Bruxelles vient de tirer une carte que personne n’attendait vraiment sur le cloud. Le 25 juin 2026, la Commission européenne a annoncé sa position préliminaire : Amazon Web Services (AWS) et Microsoft Azure devraient être désignés « gatekeepers » au titre du Digital Markets Act (DMA). C’est une première pour le secteur du cloud, jusqu’ici épargné par le régime le plus dur de la régulation numérique européenne. La décision finale n’est pas encore tombée, mais l’échéance légale, novembre 2026, approche vite. Pour les entreprises françaises et européennes qui dépendent de ces deux fournisseurs, la question n’est plus de savoir si Bruxelles va agir, mais avec quelle ampleur.
Ce que Bruxelles a annoncé le 25 juin 2026
La Commission a notifié à Amazon et à Microsoft sa position préliminaire selon laquelle leurs services cloud, AWS et Azure, remplissent les critères qualitatifs de « gatekeeper » au sens du Digital Markets Act. Le texte parle de « services cloud dominant le marché ». Concrètement, l’exécutif européen estime que les deux plateformes agissent comme des passerelles incontournables entre les entreprises clientes et leurs utilisateurs finaux, un rôle jusque-là réservé aux moteurs de recherche, aux magasins d’applications ou aux réseaux sociaux dans le viseur du DMA.
Ce n’est pas encore une décision définitive. Amazon et Microsoft ont été informés et disposent d’un droit de réponse : ils peuvent soumettre des observations écrites et demander une audition. Selon plusieurs analyses juridiques, les deux entreprises ont jusqu’à environ septembre 2026 pour déposer leurs arguments, avant que la Commission ne tranche avant l’échéance légale de novembre 2026. Le dossier reste donc ouvert, mais la direction politique est fixée.
La genèse : trois enquêtes ouvertes en novembre 2025
Cette annonce de juin ne sort pas de nulle part. Le 18 novembre 2025, la Commission européenne avait ouvert trois enquêtes de marché distinctes sur le cloud. Deux d’entre elles visaient spécifiquement à déterminer si AWS et Azure devaient être qualifiés de gatekeepers. La troisième examinait si le cadre actuel du DMA était même adapté pour traiter les problèmes de concurrence propres au cloud computing, notamment les frais de sortie et les barrières techniques à l’interopérabilité.
Le point de départ est presque paradoxal. La Commission reconnaît elle-même qu’aucun fournisseur cloud, AWS et Azure compris, ne franchit les seuils quantitatifs automatiques du DMA (chiffre d’affaires, capitalisation boursière, nombre d’utilisateurs). C’est pour cette raison que Bruxelles a recours au mécanisme d’enquête qualitative, celui qui permet de désigner un acteur gatekeeper même sans franchir ces seuils, dès lors qu’il constitue une « passerelle critique » vers le marché. Un cabinet d’analyse juridique a résumé la situation sous le titre « Cloudy Logic », pointant que la Commission cherche un gatekeeper là où sa propre grille de lecture initiale n’en voyait pas.
Pourquoi AWS et Azure et pas Google Cloud
La question revient souvent chez les clients français : pourquoi Google Cloud échappe-t-il pour l’instant à cette procédure ? La réponse tient à la position de marché. AWS et Azure concentrent à eux deux la majorité des dépenses cloud des grandes entreprises européennes, avec un effet de verrouillage particulièrement marqué sur les contrats pluriannuels et les remises par volume. Google Cloud, bien que solidement installé sur le marché européen, ne présente pas le même degré de dépendance contractuelle chez les grands comptes selon l’analyse de la Commission.
Cela ne veut pas dire que Google Cloud est à l’abri. Si la désignation d’AWS et Azure aboutit, elle créera un précédent que la Commission pourra réutiliser à tout moment contre un troisième acteur, cloud ou pas. C’est d’ailleurs tout l’enjeu de la troisième enquête ouverte en novembre 2025 : réécrire, si besoin, les règles du DMA pour qu’elles couvrent mieux le cloud dans son ensemble.
