AWS et Google Cloud ont mis fin à des années de cloisonnement technique. Le 12 août 2026, les deux hyperscalers ont confirmé le déploiement complet d’AWS Interconnect – multicloud, un protocole réseau ouvert qui relie directement leurs infrastructures respectives, sans VPN, sans routage manuel et sans passer par un opérateur tiers. Microsoft Azure et Oracle Cloud Infrastructure (OCI) doivent rejoindre le dispositif d’ici la fin de l’année. Pour les entreprises françaises et européennes, qui dépendent à plus de 67 % de ces trois fournisseurs selon les données de marché 2026, l’annonce redessine d’un coup l’économie et l’architecture du multicloud.
Ce que change concrètement AWS Interconnect – multicloud
Le principe tient en une phrase : deux clusters Kubernetes, l’un hébergé sur AWS et l’autre sur Google Cloud, peuvent désormais échanger du trafic chiffré de bout en bout sans qu’un ingénieur ait à configurer un tunnel VPN, un peering BGP manuel ou un relais chez un opérateur de transit. Le protocole, publié en spécification ouverte, gère l’établissement de la connexion, le chiffrement et la découverte de service de façon native.
Selon la description technique publiée par AWS, la spécification est conçue pour que « n’importe quel fournisseur cloud puisse s’intégrer à AWS Interconnect – multicloud, créant un cadre cohérent et interopérable pour la mise en réseau multicloud privée ». C’est cette ouverture qui distingue le projet des précédentes tentatives d’interconnexion, généralement bilatérales et propriétaires.
Deuxième pilier du dispositif : une couche de gestion des identités et des accès (IAM) fédérée. Un développeur authentifié sur Google Cloud peut accéder à des ressources AWS sans dupliquer ses identifiants ni gérer un compte croisé. Pour les équipes DevOps qui jonglent aujourd’hui avec des politiques IAM distinctes par fournisseur, c’est une simplification opérationnelle directe, même si elle soulève des questions de gouvernance des accès que les équipes sécurité devront trancher avant tout déploiement en production.
Le troisième changement, et sans doute le plus commenté par les directions financières, porte sur les frais de sortie de données. Le trafic inter-cloud qui transite par ce protocole n’est plus facturé au tarif classique des frais de sortie (« egress fees »), une ligne budgétaire qui pèse lourd dans les factures cloud des grands comptes européens. Historiquement, ces frais ont été l’un des principaux freins à une vraie stratégie multicloud : migrer ou répliquer des données entre AWS et Google Cloud coûtait cher, ce qui poussait de facto les entreprises à rester chez un seul fournisseur dominant.
La chronologie d’un projet lancé fin 2025
L’annonce du 12 août 2026 n’est pas partie de rien. Le calendrier officiel montre un déploiement progressif étalé sur près d’un an :
| Date | Étape | Détail |
|---|---|---|
| Novembre 2025 | Préversion (preview) | AWS lance la préversion d’Interconnect – multicloud, Google Cloud premier partenaire |
| Avril 2026 | Disponibilité générale (GA) | Passage en production avec Google Cloud comme partenaire de lancement |
| Juillet 2026 | Extension à OCI | Oracle Cloud Infrastructure rejoint le protocole en disponibilité générale |
| 12 août 2026 | Spécification ouverte publiée | AWS et Google Cloud publient conjointement la spécification réseau et la couche IAM fédérée |
| Fin 2026 (annoncé) | Arrivée d’Azure | Microsoft confirme rejoindre le framework, sans date précise communiquée |
Ce calendrier a une conséquence directe pour les DSI françaises qui planifient leur budget 2027 : le multicloud « natif » ne sera réellement tripartite, avec Azure inclus, qu’à partir du dernier trimestre 2026 au plus tôt. D’ici là, les architectures qui bénéficient pleinement du protocole restent celles combinant AWS, Google Cloud et désormais OCI.
Pourquoi l’Europe est un terrain particulièrement sensible
En France, les dépenses en services d’infrastructure cloud ont atteint environ 24,3 milliards d’euros en 2026, en hausse de 28 % par rapport à 2025. À l’échelle du marché national, AWS conserve la position de leader avec environ 32 % de part de marché, devant Azure à 24 % et Google Cloud à 11 %. Ces trois acteurs représentent ainsi près de 67 % des dépenses cloud des entreprises françaises, un niveau de concentration qui explique pourquoi la moindre annonce d’interopérabilité entre eux a un retentissement immédiat sur les stratégies d’achat IT.
