Dix-neuf mois de bataille judiciaire, trois vagues de licenciements et près de 766 millions de dollars de pertes comptables : le mois de juillet 2026 restera comme l’un des pires de l’histoire de Bungie. Le studio créateur de Halo et de Destiny, racheté 3,6 milliards de dollars par Sony en 2022, a annoncé le 9 juillet un règlement à l’amiable avec Christopher Barrett, son ancien réalisateur évincé qui réclamait jusqu’à 200 millions de dollars pour licenciement abusif et diffamation.
Ce dénouement judiciaire tombe au pire moment pour Bungie : il coïncide quasiment jour pour jour avec l’entrée en vigueur d’une troisième vague de licenciements touchant jusqu’à 400 postes, l’arrêt du développement actif de Destiny 2 après neuf ans de service en direct, et la confirmation par Sony d’une dépréciation comptable de 120,1 milliards de yens (environ 766 millions de dollars) sur les actifs du studio pour l’exercice fiscal 2025. Trois signaux distincts, une seule conclusion : le pari de Sony sur Bungie traverse sa pire crise depuis le rachat. Voici les faits, la chronologie complète et ce qu’ils signifient pour l’avenir du studio et de Marathon.
Un règlement qui clôt 19 mois de bataille judiciaire
Le 8 et 9 juillet 2026, Christopher Barrett a annoncé sur les réseaux sociaux qu’un accord avait été trouvé avec Sony Interactive Entertainment et Bungie, mettant fin à une procédure engagée en décembre 2024. Le litige portait sur son licenciement du studio au printemps 2024, qu’il jugeait illégitime et motivé par la volonté d’éviter de lui verser des dizaines de millions de dollars de rémunération différée liée au rachat de Bungie par Sony. Les modalités financières du règlement n’ont pas été rendues publiques : ni Bungie, ni Sony, ni Barrett n’ont communiqué de montant, une confidentialité classique dans ce type d’accord transactionnel.
Ce qui a filtré, en revanche, c’est un geste symbolique fort : le nom de Christopher Barrett a été réintégré au générique de Marathon en tant que réalisateur de jeu original, après en avoir été retiré à la suite de son départ. Pour un développeur qui avait bâti sa carrière chez Bungie depuis 1999, la reconnaissance de sa paternité créative sur le projet semble avoir compté au moins autant que l’issue financière du dossier.
Qui est Christopher Barrett ? Du studio Bungie à son éviction
Fondé en 1991 par Alex Seropian et Jason Jones, Bungie a créé Marathon dès 1994, bien avant de devenir célèbre avec Halo: Combat Evolved (2001), rachat par Microsoft en 2000, puis indépendance retrouvée en 2007. Le studio a ensuite publié Destiny avec Activision entre 2010 et 2019, avant de rejoindre le giron de Sony en 2022 (historique complet sur Wikipédia). Christopher Barrett, lui, a rejoint Bungie en 1999, bien avant le rachat par Microsoft. Il y a gravi les échelons jusqu’à devenir directeur artistique, puis réalisateur de jeu sur Destiny 2, avant de prendre la tête du développement de Marathon, le reboot du tout premier jeu créé par le studio. Sa légitimité créative sur cette franchise – littéralement le titre fondateur de Bungie – rendait sa mise à l’écart d’autant plus visible aux yeux de la communauté.
Selon les informations rapportées par Bloomberg en août 2024, Barrett a été licencié au printemps 2024 à la suite d’une enquête interne de Bungie. Cette enquête aurait porté sur des messages textuels envoyés par Barrett à au moins huit employées, incluant des commentaires sur leur apparence physique et des propositions de type « action ou vérité », dans lesquels il aurait invoqué son ancienneté et sa position hiérarchique. Bungie a licencié Barrett « pour faute », une qualification lourde de conséquences puisqu’elle prive généralement le salarié de ses indemnités et de sa rémunération différée.