Le calendrier : ce qui doit se passer d’ici novembre 2026
Le DMA impose un cadre temporel strict. Une enquête de marché doit être conclue dans un délai de douze mois à compter de son ouverture. Les trois enquêtes cloud ayant démarré le 18 novembre 2025, la Commission doit rendre sa décision finale au plus tard en novembre 2026. Plusieurs observateurs tablent sur une annonce autour de fin octobre 2026, juste avant l’échéance légale.
| Date | Étape | Statut |
|---|---|---|
| 18 novembre 2025 | Ouverture de trois enquêtes de marché sur AWS, Azure et le cadre DMA du cloud | Terminé |
| 25 juin 2026 | Position préliminaire de la Commission : AWS et Azure devraient être des gatekeepers | Terminé |
| Septembre 2026 | Date limite pour les observations écrites d’Amazon et Microsoft | À venir |
| Fin octobre 2026 (estimation) | Décision finale attendue selon plusieurs analystes juridiques | À venir |
| Novembre 2026 | Échéance légale des 12 mois pour conclure l’enquête | À venir |
| Printemps 2027 (si désignation confirmée) | Fin du délai de 6 mois pour la mise en conformité | Conditionnel |
Ce que la désignation gatekeeper changerait concrètement
Si la désignation est confirmée, AWS et Azure devront se plier à un ensemble d’obligations déjà appliquées à Google, Apple, Meta ou Amazon Marketplace depuis 2023. Trois volets ressortent des communications de la Commission. D’abord, l’interdiction de l’auto-préférence, c’est-à-dire l’impossibilité de favoriser ses propres services (bases de données managées, outils d’IA, solutions de sécurité) au détriment de ceux de concurrents installés sur la même infrastructure. Ensuite, l’obligation d’interopérabilité et de portabilité des données, censée faciliter le passage d’un fournisseur cloud à un autre. Enfin, un encadrement des pratiques commerciales qui verrouillent artificiellement les clients, dont les frais de sortie font partie.
Pour une DSI française qui héberge son ERP sur Azure ou ses workloads d’IA sur AWS, l’effet le plus tangible serait sans doute la baisse du coût de sortie. Migrer plusieurs pétaoctets de données stockées depuis des années coûte aujourd’hui cher, parfois au point de dissuader tout changement de fournisseur même quand un concurrent propose un tarif plus intéressant. Le DMA vise justement ce verrou.
Les frais de sortie, nerf de la guerre
Les frais d’egress, facturés par gigaoctet quand un client sort ses données du cloud, sont au cœur du débat depuis des années. Un précédent existe déjà, mais côté britannique. Le 31 mars 2026, la Competition and Markets Authority (CMA) a publié des engagements volontaires pris par AWS et Microsoft à l’issue de sa propre enquête sur le marché cloud. Les deux entreprises se sont engagées à supprimer les frais de sortie pendant une période de bascule d’au moins 180 jours pour les clients britanniques qui migrent au moins un service vers un concurrent, à réduire les frais pour les transferts multi-cloud, et à lancer de nouveaux produits d’interconnexion directe entre leurs centres de données respectifs et ceux de Google Cloud.
Ces engagements sont britanniques, pas européens, et ne s’appliquent donc pas automatiquement en France ou en Allemagne. Mais ils donnent une indication précieuse de ce que Bruxelles pourrait exiger si la désignation gatekeeper aboutit, avec une contrainte juridique plus forte puisque le DMA prévoit des sanctions financières là où la CMA s’appuie sur des engagements négociés.
Historique : le DMA et les gatekeepers depuis 2023
Le DMA est entré en application en 2023, avec une première vague de désignations qui a visé Alphabet, Apple, Meta, Amazon et Microsoft sur des services bien identifiés : moteurs de recherche, systèmes d’exploitation mobiles, magasins d’applications, réseaux sociaux, places de marché en ligne. Le cloud computing en était étrangement absent, alors même que les mêmes groupes dominent ce marché. Cette anomalie a nourri des critiques dès 2024, certains experts estimant que la régulation manquait sa cible en épargnant l’infrastructure la plus stratégique du secteur numérique.
