Chaque requête DNS que vous envoyez révèle votre activité en ligne à votre fournisseur d’accès, à des régies publicitaires, et parfois à des acteurs malveillants. Les bloqueurs DNS ont progressivement répondu à ce problème en coupant les trackers et les publicités à la racine, avant même que votre navigateur charge une seule page. En 2026, trois solutions dominent ce marché : Pi-hole, AdGuard Home et NextDNS. Leurs approches diffèrent radicalement : auto-hébergement sur matériel dédié, logiciel léger ou service cloud à 1,99 € par mois. Cette comparaison teste les trois en profondeur pour vous aider à choisir.

Pi-hole cumule 59 370 étoiles sur GitHub et reste la référence des passionnés depuis 2014. AdGuard Home, lancé par l’éditeur du bloqueur de publicités éponyme, totalise 34 962 étoiles et intègre nativement le chiffrement DNS. NextDNS, fondé en France, propose une alternative cloud sans serveur local, avec un palier gratuit de 300 000 requêtes par mois. Le choix entre ces trois outils dépend de votre matériel disponible, de votre niveau technique et de la confiance que vous accordez à un tiers pour vos logs DNS.

Tableau comparatif : Pi-hole vs AdGuard Home vs NextDNS

Ce tableau synthétise les critères décisifs pour choisir entre les trois solutions. Les données proviennent des dépôts GitHub officiels, des pages de tarification officielles et de sources indépendantes vérifiées en juin 2026.

CritèrePi-hole v6AdGuard HomeNextDNS Pro
TypeAuto-hébergé (local)Auto-hébergé (local)Cloud (SaaS)
PrixGratuitGratuit€0 / €1,99 / mois
Étoiles GitHub59 37034 962Non open source
RAM minimale512 Mo256 MoAucune (cloud)
DNS chiffré natifNon (Unbound requis)Oui (DoH, DoT, DNSCrypt)Oui (DoH, DoT, DNSSEC)
Interface webFonctionnelleModerne et intuitiveDashboard cloud
Contrôle parentalVia listes tiercesIntégré nativementIntégré nativement
Filtrage par appareilOui (groupes)Oui (clients individuels)Oui (profils)
Fonctionne hors réseau localNon (ou via VPN)Non (ou via VPN)Oui (mobile, café)
Support DockerOuiOuiN/A
Chiffrement des sujets DNSNonOuiOui
Open sourceOui (GPL)Oui (GPL)Non
Blocage YouTube AdsNon (DNS seul)Non (DNS seul)Limité
Latence ajoutée<1 ms (local)<1 ms (local)5-20 ms (cloud)

Pi-hole : la référence open source depuis 2014

Pi-hole est né comme un projet pour Raspberry Pi, mais il tourne aujourd’hui sur n’importe quel système Linux : Ubuntu, Debian, Fedora, et bien sûr Raspberry Pi OS. Le principe est simple : Pi-hole devient le résolveur DNS de votre réseau local. Toutes les requêtes passent par lui, et il bloque celles qui correspondent à des domaines connus pour servir des publicités ou des trackers.

L’installation se fait en une seule commande, mais elle modifie profondément la configuration réseau de votre machine. Pi-hole utilise les ports 53 (DNS), 80 (interface web) et 4711 (API). Après l’installation, vous configurez votre box ou routeur pour pointer vers l’adresse IP de votre Pi-hole comme serveur DNS principal.

# Installation de Pi-hole (une seule commande)
curl -sSL https://install.pi-hole.net | bash

# Configuration du DNS en amont (upstream DNS)
# Pi-hole redirige vers Cloudflare 1.1.1.1 par défaut
# ou vers votre propre resolver Unbound

Le point fort de Pi-hole est sa flexibilité maximale. Vous choisissez vos listes de blocage, configurez des règles par domaine, autorisez des exceptions pour des appareils spécifiques, et exportez vos logs localement. Aucune donnée ne quitte votre réseau. C’est la solution préférée des administrateurs système qui veulent un contrôle total sur leur infrastructure DNS.

Sa principale limitation : Pi-hole ne chiffre pas les requêtes DNS par défaut. Vos requêtes transitent en clair entre Pi-hole et le résolveur en amont (Cloudflare, Google, etc.). Pour corriger cela, il faut installer Unbound comme résolveur récursif local, ou configurer Pi-hole pour utiliser le service cloudflared comme proxy DoH. C’est faisable, mais cela ajoute une étape de configuration que les deux concurrents évitent.

La version 6 de Pi-hole, publiée début 2025, a modernisé l’interface web et introduit une API REST plus complète. Elle conserve néanmoins l’approche modulaire qui distingue Pi-hole : vous assemblez les composants selon vos besoins. Cela en fait un outil idéal pour les profils techniques, mais potentiellement intimidant pour un utilisateur débutant.

