Depuis le 1er juillet 2026, les traders européens qui voulaient encore détenir de l’USDT sur une plateforme licenciée MiCA ont dû se raviser. Environ 185 milliards de dollars de Tether sont devenus indisponibles sur les places d’échange régulées de l’UE, selon Phemex. Résultat : deux stablecoins adossés à l’euro se disputent désormais le terrain laissé vacant, EURC de Circle et EURe de Monerium. Le duel n’a rien d’anecdotique. Il détermine quel euro numérique équipera les exchanges, les DAO et les applications de paiement du continent pour les années à venir.
Ce guide compare les deux stablecoin euro sur tous les critères qui comptent pour un lecteur en France ou ailleurs en Europe : licence, réserves, liquidité, frais, réseaux blockchain et cas d’usage concrets. L’objectif n’est pas de désigner un vainqueur abstrait, mais de vous donner de quoi choisir le bon stablecoin euro selon votre propre besoin, qu’il s’agisse de trading, de paiement ou de trésorerie d’entreprise. Nous nous appuyons uniquement sur des données publiées par Circle, Monerium et des cabinets d’analyse indépendants comme Chainalysis ou TRM Labs, sans extrapoler de chiffre qui ne figure pas dans une source vérifiable.
Pourquoi le duel EURC vs EURe compte pour l’Europe en 2026
Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) est entré en application pour le régime des stablecoins en juillet 2024. Depuis juin 2025, seuls les jetons de monnaie électronique (EMT) émis par un établissement de monnaie électronique (EMI) peuvent circuler légalement dans l’UE. Cette règle a directement fragilisé Tether, qui n’a jamais obtenu l’autorisation EMT requise, et a ouvert un boulevard aux deux acteurs qui, eux, l’ont obtenue ou revendiquée : Circle avec EURC et Monerium avec EURe.
Les deux jetons partagent un point commun : ils prétendent tous deux à la conformité MiCA. Leur ressemblance s’arrête là. EURC vise le trading institutionnel et la liquidité DeFi à grande échelle. EURe vise les paiements programmables, avec une fonctionnalité assez unique : donner un IBAN à un portefeuille crypto. Pour un particulier, une fintech ou un trésorier de DAO qui doit choisir un stablecoin euro cette année, comprendre cette différence structurelle change tout, du rendement obtenu à la vitesse de règlement d’un virement transfrontalier.
EURC, le stablecoin euro de Circle
EURC est émis par Circle Internet Financial Europe SAS, filiale française du groupe Circle, déjà connu pour l’USDC. L’entité détient depuis le 1er juillet 2024 une licence d’établissement de monnaie électronique délivrée par l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution), sous le numéro 17788. Circle a communiqué sur cette date comme celle où elle est devenue, selon son propre communiqué de presse, le premier émetteur mondial de stablecoins conforme au cadre MiCA.
Cette licence couvre à la fois USDC et EURC sur l’ensemble de l’Espace économique européen. En avril 2026, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a franchi une étape supplémentaire en autorisant Circle France à fournir des services de conservation et de transfert d’actifs crypto au titre de l’article 60(4) de MiCA, toujours pour l’ensemble de l’EEE. Circle devient ainsi à la fois émetteur EMI et prestataire de services sur actifs numériques (CASP), une double casquette qu’aucun concurrent euro ne détient au même niveau. Sous MiCA, EURC est classé comme jeton de monnaie électronique (EMT), et non comme jeton référencé à un actif (ART), ce qui lui impose un régime de rachat au pair et de ségrégation des réserves.
Pour un utilisateur d’USDC, EURC fonctionne exactement de la même manière, seule la devise de référence change. Circle a construit EURC sur la même infrastructure technique que son stablecoin dollar, ce qui explique pourquoi les deux jetons partagent les mêmes réseaux blockchain et le même protocole de transfert inter-chaînes. Cette parenté technique est un atout pour les développeurs et les exchanges qui ont déjà intégré USDC : ajouter EURC demande peu de travail supplémentaire, ce qui accélère son adoption sur les plateformes qui traitent déjà le dollar numérique de Circle.