Chronologie du conflit : licenciement, plainte de 200 millions de dollars et rebondissements judiciaires
Le dossier Barrett s’étend sur près de deux ans et s’entremêle avec les propres déboires de Marathon. Voici les dates clés reconstituées à partir des différentes procédures judiciaires et des rapports de presse :
| Date | Événement |
|---|---|
| 31 janvier 2022 | Sony annonce le rachat de Bungie pour 3,6 milliards de dollars (finalisé le 15 juillet 2022) |
| Printemps 2024 | Christopher Barrett est licencié « pour faute » à l’issue d’une enquête interne |
| Août 2024 | Bloomberg révèle publiquement le licenciement et les motifs invoqués par Bungie |
| 12 décembre 2024 | Barrett dépose plainte devant la Chancery Court du Delaware contre Bungie et Sony, réclamant plus de 200 millions de dollars |
| Fin 2025 | La Chancery Court rejette l’affaire pour incompétence territoriale (litige financier relevant d’une autre juridiction) |
| 15 janvier 2026 | Barrett redépose sa plainte devant la Superior Court du Delaware et demande un procès devant un jury de 12 personnes |
| 5 mars 2026 | Lancement de Marathon sur PS5, Xbox Series X/S et Windows |
| 21 mai 2026 | Bloomberg révèle l’arrêt du développement actif de Destiny 2 |
| 25 juin 2026 | Bungie confirme une troisième vague de licenciements, jusqu’à 400 postes supprimés |
| 8-9 juillet 2026 | Barrett annonce le règlement amiable du litige ; son nom est réintégré au générique de Marathon |
Accusations d’inconduite et défense de Barrett : ce que disent les deux camps
Il est important de souligner qu’aucun tribunal n’a jamais tranché sur le fond de cette affaire : le règlement amiable met un terme à la procédure avant qu’un jury n’ait eu à se prononcer sur la véracité des accusations de l’un ou l’autre camp. Sony avait produit devant la justice neuf messages textuels échangés entre Barrett et des employées, présentés comme la preuve d’un « schéma de comportement inapproprié ». L’équipe juridique de Barrett a de son côté qualifié ces échanges de sélectionnés de manière partiale, arguant qu’ils étaient sortis de leur contexte pour justifier a posteriori un licenciement motivé avant tout par des considérations financières.
La plainte de Barrett reposait sur plusieurs fondements juridiques cumulés : rupture de contrat, licenciement déguisé, diffamation, violation du Washington Wage Rebate Act (loi de l’État de Washington sur le paiement des salaires) et manquement à la loi fédérale sur les congés médicaux (FMLA). Le montant réclamé incluait précisément 45 579 627 dollars au titre d’accords de rétention liés au rachat par Sony, plus au moins 100 millions de dollars de dommages et intérêts punitifs pour diffamation – d’où le chiffre rond de 200 millions de dollars largement repris dans la presse.
Le règlement confidentiel et le retour au générique de Marathon
Barrett a communiqué sur l’issue du procès via une série de messages publics, reprenant une déclaration conjointe rédigée avec Sony et Bungie. Trois extraits résument l’état d’esprit du principal intéressé au moment de tourner la page :
« Je suis heureux d’annoncer que Sony, Bungie et moi-même sommes parvenus à un accord pour résoudre ce litige. »
Christopher Barrett, ancien réalisateur de jeu de Marathon et co-créateur de Destiny – Kotaku
« Je suis très satisfait de cette issue, et reconnaissant envers tous ceux qui m’ont soutenu. »
Christopher Barrett, ancien réalisateur de jeu de Marathon et co-créateur de Destiny – Kotaku
« M. Barrett était le réalisateur de jeu original de Marathon, et son nom a été ajouté au générique du jeu pour en témoigner. »
Déclaration conjointe partagée par Christopher Barrett – Gamereactor
Au-delà du symbole, ce règlement illustre une réalité juridique bien connue des grands studios américains : plutôt que d’exposer publiquement, devant un jury, le détail des pratiques RH internes et des accords de rémunération liés à une acquisition à 3,6 milliards de dollars, Sony a préféré transiger. Le silence sur le montant versé n’est donc pas surprenant, même s’il alimente la spéculation sur l’ampleur réelle de la compensation obtenue par Barrett.