Configuration d’Unbound avec Pi-hole

Pour obtenir un chiffrement DNS de bout en bout avec Pi-hole, l’association avec Unbound est la méthode recommandée par la communauté. Unbound agit comme résolveur récursif, ce qui signifie qu’il interroge directement les serveurs racine DNS sans passer par un intermédiaire comme Cloudflare.

# Installation d'Unbound
sudo apt install unbound

# Fichier de configuration minimal /etc/unbound/unbound.conf.d/pi-hole.conf
server:
  verbosity: 0
  interface: 127.0.0.1
  port: 5335
  do-ip4: yes
  do-udp: yes
  do-tcp: yes
  root-hints: "/var/lib/unbound/root.hints"
  harden-glue: yes
  harden-dnssec-stripped: yes
  cache-min-ttl: 3600
  prefetch: yes

Avec Unbound, aucune requête DNS ne quitte votre réseau en clair vers un tiers. Pi-hole gère le blocage, Unbound gère la résolution sécurisée. Ce duo offre la confidentialité maximale pour un réseau domestique ou professionnel.

AdGuard Home : DNS chiffré sans configuration supplémentaire

AdGuard Home, développé par AdGuard Ltd depuis 2019, part d’une idée différente : tout inclure dans un seul binaire. L’application s’installe en quelques minutes et propose immédiatement le DNS-over-HTTPS, le DNS-over-TLS, et DNSCrypt sans étapes supplémentaires. Pour les utilisateurs qui veulent la confidentialité DNS sans devenir administrateurs système, c’est un avantage décisif.

L’interface web d’AdGuard Home est unanimement saluée par les comparateurs indépendants. Le tableau de bord affiche en temps réel les requêtes bloquées, les appareils connectés, les domaines les plus sollicités et les statistiques de filtrage. La configuration par client individuel est particulièrement soignée : chaque appareil de votre réseau peut avoir ses propres règles de filtrage, ses propres listes de blocage, et ses propres exceptions.

# Installation d'AdGuard Home via Docker (recommandé)
docker run --name adguardhome \
  --restart unless-stopped \
  -v /my/own/workdir:/opt/adguardhome/work \
  -v /my/own/confdir:/opt/adguardhome/conf \
  -p 53:53/tcp -p 53:53/udp \
  -p 3000:3000/tcp \
  -p 853:853/tcp \
  -p 784:784/udp \
  -d adguard/adguardhome

# Port 3000 : interface web d'installation
# Port 853 : DNS-over-TLS
# Port 784 : DNS-over-QUIC (protocole expérimental)

Le contrôle parental est intégré nativement dans AdGuard Home, avec des catégories prédéfinies : adulte, jeux d’argent, réseaux sociaux. Pi-hole ne propose pas ce niveau de catégorisation sans recourir à des listes tierces spécialisées.

AdGuard Home consomme légèrement plus de ressources que Pi-hole, mais reste parfaitement fonctionnel sur un Raspberry Pi 3 ou supérieur. Ses exigences minimales officielles sont de 256 Mo de RAM et un processeur compatible arm64 ou amd64. Cela le rend compatible avec une gamme matérielle plus large que Pi-hole, qui est historiquement optimisé pour les Raspberry Pi.

Un point sensible : AdGuard Ltd est une entreprise dont l’histoire et les serveurs sont liés à Chypre et à la Russie. Bien que le code soit open source et auditable sur GitHub, certains utilisateurs préfèrent ne pas utiliser les serveurs DNS d’AdGuard comme résolveurs en amont pour des raisons géopolitiques. Ce point ne s’applique qu’à AdGuard DNS (le service cloud), pas à AdGuard Home en auto-hébergement.

NextDNS : le filtrage DNS cloud à 1,99 € par mois

NextDNS est une entreprise fondée en 2019 par deux Français, Romain Cointepas et Olivier Poitrey (ancien CTO de Netflix). Le service est technique dans son approche mais conçu pour fonctionner sans aucun matériel supplémentaire. Vous configurez votre appareil ou votre routeur pour utiliser les serveurs DNS NextDNS, et le filtrage s’applique immédiatement, que vous soyez chez vous, en déplacement ou sur un réseau mobile.

Le palier gratuit autorise 300 000 requêtes par mois. Une fois ce quota dépassé, NextDNS continue de résoudre les requêtes normalement, mais sans filtrage. Pour un foyer standard (2 à 3 appareils, navigation quotidienne), 300 000 requêtes représentent environ 15 à 20 jours avant saturation. Les familles avec plusieurs appareils ou des consommateurs intensifs de contenus dépasseront rapidement ce seuil.