EURe, l’euro programmable de Monerium
Monerium existe depuis 2016-2017, bien avant que MiCA ne soit rédigé. L’entreprise opère comme établissement de monnaie électronique licencié dans l’EEE, avec une couverture étendue au Royaume-Uni et à la Suisse. Sa promesse commerciale tient en une phrase : donner un IBAN à une adresse de portefeuille crypto. Concrètement, un utilisateur peut recevoir un virement SEPA directement sur son wallet, sans passer par un compte bancaire traditionnel comme intermédiaire visible.
Ce positionnement séduit surtout les fintechs, les plateformes de paie et les protocoles DeFi qui veulent des euros programmables sans sacrifier la conformité réglementaire. Monerium revendique des réserves intégralement adossées à des dépôts en euros dans des banques de l’UE, avec un audit indépendant. Mais sur le plan de la reconnaissance réglementaire visible, EURe n’apparaît pas dans les listes des EMT officiellement enregistrés à l’ESMA que citent plusieurs médias spécialisés mi-2026, contrairement à EURC. Monerium s’appuie sur son statut d’EMI historique plutôt que sur une reconnaissance EMT à la même vitrine que Circle.
L’antériorité de Monerium n’est pas un détail marketing. L’entreprise a construit son infrastructure de monnaie électronique avant même l’émergence des premiers stablecoins grand public, ce qui explique son positionnement centré sur la conformité bancaire plutôt que sur le trading. Un comparatif publié par Monerium elle-même en 2025 résume bien cette différence de philosophie : la société se décrit comme conforme et licenciée dans l’EEE, le Royaume-Uni et la Suisse, mais reconnaît que sa distribution reste plus restreinte que celle d’un acteur adossé à une marque mondiale comme Circle.
MiCA, le cadre qui a redessiné le marché des stablecoins euro
Le régime MiCA impose trois contraintes qui structurent tout le marché euro en 2026 : rachat au pair garanti, ségrégation des réserves auprès de banques agréées, et reporting prudentiel régulier auprès du superviseur national. Ces règles ont eu un effet de tri brutal. Selon une liste tenue par Eco, moins de quinze stablecoins détenaient une autorisation MiCA active fin 2025, tous sous statut EMT : USDC, EURC, EURI, EURCV, EUROe, EURQ, EURS et une poignée de jetons régionaux plus confidentiels.
Cette liste courte n’est pas figée. Un recensement publié début 2025 dénombrait déjà une dizaine d’émetteurs autorisés à émettre des stablecoins dans l’UE sous MiCA, avec Banking Circle (EURI) et Circle (USDC, EURC) parmi les premiers cités. Depuis, le nombre d’acteurs a légèrement augmenté, mais la concentration reste forte autour de deux ou trois émetteurs qui captent l’essentiel des volumes réels, EURC en tête pour le segment euro.
Le monopole de facto de Circle
Un article de TechTimes publié le 9 juillet 2026 pointe un effet pervers : à cette date, USDC et EURC restaient les deux seuls stablecoins à détenir une autorisation EMT dans le registre de l’ESMA, ce qui donne à Circle une position quasi monopolistique sur le segment strictement réglementé. L’article rapporte que l’UE a lancé une réécriture des règles de réserve MiCA après des critiques accusant le texte d’avoir, de fait, offert ce monopole à Circle. Pour EURe, cette situation crée un flou : Monerium se dit conforme, mais n’apparaît pas dans le petit club des EMT listés à l’ESMA cité par la presse spécialisée.