Apple a d’ailleurs déjà goûté à la sévérité du DMA sur un autre front. En 2026, la firme de Cupertino a perdu un recours devant la justice européenne concernant ses pratiques sur l’App Store, avec une amende de 500 millions d’euros encore en jeu selon les derniers développements du dossier. Ce précédent montre que la Commission ne recule pas devant les grands noms de la tech américaine, un signal que les équipes juridiques d’Amazon et de Microsoft ont sans doute intégré avant même de préparer leurs observations écrites.
Le marché cloud européen en chiffres
Pour comprendre l’ampleur de l’enjeu, il faut regarder la structure du marché. Selon une étude de marché publiée en 2026, les cinq premiers acteurs du cloud en Europe (Microsoft Azure, Google Cloud, AWS, SAP, IBM) détiennent ensemble 51,1 % de part de marché. Azure arrive en tête avec 15,2 % du marché européen, soit environ 26,4 milliards de dollars de revenus incluant l’infrastructure Azure, Microsoft 365, Dynamics 365 et Azure OpenAI Service.
| Fournisseur | Part du marché cloud européen (2025) | Origine |
|---|---|---|
| Microsoft Azure | 15,2 % | États-Unis |
| Google Cloud | Non désigné gatekeeper à ce jour | États-Unis |
| Amazon Web Services | Part dominante, incluse dans le top 5 (51,1 % cumulés) | États-Unis |
| SAP | Incluse dans le top 5 (51,1 % cumulés) | Allemagne |
| IBM | Incluse dans le top 5 (51,1 % cumulés) | États-Unis |
| OVHcloud | Environ 2 % | France |
| T-Systems (Deutsche Telekom) | Environ 2 % | Allemagne |
| Fournisseurs européens (ensemble) | 13 % de l’infrastructure cloud UE au T3 2025, contre 10 % en 2023 | Union européenne |
Cette dernière ligne mérite qu’on s’y attarde. Selon Synergy Research Group, les fournisseurs cloud basés en Europe ont fait progresser leur part de l’infrastructure cloud de l’UE de 10 % en 2023 à 13 % au troisième trimestre 2025. C’est une progression lente, mais réelle, et elle éclaire directement l’enjeu politique de la procédure DMA : réduire les coûts de bascule pour accélérer ce rattrapage.
Le cloud souverain, grand gagnant potentiel
Au-delà du marché cloud généraliste, un segment spécifique retient l’attention des investisseurs européens : le cloud souverain, conçu pour répondre aux exigences réglementaires de résidence des données. Selon une étude sectorielle publiée en 2026, OVHcloud et STACKIT détiennent conjointement environ 28,4 % du marché européen de l’infrastructure cloud souveraine (IaaS) native à l’UE. Plus largement, les fournisseurs souverains d’origine européenne captent environ 52,4 % de ce segment spécifique, contre 31,7 % pour les filiales souveraines des hyperscalers américains (AWS European Sovereign Cloud, Azure Sovereign) et 15,9 % pour les offres adossées aux opérateurs télécoms.
C’est un marché de niche comparé au cloud généraliste, mais sa dynamique illustre bien ce qui est en train de se jouer : les grands comptes publics et les secteurs régulés (banque, santé, défense) cherchent de plus en plus des alternatives crédibles à AWS et Azure. Une désignation gatekeeper pourrait accélérer ce mouvement en levant les barrières techniques et contractuelles qui freinent aujourd’hui la migration.
Comparaison avec les autres décisions DMA marquantes
Le dossier cloud n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une série de bras de fer entre la Commission et les géants américains de la tech depuis l’entrée en vigueur du DMA. Apple a perdu son recours sur l’App Store en 2026, avec 500 millions d’euros d’amende encore en discussion. Le rachat d’Electronic Arts pour 55 milliards de dollars a été tranché par l’UE le 22 juillet 2026, preuve que Bruxelles ne se limite pas aux gatekeepers déjà désignés et surveille aussi les grandes opérations de concentration dans le numérique. Le Cyber Resilience Act a, de son côté, déjà donné lieu à une amende de 15 millions d’euros pour non-conformité, signe que l’arsenal réglementaire européen ne reste pas théorique.