Au niveau européen, le constat est similaire, mais avec une tonalité politique plus marquée. AWS, Azure et Google Cloud représentent environ 70 % du marché européen des infrastructures cloud, tandis que les fournisseurs européens sont retombés autour de 15 % de part de marché. Cette dépendance nourrit depuis plusieurs années le débat sur la souveraineté numérique, porté à Bruxelles par des textes comme le Cloud and AI Development Act, dont shattered.io a déjà détaillé les objectifs de rééquilibrage des parts de marché dans notre analyse du CADA.
L’ironie de la situation n’échappe pas aux observateurs du marché : un protocole censé faciliter la portabilité et réduire le lock-in technique chez un seul fournisseur pourrait, dans les faits, renforcer la position collective des trois hyperscalers américains, en rendant leur écosystème combiné plus attractif face aux offres souveraines. Le sujet recoupe directement les inquiétudes exprimées autour du Digital Markets Act appliqué au cloud, que nous avions couvertes dans notre article sur le DMA et les gatekeepers du cloud.
Des offres de « cloud de confiance » ont émergé précisément pour répondre à cette dépendance : Bleu, coentreprise entre Capgemini, Orange et Microsoft Azure, et S3NS, portée par Thales et Google Cloud. Ces deux structures s’appuient techniquement sur des briques Azure et GCP tout en promettant une gouvernance des données localisée en France. L’arrivée d’un protocole d’interconnexion natif entre hyperscalers est perçue par certains analystes comme un outil qui pourrait, à terme, faciliter l’intégration entre ces offres de confiance et les régions publiques classiques, sans que les modalités concrètes n’aient encore été précisées par les acteurs concernés.
Investissements physiques : la France comme terrain de bataille
L’annonce d’interopérabilité logicielle s’accompagne d’une accélération des investissements physiques sur le sol français. AWS a ouvert en 2026 sa septième zone de disponibilité à Marseille, portant à 24 le nombre de sites de l’entreprise dans l’Hexagone, pour un investissement cumulé qui dépasserait 5 milliards d’euros dans l’infrastructure cloud française. Microsoft, de son côté, a étendu sa capacité avec la région « France Central 3 » près de Lyon, annoncée avec une capacité de calcul supérieure de 40 % aux régions précédentes.
Cette course à l’implantation locale n’est pas indépendante de l’annonce du protocole multicloud. Plus un fournisseur dispose de datacenters proches des entreprises clientes, plus l’argument de la latence réduite entre AWS et Google Cloud devient concret pour des cas d’usage sensibles au temps de réponse, comme le traitement de données financières ou les architectures de recommandation en temps réel.
Kubernetes au cœur du dispositif, mais des versions encore hétérogènes
Le protocole cible en priorité les clusters Kubernetes et les applications conteneurisées, ce qui remet sur le devant de la scène la question du déploiement des versions. Au 11 août 2026, la situation reste inégale d’un fournisseur à l’autre. AKS, le service Kubernetes managé d’Azure, a publié Kubernetes 1.36 en disponibilité générale avec support long terme. Scaleway a suivi la même trajectoire. EKS, le service équivalent chez AWS, n’avait à cette date pas communiqué officiellement de calendrier pour cette version, selon les informations disponibles sur le calendrier de versions publié par le projet Kubernetes.
Cette hétérogénéité n’est pas un détail technique mineur. Un cluster Kubernetes qui doit dialoguer nativement avec un cluster hébergé chez un autre fournisseur, via le nouveau protocole d’interconnexion, doit composer avec des versions d’API, des CRD (Custom Resource Definitions) et des politiques réseau parfois différentes. Les équipes qui envisagent d’exploiter la nouvelle interconnexion devront d’abord auditer la compatibilité de version entre leurs clusters AWS et Google Cloud, un chantier qui recoupe les bonnes pratiques déjà couvertes par shattered.io dans notre guide pour durcir Kubernetes face aux vulnérabilités containerd et notre tutoriel sur la gestion des secrets Kubernetes en production.
Pour les équipes qui débutent avec des clusters locaux avant de les répliquer en production multicloud, notre tutoriel Minikube en 12 étapes reste un point de départ pertinent pour tester des architectures avant migration.