Tableau comparatif complet : EURC vs EURe
Voici la synthèse des critères qui comptent réellement pour choisir entre les deux jetons, compilée à partir des données publiques de Circle, Monerium et des registres MiCA disponibles en août 2026.
| Critère | EURC (Circle) | EURe (Monerium) |
|---|---|---|
| Émetteur | Circle Internet Financial Europe SAS | Monerium EMI |
| Licence | EMI ACPR (France), n° 17788, depuis juillet 2024 | EMI licenciée dans l’EEE, UK et Suisse |
| Statut MiCA | EMT enregistré à l’ESMA | Se revendique conforme, hors registre EMT cité par la presse |
| Année de lancement du produit | 2022 (EURC), écosystème Circle depuis 2013 | Monerium fondée en 2016-2017 |
| Blockchains supportées | Ethereum, Solana, Avalanche, Base, Stellar | Ethereum, Gnosis Chain, Polygon et autres réseaux EVM |
| Fonctionnalité clé | Interopérabilité inter-chaînes via CCTP V2 | IBAN attaché directement au portefeuille (SEPA natif) |
| Part de marché euro (mars 2026) | ~445 M$, environ 40 à 45 % du marché euro | Non détaillée publiquement, nettement inférieure |
| Réserves | Cash + titres souverains court terme, banques UE | Dépôts en euros dans des banques de l’UE |
| Audit des réserves | Attestations indépendantes régulières | Audit indépendant revendiqué, cadence non publiée |
| Accès CASP dédié | Circle France, agréé avril 2026 | Non revendiqué à ce niveau |
| Modèle économique | Rendement sur réserves, pas de marge sur mint/redeem | Frais de service sur comptes et virements SEPA |
| Cible principale | Exchanges, institutionnels, DeFi | Fintechs, paie, paiements programmables |
Capitalisation et liquidité : qui domine réellement le marché
Une analyse de mars 2026 chiffre le marché total des stablecoins euro à environ 1,06 milliard de dollars, un montant qui ne représente que 0,35 % de l’offre totale de stablecoins en circulation dans la DeFi. Dans ce petit bassin, EURC capte à lui seul environ 445 millions de dollars, soit près de 7 fois la taille de son plus proche rival. Le volume d’échange en euro reste marginal : moins de 0,1 % d’un volume total en dollars estimé à 3 200 milliards.
EURe ne publie pas de chiffre de capitalisation aussi visible que celui de Circle. Les données disponibles suggèrent une taille bien plus modeste, vraisemblablement de l’ordre de quelques dizaines de millions de dollars, loin derrière EURC. Cette différence d’échelle n’est pas un détail. Elle conditionne le slippage sur les pools DeFi, la profondeur de marché sur les exchanges, et la capacité d’un gros ordre à s’exécuter sans faire bouger le prix.
Ce déséquilibre reflète aussi la stratégie de distribution de chaque émetteur. Circle a construit EURC comme une extension directe d’USDC, avec un accès immédiat à tout l’écosystème d’exchanges et de protocoles déjà connectés au dollar numérique de Circle. Monerium, de son côté, avance marché par marché, banque par banque, avec un modèle qui privilégie la profondeur des intégrations bancaires plutôt que la largeur de la distribution crypto. Les deux approches sont défendables, mais elles produisent aujourd’hui des ordres de grandeur très différents en matière de capitalisation.
Réseaux blockchain et intégrations DeFi
EURC circule sur cinq réseaux documentés par Circle : Ethereum, Solana, Avalanche, Base et Stellar. Le protocole CCTP V2 de Circle permet de déplacer le jeton d’une chaîne à l’autre sans passer par un pont tiers, ce qui réduit le risque de sécurité associé aux bridges cross-chain. Ce choix technique compte, car les bridges classiques ont concentré une part importante des piratages DeFi ces dernières années. Cette couverture multi-chaînes rapproche EURC du fonctionnement d’USDC, avec des pools de liquidité sur Curve, Balancer et Uniswap, souvent appariés à USDC ou à d’autres jetons euro comme EURS.
Chaque réseau apporte un compromis différent. Ethereum reste la référence en matière de sécurité et de liquidité historique, au prix de frais de transaction plus élevés en période de congestion. Solana, Avalanche et Base privilégient la vitesse et des coûts de transaction très faibles, un argument de poids pour les paiements fréquents de petit montant. Stellar, moins connu du grand public crypto, cible spécifiquement les cas d’usage de paiement transfrontalier à faible coût, ce qui en fait un choix logique pour un stablecoin euro destiné aux transferts internationaux.