Vagues de licenciements chez Bungie : jusqu’à 400 postes supprimés
Le règlement Barrett n’est que la partie judiciaire d’une crise bien plus large. Bungie a traversé trois vagues de licenciements en moins de trois ans : une centaine de postes en octobre 2023, 220 postes supplémentaires (17 % de l’effectif) en juillet 2024 avec 155 employés transférés vers d’autres structures de Sony Interactive Entertainment, puis une troisième vague confirmée le 25 juin 2026 touchant jusqu’à 400 postes selon les estimations les plus reprises dans la presse – soit environ la moitié de l’effectif restant du studio. Un dépôt réglementaire WARN Act dans l’État de Washington confirme à lui seul 292 suppressions de poste, un chiffre qui ne couvre ni les autres sites ni les prestataires externes.
Hermen Hulst, PDG du Studio Business Group de Sony Interactive Entertainment, a personnellement annoncé cette troisième vague aux équipes. Dans un message publié sur le blog officiel de SIE, il a reconnu l’ampleur du choc : « Nous avons pris la décision de réduire les effectifs de Bungie, ce qui affecte un nombre significatif d’employés », a-t-il écrit, qualifiant la nouvelle de « douloureuse, en particulier pour des collègues talentueux dont les postes ont été supprimés », tout en assurant que Marathon « demeure un élément important de notre portefeuille ». Sony indique proposer un accompagnement de transition et rechercher des postes de reclassement au sein du réseau de studios de SIE pour les personnes concernées (source officielle).
Cette vague touche principalement l’équipe Destiny, désormais réduite à sa plus simple expression, mais aussi une partie des développeurs de Marathon et du personnel support de SIE.
La fin de Destiny 2 après neuf ans de service en direct
Le 21 mai 2026, le journaliste Jason Schreier a révélé via Bloomberg que Bungie mettait fin au développement actif de Destiny 2, avec une dernière mise à jour de contenu livrée le 9 juin 2026, rapporte GameInformer. Pour la première fois depuis 2014, aucun titre Destiny n’est activement en développement chez Bungie, et aucun projet de Destiny 3 n’existe à ce stade. Bungie justifie cette décision par des performances du jeu « en deçà des attentes ces dernières années », une allusion directe à l’érosion continue du nombre de joueurs actifs depuis le pic de fréquentation atteint lors des premières extensions du jeu.
Neuf ans de service en direct, cela représente une durée de vie exceptionnelle pour un jeu multijoueur en ligne – plus longue que la plupart des jeux-services concurrents. Mais la fin de son développement actif prive Bungie de sa principale source de revenus récurrents au moment même où Marathon, censé prendre le relais, peine à convaincre.
766 millions de dollars : la facture du pari Bungie pour Sony
Sony a publié ses résultats annuels pour l’exercice fiscal 2025 (clos fin mars 2026) en mai 2026. La division Game & Network Services (G&NS), qui regroupe PlayStation et Bungie, affiche un bénéfice d’exploitation record de 463,3 milliards de yens (+12 % sur un an) – un chiffre qui aurait grimpé à +45 % sans l’impact Bungie. Car Sony a dû comptabiliser une dépréciation cumulée de 120,1 milliards de yens, soit environ 765 à 766 millions de dollars, sur les actifs non financiers du studio.