Comparatif : les trois offres d’interconnexion multicloud
Le tableau ci-dessous résume l’état du déploiement chez chacun des trois grands fournisseurs concernés, sur la base des annonces officielles disponibles au 18 août 2026.
| Fournisseur | Statut du protocole | Partenaires connectés | Suppression des frais de sortie |
|---|---|---|---|
| AWS | Disponibilité générale (GA) | Google Cloud, Oracle Cloud Infrastructure | Oui, sur le trafic via le protocole |
| Google Cloud | Disponibilité générale (GA) | AWS (partenaire de lancement) | Oui, sur le trafic via le protocole |
| Microsoft Azure | Annoncé, non déployé | Rejoindra le framework fin 2026 | Non communiqué |
| Oracle Cloud Infrastructure | Disponibilité générale (GA, juillet 2026) | AWS | Non communiqué en détail |
Ce comparatif met en évidence un point souvent négligé dans la couverture médiatique de l’annonce : Azure n’est, à ce stade, qu’un partenaire annoncé, pas un partenaire opérationnel. Les entreprises qui bâtissent aujourd’hui leur stratégie multicloud sur Azure et un autre fournisseur devront patienter avant de bénéficier des mêmes avantages réseau que les utilisateurs AWS-Google Cloud.
Ce qu’en disent AWS et Google Cloud
Les deux entreprises ont communiqué séparément sur l’initiative, avec un discours convergent sur l’ouverture du standard. Google Cloud a présenté la collaboration en ces termes : « Cette collaboration introduit également une nouvelle spécification ouverte pour l’interopérabilité réseau, permettant aux clients d’établir une connectivité privée à haut débit entre Google Cloud et AWS, avec un haut niveau d’automatisation et de rapidité » (Google Cloud, blog officiel).
Du côté d’AWS, l’accent est mis sur l’ouverture du standard à l’ensemble de l’industrie : « Cette spécification permet à tout fournisseur de services cloud de s’intégrer à AWS Interconnect – multicloud, créant un cadre cohérent et interopérable pour la mise en réseau multicloud privée » (AWS, blog Networking and Content Delivery).
Sur le calendrier d’extension, l’annonce officielle de préversion précisait déjà en novembre 2025 : « AWS annonce la préversion d’AWS Interconnect – multicloud, fournissant des connexions privées simples, résilientes et à haut débit vers d’autres fournisseurs de services cloud (CSP), en commençant en préversion avec Google Cloud comme premier partenaire de lancement, puis avec Microsoft Azure plus tard en 2026 » (AWS, annonce de préversion).
L’annonce de disponibilité générale d’avril 2026 confirmait la trajectoire : « Avec la disponibilité générale, Google Cloud est le premier partenaire de lancement, Microsoft Azure et Oracle Cloud Infrastructure (OCI) arrivant plus tard en 2026 » (AWS, annonce de disponibilité générale). Trois mois plus tard, lors de l’intégration d’OCI, AWS a réitéré sans donner davantage de précisions : « Microsoft Azure sera lancé plus tard en 2026 » (AWS, annonce OCI GA). Cette répétition, sans date ferme, laisse penser que l’intégration d’Azure reste conditionnée à des arbitrages techniques ou commerciaux non encore finalisés entre les trois entreprises.
Impact sur le marché et les stratégies FinOps
Pour les équipes FinOps, la suppression des frais de sortie sur le trafic inter-cloud via le nouveau protocole change directement l’équation de coût d’une architecture multicloud. Jusqu’ici, répliquer des données entre AWS et Google Cloud pour des besoins de reprise après sinistre, d’analytique croisée ou de migration progressive impliquait des frais de sortie qui pouvaient représenter une part significative de la facture cloud annuelle d’une entreprise, en particulier pour les organisations manipulant de gros volumes de données non structurées.
Cette évolution intervient alors que les dépenses cloud françaises ont bondi de 28 % en un an. Une partie de cette hausse s’explique par la multiplication des architectures hybrides et multicloud, précisément le type d’usage que ce protocole cherche à fluidifier. Des entreprises comme la SNCF illustrent déjà cette réalité opérationnelle, avec plus de 200 clusters Kubernetes répartis entre Azure et AWS, combinés à un cloud privé basé sur OpenStack et Kubernetes pour les besoins de souveraineté. Pour ce type d’acteur, une interconnexion native entre fournisseurs représente un levier concret de simplification réseau et de réduction des coûts de transfert, à condition qu’Azure rejoigne effectivement le protocole dans les délais annoncés.