EURe suit une logique différente. Monerium le déploie sur Ethereum, Gnosis Chain et Polygon, avec un accent mis sur l’interopérabilité EVM plutôt que sur la couverture multi-écosystèmes. Sa vraie valeur ajoutée ne se joue pas dans les pools DeFi, mais dans le pont entre les rails bancaires SEPA et la blockchain. Les intégrations DeFi d’EURe restent limitées et concentrées sur des protocoles qui privilégient une monnaie électronique strictement réglementée plutôt qu’une liquidité maximale.
Réserves, audits et sécurité des fonds
Sous MiCA, les deux émetteurs doivent respecter des règles de sauvegarde des réserves comparables : ségrégation des fonds, rachat au pair garanti, et supervision prudentielle continue. Circle détaille une composition de réserves EURC en cash et titres souverains à court terme, déposés auprès de banques régulées européennes, avec des attestations indépendantes publiées à intervalle régulier. Ce modèle reprend celui d’USDC, dont la transparence des rapports de réserve est scrutée depuis plusieurs années par les régulateurs américains et européens. Ces réserves ne rapportent pas d’intérêt à l’utilisateur final : le rendement généré appartient à l’émetteur, ce qui reste la norme sur l’ensemble du secteur des stablecoins réglementés, dollar comme euro.
Monerium revendique un adossement à 100 % en dépôts euros dans des banques de l’UE, avec un régime d’audit indépendant. La société met en avant la clarté juridique de son statut d’EMI et les droits de rachat garantis aux utilisateurs de l’EEE. La différence tient moins à la solidité du modèle qu’à sa visibilité : les rapports de réserve de Circle sont largement cités par la presse financière, tandis que ceux de Monerium restent plus difficiles à consulter publiquement au même niveau de détail.
Frais et tarification : tableau des coûts
Aucun des deux émetteurs ne publie de grille tarifaire aussi détaillée que celle d’un exchange classique, mais leurs modèles économiques respectifs se dessinent clairement à travers leur documentation.
| Type de frais | EURC (Circle) | EURe (Monerium) |
|---|---|---|
| Mint (émission) | Généralement gratuit pour les clients institutionnels via Circle Mint, hors frais de réseau | Gratuit côté jeton, des frais de service peuvent s’appliquer côté compte |
| Redeem (rachat) | Rachat au pair garanti par MiCA, pas de marge affichée | Rachat au pair, frais de virement bancaire possibles |
| Transfert on-chain | Frais de réseau (gas) uniquement | Frais de réseau (gas) uniquement |
| Virement SEPA associé | Non applicable directement | Frais de service Monerium selon le volume et le type de client |
| Frais de trading CEX | Dépend de l’exchange, généralement autour de 0,1 à 0,2 % | Peu d’exchanges le listent, frais variables selon la plateforme |
| Modèle de revenu de l’émetteur | Rendement sur les actifs de réserve | Frais sur les services de compte et de virement |
Pour un particulier qui échange occasionnellement, la différence de coût réel entre EURC et EURe reste faible. Dans les deux cas, le gros du coût vient des frais de réseau blockchain et, le cas échéant, de la commission de l’exchange utilisé. La différence se joue plutôt sur les cas d’usage professionnels, où les frais de service côté compte d’EURe peuvent peser davantage qu’un simple transfert on-chain d’EURC. Avant tout transfert de montant important, mieux vaut vérifier la grille tarifaire à jour directement sur le site de l’émetteur ou de l’exchange concerné, ces frais pouvant évoluer d’un trimestre à l’autre selon la concurrence sur le marché des stablecoins euro.