Sony elle-même a résumé la situation comme un « double coup dur », selon PC Gamer : le déclin de Destiny 2 combiné à l’échec de Marathon à atteindre ses objectifs internes de ventes. Ce total de 120,1 milliards de yens se décompose en une première charge de 31,5 milliards de yens sur un trimestre antérieur, puis 88,6 milliards de yens supplémentaires au dernier trimestre de l’exercice, précise Shacknews. Fait notable, Sony a averti que des dépréciations supplémentaires pourraient être comptabilisées sur l’exercice fiscal 2026 si les performances de Bungie continuaient de décevoir – un signal que la crise n’est peut-être pas terminée.
| Poste | Montant | Contexte |
|---|---|---|
| Prix d’acquisition de Bungie (2022) | 3,6 Md$ | Annoncé 31 janvier 2022, finalisé 15 juillet 2022 |
| Dépréciation comptable, exercice 2025 | 120,1 Md¥ (~766 M$) | Cumul de deux charges trimestrielles sur l’exercice |
| Bénéfice d’exploitation G&NS, exercice 2025 | 463,3 Md¥ (+12 % sur un an) | Aurait été de +45 % hors impact Bungie |
| Budget de développement de Marathon | Plus de 200 M$ | Selon la presse spécialisée ; distinct des 200 M$ réclamés par Barrett |
| Ventes de Marathon, premier mois | ~1,2 M d’exemplaires (~55 M$ hors microtransactions) | 4ᵉ position du classement Circana des ventes US, mars 2026 |
| Postes supprimés depuis 2023 | ~100 + 220 + jusqu’à 400 | Trois vagues de licenciements en moins de trois ans |
Un chiffre mérite d’être clarifié pour éviter toute confusion : le budget de développement de Marathon, estimé à plus de 200 millions de dollars par plusieurs médias spécialisés, n’a strictement rien à voir avec les 200 millions de dollars réclamés par Christopher Barrett dans sa plainte. La coïncidence numérique entre ces deux montants distincts a d’ailleurs entretenu une certaine confusion dans la couverture médiatique du dossier.
Marathon : un lancement en demi-teinte malgré un budget colossal
Le parcours de Marathon avant même sa sortie donne une idée des difficultés internes du studio. L’alpha fermée, organisée fin avril 2025, avait été mal accueillie par les testeurs. Le mois suivant, l’artiste indépendante Fern « Antireal » Hook a révélé que des éléments visuels du jeu reprenaient sans autorisation ses créations personnelles publiées en 2017 – un scandale de plagiat que Bungie a fini par reconnaître, avant de trouver un arrangement jugé satisfaisant par l’artiste. Le jeu a ensuite été repoussé sine die en juin 2025, avant de finalement sortir le 5 mars 2026 sur PS5, Xbox Series X/S et Windows, avec support du multijoueur et de la sauvegarde croisés entre plateformes (fiche complète sur Wikipédia).
Les chiffres de lancement ne sont pourtant pas catastrophiques dans l’absolu : environ 1,2 million d’exemplaires vendus et 2,2 millions de joueurs au cours du premier mois, une 4ᵉ place au classement Circana des ventes américaines de mars 2026 (derrière MLB The Show 26, Resident Evil Requiem et WWE 2K26), et un taux d’avis positifs de 88 % sur Steam. Plus surprenant pour un jeu PlayStation : la répartition des joueurs se fait à environ 70 % sur Steam, 19 % sur PS5 et 11 % sur Xbox – une audience inhabituellement centrée sur le PC pour une production de studio first-party Sony. Mais au regard d’un budget de développement dépassant 200 millions de dollars, ces résultats restent jugés insuffisants en interne, d’où l’avertissement de dépréciation supplémentaire évoqué par Sony.