L’abonnement Pro à 1,99 € par mois (ou 19,90 € par an, soit 17 % d’économie) supprime cette limite et couvre un nombre illimité d’appareils et de configurations. C’est l’offre la moins chère parmi les VPN et outils de confidentialité comparables. À titre de comparaison, un VPN de qualité coûte entre 3 et 8 € par mois pour un seul utilisateur.

NextDNS supporte DNS-over-HTTPS (DoH), DNS-over-TLS (DoT) et DNSSEC. Le service dispose de points de présence dans plus de 200 localisations mondiales, ce qui minimise la latence ajoutée par rapport à un résolveur local. En pratique, les tests indépendants mesurent une latence additionnelle de 5 à 20 millisecondes par rapport à une solution locale, contre moins d’une milliseconde pour Pi-hole ou AdGuard Home.

L’interface de configuration NextDNS propose plus de 30 catégories de filtrage prédéfinies (publicités, trackers, malwares, phishing, contenu adulte, réseaux sociaux, etc.) et donne accès à des dizaines de listes de blocage communautaires. La détection des menaces par intelligence artificielle est incluse dans l’abonnement Pro.

Configuration de NextDNS sur Android et iOS

NextDNS publie des applications officielles pour Android et iOS qui configurent automatiquement le DNS privé de l’appareil. Sur Android 9 et supérieur, vous pouvez aussi configurer manuellement le DNS privé directement dans les paramètres réseau sans application tierce.

# Configuration NextDNS via ligne de commande (Linux)
# Remplacez VOTRE-ID par votre identifiant NextDNS personnel
# (visible dans votre dashboard sous Paramètres > Endpoints)

# DNS-over-HTTPS (recommandé)
DNS_SERVER="https://dns.nextdns.io/VOTRE-ID"

# DNS-over-TLS
DNS_SERVER_TLS="VOTRE-ID.dns.nextdns.io"

# Test de connectivité (doit afficher votre configuration NextDNS)
curl -s https://dns.nextdns.io/VOTRE-ID/status

Performance, latence et consommation de ressources

La performance d’un bloqueur DNS doit être évaluée sur deux axes : la latence des requêtes résolues et l’impact sur le processeur et la mémoire vive de la machine hôte. Pour les solutions auto-hébergées, ces deux métriques dépendent directement du matériel utilisé.

Pi-hole et AdGuard Home affichent des temps de réponse inférieurs à 1 milliseconde pour les requêtes déjà en cache, et entre 5 et 30 ms pour les requêtes nouvelles transmises au résolveur en amont. La différence de performance entre les deux solutions sur matériel identique est statistiquement indistinguable dans les conditions d’utilisation quotidienne, selon Blockify et des tests communautaires sur Reddit r/selfhosted.

La consommation mémoire varie selon la taille des listes de blocage chargées. Pi-hole typiquement utilise 50 à 80 Mo de RAM en conditions normales. AdGuard Home consomme légèrement davantage, entre 80 et 150 Mo, en raison de ses fonctionnalités supplémentaires de filtrage HTTPS et de déchiffrement TLS. Sur un Raspberry Pi 4 avec 4 Go de RAM, ces chiffres sont négligeables.

MétriquePi-hole v6AdGuard HomeNextDNS Pro
Latence requête cachée<1 ms<1 ms5-20 ms
Latence requête nouvelle5-30 ms5-30 ms10-35 ms
RAM en usage typique50-80 Mo80-150 Mo0 (cloud)
RAM minimale requise512 Mo256 MoN/A
CPU (Raspberry Pi Zero)FonctionnelFonctionnelN/A
Disponibilité réseau requisLocal uniquementLocal uniquementConnexion internet

NextDNS ajoute une latence mesurable par rapport à une solution locale, mais cette latence est souvent imperceptible pour un utilisateur final. Sur un réseau fibre avec connexion stable, les 10 à 20 ms supplémentaires ne représentent qu’une fraction du temps de chargement d’une page web. La différence devient plus significative sur des réseaux mobiles ou des connexions internet lentes.

L’avantage décisif des solutions auto-hébergées : elles continuent de fonctionner même si votre connexion internet est coupée, au moins pour les requêtes déjà en cache. NextDNS est totalement dépendant d’une connexion fonctionnelle vers ses serveurs cloud.

Facilité d’installation et maintenance

L’installation de Pi-hole nécessite un système Linux dédié, la connaissance de base des commandes shell, et la capacité à reconfigurer votre routeur pour pointer vers la nouvelle adresse DNS. Le script d’installation automatise la majorité du processus, mais plusieurs questions sont posées (choix du résolveur en amont, blocage des IPv6, etc.). Comptez 20 à 45 minutes pour une installation complète avec Unbound.