Benchmarks : vitesse de règlement et données de trois sources
Trois sources indépendantes permettent de recouper la trajectoire du marché euro en 2026.
| Source | Indicateur | Donnée clé |
|---|---|---|
| Chainalysis, rapport adoption crypto Europe | Croissance du segment euro stablecoin | +2 727 % entre juillet 2024 et juin 2025 |
| Chainalysis, rapport adoption crypto Europe | Croissance spécifique d’EURC | +86 % sur la même période |
| TRM Labs, Global Crypto Adoption Index T1 2026 | Volume de stablecoins dollar chez les VASP au détail | 310 Md$ (janv. 2025) → 274 Md$ (mars 2026) |
| Analyse de marché, mars 2026 | Taille totale du marché euro stablecoin | 1,06 Md$, dont 445 M$ pour EURC |
D’abord, Chainalysis, dans son rapport sur l’adoption crypto en Europe, chiffre la croissance du segment euro stablecoin à 2 727 % entre juillet 2024 et juin 2025, contre une progression de 86 % pour EURC sur la même période. L’écart entre les deux chiffres s’explique par le fait que le marché euro partait d’une base quasiment nulle avant l’entrée en application de MiCA, ce qui gonfle mécaniquement les pourcentages de croissance des petits acteurs.
Ensuite, TRM Labs, dans son Global Crypto Adoption Index du premier trimestre 2026, note que le volume de stablecoins en dollars traité par les prestataires de services sur actifs virtuels au détail est passé de 310 milliards de dollars en janvier 2025 à 274 milliards en mars 2026, un recul qui coïncide avec la montée en puissance des alternatives en euro sur les plateformes régulées européennes. Enfin, l’analyse de marché de mars 2026 déjà citée plus haut confirme la position dominante d’EURC dans ce segment euro, avec 445 millions de dollars sous gestion.
Sur la vitesse pure de règlement, les deux jetons héritent de la chaîne sous-jacente : quelques secondes à quelques minutes sur Ethereum, sub-seconde sur Solana, Avalanche ou Base pour EURC. EURe, contraint par son pont SEPA, ajoute un délai de virement bancaire classique (souvent le jour même ou le lendemain) avant que les fonds n’apparaissent on-chain, puis hérite ensuite de la vitesse native de la chaîne EVM choisie.
Cinq exemples concrets d’adoption en Europe
- Brighty, la plateforme bancaire crypto. Selon des données rapportées par Cointelegraph, l’Espagne représente environ 36 % des transactions et 25 % du volume EURC traité sur cette plateforme en 2025 et au premier trimestre 2026, ce qui en fait le marché retail le plus dynamique d’Europe pour ce jeton. Ce chiffre illustre une adoption qui dépasse le cercle des traders institutionnels pour toucher aussi les particuliers qui utilisent une carte ou une app bancaire crypto au quotidien.
- Les exchanges licenciés MiCA. Après le retrait forcé de l’USDT le 1er juillet 2026, les plateformes régulées de l’UE se sont rabattues sur EURC et USDC comme rails de règlement par défaut pour le trading en euro. Ce basculement a été accéléré par le fait que les deux jetons de Circle restent, mi-2026, les seuls à figurer dans le registre EMT de l’ESMA cité par la presse spécialisée.
- Circle France en tant que CASP. L’agrément obtenu en avril 2026 permet à Circle de fournir des services de conservation et de transfert d’actifs pour USDC et EURC à des clients institutionnels partout dans l’EEE, sans multiplier les licences pays par pays. C’est un argument de poids pour les trésoreries d’entreprise qui cherchent un partenaire unique plutôt qu’une mosaïque de prestataires locaux.
- Les fintechs branchées sur l’IBAN de Monerium. Plusieurs applications de paiement et de paie utilisent la fonctionnalité IBAN-pour-wallet d’EURe pour recevoir des virements SEPA directement sur une adresse blockchain, sans passer par un compte bancaire classique intermédiaire. Cette approche évite une étape de conversion manuelle entre le système bancaire et la blockchain, ce qui simplifie les flux de paie ou de remboursement transfrontaliers.
- Les trésoreries de DAO cherchant la conformité. Certaines organisations autonomes décentralisées privilégient un stablecoin euro réglementé pour leurs réserves de trésorerie, un choix qui pousse vers EURC pour la liquidité ou vers EURe pour la traçabilité bancaire directe. Ce type d’arbitrage devient plus fréquent depuis que les investisseurs institutionnels réclament davantage de transparence sur la composition des trésoreries DeFi.