Sony et ses studios PlayStation : un bilan d’acquisitions contrasté
Le cas Bungie n’est pas isolé dans la stratégie de croissance externe de Sony Interactive Entertainment depuis 2019. Certaines acquisitions ont été des succès nets, d’autres se sont soldées par des fermetures pures et simples :
| Studio | Année de rachat | Montant | Situation mi-2026 |
|---|---|---|---|
| Insomniac Games | 2019 | 229 M$ | Succès (série Spider-Man) ; licenciements ciblés en février 2024 |
| Housemarque | 2021 | Non divulgué | Succès (Returnal) ; nouveau jeu « Saros » sorti en 2026 |
| Bluepoint Games | Septembre 2021 | Non divulgué | Projet live-service annulé en janvier 2025 ; studio fermé en mars 2026 (70 postes supprimés) |
| Bungie | 2022 | 3,6 Md$ | 3 vagues de licenciements, 766 M$ de dépréciation, Destiny 2 arrêté, procès Barrett |
| Firewalk Studios | 2023 | Développement de Concord, plus de 200 M$ | Concord retiré de la vente 2 semaines après son lancement (août 2024) ; studio fermé |
Ce tableau révèle une fracture nette entre studios rachetés dans les années 2019-2021, globalement rentables, et les paris plus récents et plus coûteux (Bungie, Firewalk) qui ont mal tourné. Le point commun de ces deux derniers échecs : des projets ambitieux dans le créneau du jeu-service compétitif, un genre saturé où même des budgets considérables ne garantissent plus l’adoption du public.
Bungie n’est pas un cas isolé : la vague de crises dans le jeu vidéo en 2026
La situation de Bungie s’inscrit dans un climat plus large de restructurations chez les grands éditeurs en 2026. Microsoft a supprimé 3 200 postes chez Xbox plus tôt cette année, menaçant directement l’avenir du studio français Arkane Lyon. Ubisoft traverse sa propre crise, avec une perte d’exploitation record de 1,47 milliard d’euros et une action en chute de 93 % sur sept ans. Même le procès intenté à Sony autour du PlayStation Store, qui expose l’éditeur japonais à plus de 2,3 milliards d’euros de risques juridiques cumulés dans quatre pays, illustre une année où le contentieux judiciaire pèse autant sur les comptes des éditeurs que les échecs commerciaux.
Le point commun à ces dossiers : des paris coûteux sur le jeu-service ou sur des stratégies de plateforme qui ne se traduisent pas par la croissance attendue, dans un marché de la console mondial déjà affaibli par la baisse des ventes de matériel. Bungie cumule à lui seul trois des symptômes les plus visibles de cette année noire : litige RH médiatisé, licenciements en série, et dépréciation comptable à neuf chiffres.
Impact sur le marché et réactions de l’industrie
La réaction de la presse spécialisée anglophone a été particulièrement vive. Le journaliste Paul Tassi, qui suit Bungie de près depuis des années sur Forbes, a estimé que les licenciements pourraient toucher jusqu’à la moitié de l’effectif restant du studio – un chiffre qui, s’il se confirme dans son ampleur totale au-delà des 292 postes formellement déclarés dans l’État de Washington, ferait de cette troisième vague la plus sévère de l’histoire de Bungie.
Du côté des joueurs, la réaction est partagée entre soulagement (la reconnaissance tardive du travail de Barrett sur Marathon) et inquiétude sincère pour l’avenir du studio. Sur le plan financier, les investisseurs de Sony semblent pour l’instant absorber le choc sans broncher : le bénéfice record de la division G&NS, porté par les ventes de consoles PS5 et de PS5 Pro ainsi que par les revenus d’abonnement PlayStation Plus, suffit largement à compenser la perte comptable sur Bungie à l’échelle du groupe. Le risque, pour Sony, n’est donc pas immédiatement financier mais réputationnel et humain : convaincre les développeurs de studios encore indépendants qu’un rachat par PlayStation Studios reste une option attractive, malgré les précédents Bluepoint et Firewalk.
Quel avenir pour Marathon et Bungie ? Prédictions
Sur la base des éléments connus à ce jour, voici cinq évolutions plausibles pour les prochains mois :
- Un contenu à court terme pour maintenir Marathon en vie. Un nouveau mode PvE baptisé « Vault Breaker » doit arriver dès le 21 juillet 2026, suivi d’une Saison 3 prévue pour septembre 2026 – un calendrier serré qui vise à stabiliser la base de joueurs avant la fin de l’année.
- Une nouvelle dépréciation comptable n’est pas à exclure. Sony a explicitement averti que l’exercice fiscal 2026 pourrait subir une charge supplémentaire si Marathon ne redresse pas ses chiffres de fréquentation.
