cycle+130 %Gartner
2027-2028Détente possible si l’offre progressePC : +8 % en moyenneIDC

Jusqu’à quand ? « Aucun répit avant 2028 »

La question que tout le monde se pose : quand le prix de la RAM redescendra-t-il ? La réponse la plus retentissante est venue du PDG d’Intel début février 2026. S’appuyant sur ses échanges avec deux grands acteurs de la mémoire, il a livré un pronostic glaçant.

Il n’y a aucun répit avant 2028 (« There’s no relief until 2028 »).

Lip-Bu Tan, PDG d’Intel, rapportant les propos de deux fournisseurs de mémoire (via Digital Trends)

Lip-Bu Tan a identifié la disponibilité de la mémoire comme le principal défi pour les clients de l’IA, la demande dépassant très largement l’offre. Il a averti que les prochaines plateformes de Nvidia allaient « aspirer énormément de mémoire », aggravant encore la tension. Du côté des analystes, IDC table sur une hausse moyenne du prix des PC pouvant atteindre 8 % en 2026, tandis que la plupart des observateurs jugent improbable un retour à la normale avant la fin 2027, dans le meilleur des cas. La construction de nouvelles usines de gravure prend en effet plusieurs années, et aucune capacité additionnelle massive n’entrera en service à court terme.

Contexte historique : les pénuries de 2018 et 2021

Le marché de la mémoire a déjà connu des crises, mais aucune de cette nature. En 2017-2018, une pénurie de DRAM avait fait grimper les prix de manière comparable, sur fond de forte demande des smartphones et des serveurs. Cet épisode s’était soldé par des enquêtes antitrust visant Samsung, SK Hynix et Micron, soupçonnés d’entente sur les prix aux États-Unis, en Chine et en Europe. La crise s’était résorbée dès que l’offre avait rattrapé la demande.

La pénurie de composants de 2020-2023, elle, découlait de la pandémie et des ruptures logistiques mondiales : elle avait touché les GPU, les consoles et l’automobile, mais restait de nature conjoncturelle. La différence en 2026 est fondamentale : la demande provient d’un secteur – l’IA – dont l’appétit croît de façon exponentielle et durable, et non d’un pic temporaire. C’est pourquoi les industriels parlent cette fois d’un « supercycle » de la mémoire, un régime de prix élevés appelé à s’installer dans la durée plutôt qu’à se dissiper en quelques trimestres.

Impact marché et prévisions pour le gaming

Quelles conséquences pour les joueurs et l’industrie dans les mois à venir ? À partir des données vérifiées, voici cinq prévisions raisonnables pour la période 2026-2027.

  • Des consoles et portables plus chers, plus longtemps. Tant que la mémoire reste sous tension, les baisses de prix de fin de cycle habituelles n’auront pas lieu ; les tarifs de 2026 pourraient tenir jusqu’en 2027.
  • La « dégradation silencieuse » des specs. Certains constructeurs pourraient réduire discrètement la quantité de RAM ou de stockage de leurs modèles d’entrée de gamme pour préserver leurs marges sans afficher de hausse frontale.
  • Un marché de l’occasion dynamisé. Face au prix de la mémoire neuve, le marché des barrettes et SSD d’occasion devrait gagner en attractivité, tout comme les PC reconditionnés.
  • Des cartes graphiques sous surveillance. Si la GDDR7 se raréfie davantage, une nouvelle vague de hausses sur les GPU milieu de gamme n’est pas à exclure d’ici 2027.
  • Un cloud gaming relancé. Avec un matériel local plus coûteux, les offres de jeu en streaming pourraient séduire les joueurs réticents à investir dans une machine hors de prix.

Ces tendances ne sont pas de la pure spéculation : elles découlent directement de la mécanique d’offre et de demande décrite plus haut. Le point de bascule dépendra de la capacité – et de la volonté – des fondeurs à réinvestir dans la DRAM et la NAND grand public, un pari incertain tant que la HBM reste bien plus rentable.

Acheter maintenant ou attendre ? Le guide pratique

Face à la flambée du prix de la RAM, la stratégie d’achat doit être repensée. Premier réflexe : vérifier ce que contient déjà votre machine avant d’envisager une mise à niveau coûteuse. Sous Windows comme sous Linux, quelques commandes suffisent à connaître la quantité et le type de mémoire installée.