Ce qui distingue le dossier AWS-Azure des précédents, c’est le recours au mécanisme qualitatif plutôt qu’aux seuils automatiques. Jusqu’ici, chaque désignation gatekeeper reposait sur des critères chiffrés simples à vérifier. Avec le cloud, la Commission doit démontrer, cas par cas, un rôle de passerelle critique. C’est un test juridique inédit, et son issue conditionnera la façon dont Bruxelles pourra, à l’avenir, étendre le DMA à d’autres segments technologiques comme l’IA générative ou les infrastructures de calcul.
Réactions d’Amazon, Microsoft et des acteurs européens
La Commission a confirmé avoir informé Amazon et Microsoft de sa position préliminaire, précisant que les deux entreprises peuvent désormais soumettre des observations écrites et demander une audition. Ni AWS ni Microsoft n’ont publié de déclaration officielle détaillée au moment de la publication de cet article, mais leur ligne de défense attendue s’appuie sur un argument déjà exposé dans le dossier : aucun fournisseur cloud, elles y compris, ne franchit les seuils quantitatifs classiques du DMA, ce qui rendrait la désignation qualitative contestable sur le plan juridique.
Du côté des engagements pris ailleurs, les commitments britanniques signés en mars 2026 par AWS et Microsoft auprès de la CMA suggèrent une stratégie plus conciliante que frontale : accepter des concessions ciblées sur les frais de sortie pour éviter une bataille juridique longue et coûteuse. Reste à savoir si cette approche se reproduira face à la Commission européenne, dont les pouvoirs de sanction sous le DMA sont nettement plus lourds que ceux de l’autorité britannique.
Ce qui pourrait faire dérailler le calendrier
Plusieurs incertitudes pèsent encore sur cette procédure. La première tient à la solidité juridique du mécanisme qualitatif lui-même. Un cabinet d’analyse a résumé le problème sous le terme de « logique nuageuse », soulignant qu’aucun précédent DMA n’a encore été validé devant les juridictions européennes sur cette base précise. Si Amazon ou Microsoft contestent la décision finale devant le Tribunal de l’Union européenne, le contentieux pourrait s’étirer sur plusieurs années, comme cela s’est déjà vu avec d’autres dossiers antitrust visant la tech américaine.
La deuxième incertitude touche au contexte diplomatique. Les tensions commerciales entre Washington et Bruxelles sur les droits de douane technologiques restent vives en 2026, et une désignation jugée trop agressive contre deux géants américains pourrait alimenter de nouvelles frictions transatlantiques, un facteur que la Commission doit peser au moment d’affiner sa décision finale.
Impact concret pour les entreprises françaises et européennes
Pour une entreprise française qui gère aujourd’hui son infrastructure sur AWS ou Azure, l’enjeu immédiat n’est pas juridique mais budgétaire. Les frais de sortie représentent souvent un poste caché dans les contrats cloud pluriannuels, invisible tant que l’entreprise ne cherche pas à changer de fournisseur. Une baisse de ces frais, calquée sur le modèle britannique, libérerait mécaniquement de la marge de négociation face aux deux hyperscalers, y compris pour les clients qui n’ont pas l’intention immédiate de migrer.
Les directions des achats IT auraient également intérêt à surveiller de près les clauses d’interopérabilité qui pourraient devenir obligatoires. Un client capable de répliquer facilement ses workloads vers un second fournisseur, même sans migration complète, gagne un pouvoir de négociation qu’il n’a pas aujourd’hui face à des contrats souvent verrouillés sur cinq ans ou plus.
Prédictions pour les prochains mois
- Une décision finale probable fin octobre ou début novembre 2026, juste avant l’échéance légale des douze mois fixée par le DMA.
- Un recours quasi certain d’Amazon et Microsoft devant le Tribunal de l’Union européenne si la désignation gatekeeper est confirmée, sur la base de la contestation du mécanisme qualitatif.
- Des concessions anticipées sur les frais de sortie, calquées sur le modèle britannique de mars 2026, pour limiter l’ampleur des obligations formelles imposées par Bruxelles.
- Une accélération des investissements dans le cloud souverain européen, portée par OVHcloud, STACKIT et les opérateurs télécoms, quelle que soit l’issue du dossier DMA.
- Une extension progressive du débat vers l’IA générative et les infrastructures de calcul, la Commission ayant déjà montré son intérêt pour traiter le cloud comme une infrastructure critique comparable aux systèmes d’exploitation ou aux magasins d’applications.