Rendement DeFi : où faire fructifier son EURC ou son EURe
La profondeur de marché d’EURC se traduit directement en options de rendement. Sur les protocoles de prêt de type Aave et leurs équivalents, EURC figure parmi les actifs euro acceptés en garantie ou en dépôt, avec un rendement qui fluctue selon l’utilisation du pool et les incitations en cours. Sur les plateformes d’échange décentralisées comme Curve, Balancer ou Uniswap, EURC circule aussi dans des paires avec USDC ou avec d’autres jetons euro comme EURS, ce qui permet aux fournisseurs de liquidité de percevoir une part des frais de transaction en plus d’une éventuelle incitation en token de gouvernance.
Pour EURe, l’offre de rendement DeFi reste plus restreinte. La faible liquidité limite le nombre de pools viables, et les opportunités se concentrent sur des intégrations spécifiques choisies par Monerium ou ses partenaires, plutôt que sur une présence large façon EURC. Un lecteur qui cherche avant tout un rendement doit garder à l’esprit que ces chiffres évoluent en permanence selon l’offre et la demande sur chaque protocole : mieux vaut consulter DeFiLlama ou le tableau de bord du protocole choisi au moment de placer des fonds, plutôt que de se fier à un pourcentage figé dans un article.
Cas d’usage : quel stablecoin choisir selon votre profil
Le choix entre EURC et EURe dépend surtout de ce que vous cherchez à accomplir avec vos euros numériques, pas seulement de leur statut réglementaire.
- Trader ou investisseur particulier sur exchange régulé : EURC s’impose grâce à sa liquidité et sa disponibilité sur la quasi-totalité des plateformes licenciées MiCA.
- Entreprise qui gère des paiements SEPA récurrents : EURe apporte un avantage concret avec son IBAN natif attaché au portefeuille, ce qui simplifie la réconciliation comptable.
- Protocole DeFi cherchant une liquidité profonde : EURC domine largement les pools sur Curve, Balancer et Uniswap, avec un slippage plus faible sur les gros montants.
- Fintech ou néobanque qui veut brancher l’euro on-chain sur des rails bancaires existants : EURe correspond mieux à ce besoin grâce à son modèle IBAN-pour-wallet.
- Institution nécessitant un prestataire de conservation réglementé : l’agrément CASP de Circle France en avril 2026 donne à EURC un avantage direct pour les clients institutionnels.
- Utilisateur soucieux de diversifier son exposition à un seul émetteur : face au risque de concentration pointé par TechTimes autour de Circle, certains professionnels préfèrent répartir leurs avoirs entre EURC, EURe et d’autres EMT comme EURI ou EURCV.
- Voyageur ou travailleur mobile en zone SEPA : l’IBAN attaché au portefeuille EURe simplifie la réception de salaires ou de remboursements depuis plusieurs pays européens, sans multiplier les comptes bancaires locaux.
Migrer vers un stablecoin euro conforme : guide pas à pas
Si vous détenez encore de l’USDT ou si vous cherchez à basculer d’un stablecoin dollar vers un stablecoin euro conforme MiCA, voici la marche à suivre.
- Vérifiez que votre exchange détient bien une licence CASP MiCA. La plupart des grandes plateformes européennes publient cette information dans leurs pages légales, souvent dans le pied de page ou dans une section dédiée à la conformité.
- Confirmez que la plateforme liste EURC ou EURe, selon vos besoins. EURC bénéficie d’une couverture bien plus large sur les exchanges régulés, alors qu’EURe reste concentré sur des intégrations spécifiques.
- Pour EURe, ouvrez un compte Monerium et complétez la vérification d’identité (KYC) requise pour obtenir votre IBAN de portefeuille. Ce processus ressemble à l’ouverture d’un compte bancaire en ligne classique.
- Vérifiez le réseau blockchain compatible avec votre wallet personnel : Ethereum, Solana, Base, Avalanche ou Stellar pour EURC, Ethereum, Gnosis Chain ou Polygon pour EURe. Une erreur de réseau au moment d’un transfert peut entraîner une perte de fonds irréversible.
- Testez la conversion avec un petit montant avant de transférer l’essentiel de votre solde, pour valider que l’adresse et le réseau choisis correspondent bien. Cette étape prend quelques minutes et évite bien des mauvaises surprises.