# Windows (PowerShell) : capacité, vitesse et type de RAM
Get-CimInstance Win32_PhysicalMemory | Select-Object Capacity, Speed, MemoryType

# Linux : détail des barrettes installées
sudo dmidecode --type memory | grep -E "Size|Speed|Type:"

Trois règles pour limiter la casse

D’abord, n’achetez que ce dont vous avez réellement besoin : 16 Go restent suffisants pour la grande majorité des jeux en 2026, et passer à 32 Go n’a de sens que pour la création de contenu ou le multitâche lourd. Ensuite, si une mise à niveau est indispensable, ne tardez pas : selon Gartner et Intel, les prix devraient rester élevés, voire progresser, jusqu’en 2028 – attendre risque de coûter plus cher. Enfin, comparez sérieusement les configurations préassemblées, souvent mieux protégées de la volatilité que l’achat de composants séparés. Pour ceux qui hésitent encore entre plateformes, notre comparatif ROG Xbox Ally X contre Legion Go 2 et notre dossier sur les ventes record de la Switch 2 aident à situer le meilleur rapport qualité-prix du moment.

La facture collective de la révolution IA

Au fond, cette flambée raconte une histoire plus large : celle du coût réel de la révolution de l’intelligence artificielle, refacturé au consommateur. Chaque centre de données qui sort de terre, chaque GPU Nvidia gorgé de HBM, prélève sa part sur une ressource finie. Les joueurs, les créateurs et les acheteurs de smartphones paient aujourd’hui, sous forme de hausses de prix, l’accélération de l’IA décidée dans les salles de conseil de la tech.

La bonne nouvelle, s’il en est une, tient à la nature cyclique de l’industrie de la mémoire : les prix élevés finissent toujours par attirer de nouveaux investissements et de nouvelles capacités. La mauvaise, c’est que ce rééquilibrage prend des années. D’ici là, le gaming devra composer avec une équation inédite où la mémoire, longtemps considérée comme un composant banal et bon marché, est redevenue une denrée précieuse. Pour suivre l’évolution des prix et des sorties matérielles, consultez régulièrement notre rubrique jeux vidéo.

FAQ : prix de la RAM et pénurie de mémoire en 2026

Pourquoi le prix de la RAM a-t-il autant augmenté en 2026 ?

La cause principale est la demande explosive de mémoire HBM pour les centres de données d’IA. Samsung, SK Hynix et Micron ont réorienté leurs capacités vers cette mémoire à forte marge, provoquant une pénurie de DRAM et de NAND grand public. La DDR5 a pu quadrupler de prix entre l’automne 2025 et le début 2026.

De combien la RAM a-t-elle augmenté exactement ?

Selon TrendForce, les prix contractuels de la DRAM grand public ont grimpé jusqu’à 89 % au deuxième trimestre 2026. Sur le marché spot, une puce DDR5 16 Go est passée de 6,84 à 27,20 dollars entre septembre et décembre 2025 (+298 %). Gartner anticipe une hausse du coût mémoire de l’ordre de 130 % sur le cycle.

Quand le prix de la RAM va-t-il baisser ?

Le PDG d’Intel, Lip-Bu Tan, a rapporté qu’il n’y aurait « aucun répit avant 2028 ». La plupart des analystes jugent improbable un retour à la normale avant la fin 2027, le temps que de nouvelles capacités de production entrent en service.

La pénurie touche-t-elle aussi les SSD et le stockage ?

Oui. Le stockage NAND qui équipe les SSD suit la même trajectoire. Le directeur général de Team Group a averti que les prix de la DRAM et de la NAND avaient doublé en un mois et empireraient en 2026. Les cartes d’extension pour consoles sont également concernées.

Faut-il acheter sa RAM maintenant ou attendre ?

Si vous avez un réel besoin de mise à niveau, mieux vaut acheter sans trop tarder : les prix devraient rester élevés jusqu’en 2028. En revanche, si votre machine dispose déjà de 16 Go, cela reste suffisant pour la plupart des jeux en 2026 : inutile de surpayer pour passer à 32 Go sans nécessité.

Les consoles et le Steam Deck sont-ils concernés ?

Absolument. Valve a relevé le Steam Deck OLED jusqu’à +300 dollars le 27 mai 2026, en invoquant les coûts de mémoire et de stockage. Les PS5, Xbox Series et Switch 2 ont également vu leurs tarifs augmenter en 2026, la mémoire étant l’un des facteurs de cette hausse.