Ce que cela signifie pour les DSI dès aujourd’hui
En attendant la décision finale, les responsables informatiques européens n’ont pas grand-chose à gagner à attendre passivement. Auditer le poids réel des frais de sortie dans son contrat actuel, cartographier les workloads les plus difficiles à migrer et suivre l’évolution des offres de cloud souverain restent des réflexes de bon sens, indépendamment du calendrier réglementaire. Le dossier AWS-Azure ne changera rien à court terme sur le plan contractuel, mais il redessine déjà le rapport de force psychologique entre hyperscalers et clients européens.
Le sort de cette enquête servira aussi de test pour toute la stratégie numérique européenne des prochaines années. Si la Commission parvient à faire tenir juridiquement une désignation gatekeeper obtenue par la voie qualitative, elle disposera d’un outil bien plus flexible pour encadrer les futurs champions technologiques, qu’ils soient dans le cloud, l’IA ou les infrastructures de calcul quantique. Si elle échoue devant les tribunaux, le DMA restera cantonné aux critères quantitatifs d’origine, un cadre plus prévisible mais aussi plus facile à contourner pour les géants du secteur.
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Questions fréquentes
AWS et Azure sont-ils déjà officiellement désignés gatekeepers ?
Non. Au 16 août 2026, la Commission européenne n’a publié qu’une position préliminaire, annoncée le 25 juin 2026. Amazon et Microsoft peuvent encore soumettre des observations écrites et demander une audition avant la décision finale, attendue d’ici novembre 2026.
Pourquoi Google Cloud n’est-il pas visé par cette enquête ?
La Commission a ciblé AWS et Azure en raison de leur position de marché et du degré de dépendance contractuelle qu’ils créent chez les grandes entreprises. Cela n’exclut pas que Google Cloud, ou d’autres fournisseurs, soient examinés dans un second temps si le mécanisme qualitatif du DMA est validé pour le cloud.
Que se passera-t-il si AWS et Azure sont officiellement désignés ?
Ils disposeraient de six mois à compter de la notification finale pour se mettre en conformité avec les obligations du DMA : interdiction de l’auto-préférence, interopérabilité renforcée, portabilité des données et encadrement des pratiques commerciales verrouillant les clients, dont les frais de sortie.
Les frais de sortie (egress fees) vont-ils disparaître en Europe ?
Rien n’est encore acté pour l’Union européenne. Un précédent existe côté britannique : la CMA a obtenu d’AWS et Microsoft, en mars 2026, la suppression des frais de sortie pendant au moins 180 jours lors d’une migration. Le DMA pourrait s’inspirer de ce modèle, mais avec un cadre juridique plus contraignant.
Quels fournisseurs européens pourraient bénéficier de cette procédure ?
OVHcloud, T-Systems, STACKIT, Scaleway, IONOS et Hetzner figurent parmi les acteurs européens les plus souvent cités comme bénéficiaires potentiels, en particulier sur le segment du cloud souverain, où OVHcloud et STACKIT détiennent déjà conjointement environ 28,4 % du marché IaaS souverain natif à l’UE.
Amazon et Microsoft peuvent-ils contester la décision devant la justice ?
Oui. Comme pour d’autres décisions DMA, un recours devant le Tribunal de l’Union européenne reste possible si la désignation finale est confirmée. Apple a suivi ce chemin sur le dossier App Store en 2026 et a perdu, avec une amende de 500 millions d’euros toujours en discussion.
Cette procédure concerne-t-elle uniquement les grandes entreprises ?
Non. Les obligations d’interopérabilité et de portabilité des données, si elles sont imposées, bénéficieraient à toutes les tailles de clients, y compris les PME et les startups qui subissent aujourd’hui les mêmes coûts de bascule que les grands comptes, proportionnellement plus lourds pour elles.
Où suivre l’évolution de ce dossier ?
La page officielle du Digital Markets Act de la Commission européenne publie les mises à jour officielles. Des synthèses juridiques régulières sont également publiées par des cabinets spécialisés comme celui cité dans cette analyse du test gatekeeper appliqué au cloud.