- Transférez votre solde principal, en tenant compte des frais de réseau au moment de l’opération, qui varient fortement selon la congestion de la chaîne choisie.
- Si vous utilisez EURe, configurez vos coordonnées SEPA pour les allers-retours entre votre compte bancaire et votre portefeuille, en vérifiant les délais de traitement annoncés par Monerium.
- Surveillez les rapports de réserve publiés par l’émetteur choisi, pour vous assurer que la couverture reste conforme aux exigences de MiCA dans le temps. Un changement de composition des réserves mérite toujours d’être suivi de près.
Avantages et inconvénients de chaque stablecoin
EURC :
- Avantages : liquidité dominante sur le segment euro, présence sur cinq blockchains majeures, statut EMT reconnu au registre de l’ESMA, accès à un prestataire de conservation agréé via Circle France, compatibilité technique directe avec tout l’écosystème USDC déjà déployé.
- Inconvénients : dépendance à un seul émetteur pointée par les régulateurs européens, absence de fonctionnalité bancaire native comme l’IBAN-pour-wallet, modèle davantage orienté trading et DeFi qu’usage bancaire quotidien.
EURe :
- Avantages : intégration bancaire unique avec IBAN directement lié au portefeuille, ancienneté de l’émetteur sur le marché de la monnaie électronique européenne, adossement revendiqué à 100 % en dépôts bancaires de l’UE, couverture géographique étendue au Royaume-Uni et à la Suisse.
- Inconvénients : liquidité nettement plus faible que celle d’EURC, absence des principaux registres EMT cités par la presse spécialisée mi-2026, disponibilité restreinte sur les exchanges centralisés, frais de service potentiellement plus élevés pour les usages transactionnels classiques.
Risques et zones grises à surveiller
Pour EURC, le risque principal n’est pas technique mais réglementaire. L’article de TechTimes de juillet 2026 souligne que la concentration du marché EMT autour de Circle inquiète suffisamment les régulateurs pour déclencher une réécriture des règles de réserve MiCA. Si cette révision aboutit, les contraintes opérationnelles de Circle pourraient évoluer, avec un effet direct sur EURC. S’ajoute un risque classique de concentration bancaire, puisque les réserves reposent sur un nombre limité d’établissements partenaires.
Pour EURe, le risque tient d’abord à l’échelle. Une liquidité plus faible signifie un risque de slippage accru sur les marchés DeFi en période de tension. Ensuite, l’absence d’EURe dans les listes d’EMT officiellement enregistrés à l’ESMA que citent plusieurs médias en 2026 crée une zone grise : Monerium revendique la conformité MiCA, mais cette reconnaissance n’a pas la même visibilité publique que celle de Circle. Aucun incident de dépeg majeur n’a été rapporté pour l’un ou l’autre jeton à ce jour, ce qui reste un point positif commun aux deux stablecoins euro.
Un dernier point mérite votre attention : la réécriture des règles MiCA évoquée par TechTimes pourrait, à terme, ouvrir la porte à de nouveaux émetteurs euro capables de rivaliser avec EURC, ou au contraire durcir les conditions d’accès au statut EMT et renforcer davantage la position de Circle. Dans les deux cas, le paysage du stablecoin euro décrit dans cet article n’est pas figé, et il vaut mieux revérifier le statut réglementaire de votre jeton avant chaque décision d’allocation importante.
Le verdict : EURC ou EURe en 2026 ?
Les chiffres tranchent nettement en faveur d’EURC pour l’usage général. Avec environ 445 millions de dollars sous gestion, soit près de 7 fois la taille de son plus proche concurrent euro, une présence sur cinq blockchains et un accès CASP dédié via Circle France depuis avril 2026, EURC s’impose comme le choix par défaut pour trader, épargner ou fournir de la liquidité DeFi en euro. Sa reconnaissance au registre EMT de l’ESMA lui donne aussi un avantage de confiance difficile à égaler à court terme pour un particulier prudent.