- Aucun nouveau Destiny avant plusieurs années. Sans projet de Destiny 3 en développement, la licence phare de Bungie pourrait rester en sommeil, le studio concentrant ses ressources réduites sur Marathon.
- Un précédent juridique qui pourrait inspirer d’autres cadres licenciés. Le règlement obtenu par Barrett, y compris la restauration symbolique de son crédit, pourrait encourager d’autres développeurs évincés dans des circonstances similaires à engager des poursuites comparables contre de grands éditeurs.
- Une prudence accrue de Sony sur les futures acquisitions de studios. Après les échecs de Bluepoint et Firewalk et la crise Bungie, PlayStation Studios devrait privilégier des rachats plus modestes et mieux maîtrisés plutôt que de nouveaux paris à plusieurs milliards de dollars sur le jeu-service.
Foire aux questions
Quel était le montant réclamé par Christopher Barrett ?
Sa plainte réclamait plus de 200 millions de dollars au total, dont 45 579 627 dollars au titre d’accords de rétention liés au rachat de Bungie par Sony, plus au moins 100 millions de dollars de dommages et intérêts pour diffamation.
Le montant du règlement final a-t-il été révélé ?
Non. Les modalités financières du règlement conclu début juillet 2026 sont confidentielles. Seul le rétablissement du crédit de Barrett comme réalisateur original de Marathon a été rendu public.
Pourquoi Christopher Barrett a-t-il été licencié ?
Selon Bungie, une enquête interne aurait mis au jour des messages inappropriés envoyés à plusieurs employées. Barrett a contesté cette version, estimant que les messages produits par Sony devant la justice avaient été sélectionnés de manière partiale. Aucun tribunal n’a tranché sur le fond, l’affaire s’étant conclue par un règlement amiable.
Combien d’emplois Bungie a-t-il supprimés au total depuis 2023 ?
Trois vagues cumulées : environ 100 postes en octobre 2023, 220 postes en juillet 2024, puis jusqu’à 400 postes annoncés le 25 juin 2026, ce dernier chiffre représentant environ la moitié de l’effectif restant du studio.
Destiny 2 est-il définitivement arrêté ?
Le développement de nouveau contenu s’est arrêté après une dernière mise à jour livrée le 9 juin 2026. Le jeu reste jouable en ligne, mais Bungie n’a annoncé aucun projet de Destiny 3, une première depuis le lancement de la licence en 2014.
Marathon est-il un échec commercial ?
Pas un échec au sens strict : environ 1,2 million d’exemplaires vendus et une 4ᵉ place au classement Circana des ventes américaines dès son premier mois. Mais au regard d’un budget de développement dépassant 200 millions de dollars, ces résultats sont jugés inférieurs aux objectifs internes de Sony, d’où l’avertissement de dépréciation comptable pour l’exercice 2026.
Combien Sony a-t-il payé pour racheter Bungie ?
3,6 milliards de dollars, un rachat annoncé le 31 janvier 2022 et finalisé le 15 juillet 2022. Sony a depuis comptabilisé 120,1 milliards de yens (environ 766 millions de dollars) de dépréciation cumulée sur les actifs du studio.
Qu’est-ce qui attend Marathon dans les prochains mois ?
Un nouveau mode PvE baptisé « Vault Breaker » est prévu pour le 21 juillet 2026, suivi d’une Saison 3 annoncée pour septembre 2026, dans le but de relancer l’intérêt des joueurs après un lancement jugé décevant en interne.
Pour aller plus loin
Bungie illustre à lui seul les tensions qui traversent l’industrie du jeu vidéo en 2026 : coûts de développement démesurés, procès pour licenciement abusif, et fragilité persistante du modèle du jeu-service. Retrouvez notre couverture complète de l’écosystème PlayStation et des crises similaires chez d’autres éditeurs dans la rubrique Jeux Vidéo de Shattered.
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