Le contrecoup potentiel concerne les fournisseurs de connectivité tiers, notamment les opérateurs de transit et les revendeurs de VPN d’entreprise, dont le modèle économique reposait en partie sur la complexité des interconnexions inter-cloud. Une simplification native portée directement par les hyperscalers réduit mécaniquement la valeur ajoutée de ces intermédiaires pour ce cas d’usage précis.
Sécurité : ce que l’IAM fédérée implique vraiment
La couche IAM fédérée, présentée comme un gain de productivité pour les développeurs, mérite un examen attentif côté sécurité. Synchroniser des identités et des politiques d’accès entre deux fournisseurs cloud distincts élargit mécaniquement la surface d’attaque potentielle : une compromission d’identité chez un fournisseur pourrait, en théorie, se propager vers les ressources de l’autre fournisseur si les politiques de moindre privilège ne sont pas configurées avec la même rigueur des deux côtés.
Les équipes sécurité qui envisagent d’adopter le protocole devraient, à minima, auditer trois points avant tout déploiement en production : la granularité des rôles IAM fédérés (éviter les rôles trop larges qui traversent les deux environnements), la journalisation centralisée des accès croisés (pour détecter rapidement un mouvement latéral entre clouds), et la segmentation réseau au niveau des clusters Kubernetes exposés via le nouveau protocole. Ces recommandations rejoignent les principes déjà détaillés dans notre couverture du durcissement Kubernetes face aux vulnérabilités containerd.
Historique : pourquoi le multicloud natif a mis autant de temps à arriver
Le multicloud comme concept marketing existe depuis près d’une décennie, mais le multicloud technique, au sens d’une interconnexion native et automatisée entre fournisseurs concurrents, s’est heurté pendant longtemps à un obstacle simple : aucun hyperscaler n’avait intérêt commercial à faciliter la sortie de ses clients vers un concurrent. Les frais de sortie de données ont longtemps agi comme une barrière de sortie déguisée, rendant les migrations et les architectures hybrides coûteuses par construction.
Ce qui a changé en 2025 et 2026, c’est la pression conjuguée de la régulation européenne (le Digital Markets Act et le Cloud and AI Development Act ciblant explicitement les pratiques de lock-in) et la demande croissante des grands comptes pour des architectures de résilience multi-fournisseurs, en particulier après plusieurs pannes majeures chez les hyperscalers qui ont mis en lumière les risques de dépendance à un seul fournisseur. Le protocole AWS Interconnect – multicloud peut ainsi se lire comme une réponse proactive des fournisseurs américains à une régulation qui, sans cette initiative, aurait pu leur être imposée de façon plus contraignante.
Les défis techniques qui restent à résoudre
Malgré l’ampleur de l’annonce, plusieurs zones d’ombre subsistent. La latence réelle entre régions AWS et Google Cloud géographiquement éloignées n’a pas été précisément documentée par les deux entreprises, ce qui laisse les équipes d’architecture dans l’incertitude pour les cas d’usage sensibles à la latence. La compatibilité avec les outils de service mesh existants (Istio, Linkerd) et les CNI Kubernetes propres à chaque fournisseur reste également à valider cas par cas, en particulier tant que les versions Kubernetes déployées restent hétérogènes entre AKS, EKS et GKE.
Autre point d’attention : la tarification exacte au-delà de la suppression des frais de sortie n’a pas été détaillée publiquement dans son intégralité. Les entreprises devront attendre des retours d’expérience concrets et des cas d’usage documentés avant de pouvoir chiffrer précisément le gain net sur leur facture cloud, au-delà de la simple suppression de la ligne « egress ».
Cinq prévisions pour la suite
- L’arrivée d’Azure se fera par étapes. Après trois annonces répétées sans date ferme (novembre 2025, avril et juillet 2026), une intégration complète d’Azure avant le premier trimestre 2027 semble plus probable qu’un lancement dans les toutes dernières semaines de 2026.
- D’autres fournisseurs régionaux chercheront à s’y greffer. La spécification étant publiée comme ouverte, des acteurs européens comme Scaleway ou OVHcloud pourraient évaluer une intégration partielle pour renforcer leur position dans les architectures hybrides, sans que cela soit confirmé à ce jour.