EURe garde néanmoins une carte à jouer que la taille du marché ne mesure pas : son IBAN natif attaché au portefeuille. Pour une fintech, une plateforme de paie ou un service qui doit relier des rails SEPA classiques à la blockchain sans friction, cette fonctionnalité vaut plus que la profondeur de marché. Le verdict pratique tient donc en une phrase : EURC pour la liquidité et l’échelle, EURe pour l’intégration bancaire programmable. Beaucoup d’acteurs professionnels finiront par utiliser les deux, chacun pour l’usage où il excelle, plutôt que de miser sur un seul jeton pour tous leurs besoins en euro numérique.
Un dernier repère chiffré résume bien la situation actuelle : sur un marché euro stablecoin total d’environ 1,06 milliard de dollars, EURC en capte à lui seul près de 42 %. Tant que ce rapport de force ne bouge pas, la recommandation par défaut reste la même pour la majorité des lecteurs, avec EURe réservé aux cas d’usage bancaires précis où son IBAN natif justifie le compromis sur la liquidité.
Questions fréquentes
EURC et EURe sont-ils vraiment conformes à MiCA ?
EURC détient une reconnaissance EMT visible dans le registre de l’ESMA depuis juillet 2024. EURe se revendique conforme via le statut d’EMI de Monerium, mais n’apparaît pas dans les mêmes listes d’EMT officiellement enregistrés citées par la presse spécialisée mi-2026.
Quel stablecoin euro offre la meilleure liquidité en 2026 ?
EURC, avec environ 445 millions de dollars sous gestion et une part de marché euro estimée entre 40 et 45 %, domine très largement la liquidité disponible sur les exchanges et dans les pools DeFi.
Peut-on utiliser EURe pour recevoir un virement bancaire classique ?
Oui, c’est la fonctionnalité phare de Monerium. Chaque portefeuille compatible reçoit un IBAN, ce qui permet de recevoir un virement SEPA directement sur une adresse blockchain.
Pourquoi l’USDT a-t-il disparu des exchanges européens régulés ?
Tether n’a jamais obtenu l’autorisation de jeton de monnaie électronique exigée par MiCA. Les plateformes licenciées ne pouvaient plus le proposer légalement à leurs utilisateurs européens après le 1er juillet 2026.
EURC dépend-il trop de Circle pour être un choix sûr ?
C’est précisément la critique que relaie TechTimes en juillet 2026 : la concentration du marché EMT autour d’un seul émetteur a poussé l’UE à réexaminer les règles de réserve MiCA. Ce n’est pas un signal de danger immédiat, mais un point de vigilance à moyen terme.
Sur quelles blockchains puis-je utiliser EURC ?
Ethereum, Solana, Avalanche, Base et Stellar, avec un système de transfert inter-chaînes via le protocole CCTP V2 de Circle.
EURe est-il disponible sur les grands exchanges centralisés ?
Sa présence reste limitée par rapport à EURC. EURe circule surtout via les intégrations directes avec des fintechs et des protocoles DeFi plutôt que sur les grandes plateformes de trading centralisées.
Existe-t-il d’autres stablecoins euro à surveiller en 2026 ?
Oui. EURI (Banking Circle), EURCV (Société Générale-Forge), EUROe, EURQ et EURS complètent la liste des jetons alignés sur MiCA, même si aucun ne s’approche de la taille d’EURC en 2026.
Combien coûte un transfert d’EURC ou d’EURe ?
Dans les deux cas, un transfert on-chain classique ne coûte que les frais de réseau (gas) de la blockchain utilisée. EURe peut ajouter des frais de service lorsqu’un virement SEPA entre en jeu, tandis qu’EURC reste gratuit côté émetteur pour les clients institutionnels via Circle Mint.
Peut-on convertir facilement de l’EURC vers de l’EURe, ou inversement ?
La conversion directe entre les deux jetons n’est pas standardisée sur les grands exchanges. La méthode la plus fiable consiste à repasser par un compte bancaire en euros, ou à utiliser un pool de liquidité DeFi qui accepte les deux stablecoins, quand un tel pool existe avec une profondeur suffisante.
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