- La pression réglementaire européenne s’intensifiera malgré l’annonce. Les autorités de concurrence pourraient examiner si la suppression des frais de sortie profite réellement à la portabilité ou si elle consolide davantage la position des trois hyperscalers dominants au détriment des offres souveraines.
- Les coûts FinOps liés au multicloud vont baisser pour les gros comptes, pas pour tous. Les bénéfices concrets de la suppression des frais de sortie profiteront d’abord aux entreprises ayant déjà des volumes de trafic inter-cloud significatifs, laissant les PME avec un gain marginal à court terme.
- La sécurité IAM fédérée deviendra un sujet d’audit obligatoire. Les cabinets de conseil en cybersécurité et les équipes de conformité interne devraient intégrer l’examen des politiques IAM croisées dans leurs audits cloud dès 2027, à mesure que l’adoption du protocole progresse.
Ce que les entreprises françaises doivent surveiller d’ici la fin de l’année
Pour les équipes IT et sécurité en France, trois échéances méritent d’être suivies de près. D’abord, la confirmation d’une date précise pour l’arrivée d’Azure dans le framework, qui déterminera si les architectures majoritairement Azure-AWS ou Azure-Google Cloud, très répandues dans les grands groupes français, pourront réellement bénéficier du protocole avant fin 2026. Ensuite, la publication éventuelle d’une documentation technique détaillée sur la latence et la compatibilité CNI, indispensable avant tout déploiement en production pour des charges critiques. Enfin, la réaction des autorités européennes de régulation, qui pourrait influencer la manière dont Bleu et S3NS intègrent, ou non, cette nouvelle brique d’interconnexion dans leurs offres de cloud de confiance.
À court terme, la recommandation la plus raisonnable pour les DSI reste la prudence méthodique : tester le protocole sur des environnements non critiques, auditer les politiques IAM fédérées avant toute extension, et attendre les premiers retours d’expérience documentés d’entreprises comparables avant une bascule en production à grande échelle.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’AWS Interconnect – multicloud ?
C’est un protocole réseau ouvert, développé conjointement par AWS et Google Cloud, qui permet à des ressources cloud hébergées chez différents fournisseurs de communiquer directement, de façon chiffrée et sans configuration manuelle de VPN.
Azure fait-il déjà partie du protocole ?
Non. Azure a été annoncé comme futur participant à plusieurs reprises depuis novembre 2025, avec une arrivée prévue fin 2026, mais aucune date précise n’a été confirmée au 18 août 2026.
Le protocole supprime-t-il tous les frais de sortie de données ?
Il supprime les frais de sortie sur le trafic qui transite spécifiquement par ce protocole entre AWS et Google Cloud. Les autres flux de données restent soumis à la tarification standard de chaque fournisseur.
Quelles entreprises peuvent en bénéficier dès maintenant ?
Toute organisation disposant de charges de travail sur AWS et Google Cloud, ou sur AWS et Oracle Cloud Infrastructure, peut évaluer le protocole dès aujourd’hui puisque les trois offres sont en disponibilité générale.
Le protocole est-il compatible avec toutes les versions de Kubernetes ?
La compatibilité dépend de la version déployée sur chaque cluster. Au 11 août 2026, AKS et Scaleway proposaient déjà Kubernetes 1.36 en disponibilité générale, tandis qu’EKS n’avait pas communiqué de calendrier officiel pour cette version.
Ce protocole renforce-t-il ou affaiblit-il la souveraineté numérique européenne ?
Les avis divergent. Il facilite techniquement la portabilité entre fournisseurs, un objectif porté par la régulation européenne, mais il pourrait aussi renforcer l’attractivité collective des trois hyperscalers américains face aux offres souveraines locales.
Faut-il déjà migrer son architecture pour en profiter ?
La prudence est recommandée. Les experts en architecture cloud conseillent de tester le protocole sur des environnements non critiques et d’attendre une documentation technique plus complète sur la latence avant toute migration de charges de production.
Sources et références
- Google Cloud — annonce officielle de la collaboration multicloud
- AWS — architectures de connectivité multicloud résilientes
- AWS — annonce de préversion, novembre 2025
- AWS — disponibilité générale, avril 2026
- AWS — intégration d’OCI en disponibilité générale, juillet 2026
- Kubernetes.io — calendrier officiel des versions
- Commission européenne — Cloud and AI Development Act