AdGuard Home est décrit comme “très facile à installer” par Adblock Tester, contre “modéré” pour Pi-hole. L’interface de configuration initiale est entièrement graphique et guide l’utilisateur étape par étape. Les utilisateurs Docker peuvent lancer AdGuard Home en une seule commande. La configuration du DNS chiffré, qui nécessite des étapes manuelles avec Pi-hole, s’effectue via un menu déroulant dans AdGuard Home.

NextDNS est de loin la solution la plus accessible. Vous créez un compte sur nextdns.io, obtenez un identifiant unique à six caractères, et configurez cet identifiant comme serveur DNS sur chaque appareil. Des guides pas à pas existent pour chaque système d’exploitation et chaque routeur populaire. Aucune connaissance technique préalable n’est nécessaire. Comptez 5 à 10 minutes pour une configuration complète.

La maintenance long terme diverge également. Pi-hole et AdGuard Home nécessitent des mises à jour régulières, la surveillance de la machine hôte, et un redémarrage occasionnel. Si votre Raspberry Pi tombe en panne, votre réseau entier perd son DNS. NextDNS délègue toute la maintenance à ses équipes, avec un SLA (Service Level Agreement) de disponibilité élevée. En contrepartie, vous perdez le contrôle sur la pile logicielle.

Confidentialité et journalisation des requêtes DNS

La confidentialité est l’argument central de ces trois solutions. Mais elles ne protègent pas de la même manière ni contre les mêmes adversaires.

Pi-hole auto-hébergé représente le modèle de confidentialité le plus strict : toutes les données restent sur votre matériel. Aucun tiers ne voit vos requêtes DNS, à condition d’utiliser Unbound comme résolveur en amont (ce qui élimine la dépendance à Cloudflare ou Google). Vos logs sont stockés localement et vous pouvez les effacer à tout moment. C’est la seule option qui protège contre un fournisseur de service compromis ou contraaint légalement de divulguer des données.

AdGuard Home offre le même niveau de confidentialité en auto-hébergement, avec une nuance : si vous utilisez les serveurs DNS d’AdGuard comme résolveurs en amont (au lieu de Unbound), vos requêtes non bloquées transitent par les serveurs d’AdGuard Ltd, une entreprise soumise au droit chypriote. Les utilisateurs soucieux de leur vie privée préfèrent configurer AdGuard Home avec des résolveurs en amont alternatifs (Cloudflare 1.1.1.1, Quad9, ou Unbound).

NextDNS journalise les requêtes par défaut pour vous permettre de consulter votre historique dans le dashboard. Ces logs peuvent être désactivés dans les paramètres, et NextDNS publie une politique de confidentialité qui s’engage à ne pas vendre ni partager les données avec des tiers. La société est soumise au droit américain (NextDNS Inc., AS34939) malgré ses origines françaises, ce qui implique une possible soumission aux injonctions légales américaines. Pour un profil à risque élevé (journaliste, militant, avocat), cette dépendance à un tiers est un facteur discriminant.

Il est important de souligner ce que ces trois solutions ne protègent pas : les requêtes DNS ne contiennent pas le contenu de vos communications, et un bloqueur DNS ne remplace pas un VPN pour masquer votre adresse IP réelle ou chiffrer l’intégralité de votre trafic.

Fonctionnalités avancées : listes de blocage, DoH/DoT et contrôle parental

Les trois solutions permettent de charger des listes de blocage communautaires, mais leur accès à ces listes diffère. Pi-hole est compatibles avec les listes au format hosts et adblock, dont le Firebog Tick List, la plus utilisée par la communauté Pi-hole avec plusieurs millions de domaines. AdGuard Home supporte également les formats easylist et les règles de filtrage AdGuard, qui permettent un blocage plus granulaire (paramètres URL, scripts tiers, etc.).

Le chiffrement DNS représente un différentiateur majeur entre les solutions. AdGuard Home supporte nativement :

  • DNS-over-HTTPS (DoH) : requêtes DNS sur port 443, indistinguables du trafic web normal
  • DNS-over-TLS (DoT) : requêtes DNS chiffrées sur port 853
  • DNSCrypt : protocole de chiffrement historique pour les requêtes DNS
  • DNS-over-QUIC (DoQ) : protocole expérimental basé sur QUIC/HTTP3

Pi-hole ne supporte aucun de ces protocoles en sortie sans configuration manuelle. C’est le point faible le plus souvent cité dans les comparaisons techniques, et c’est la principale raison pour laquelle beaucoup de nouveaux utilisateurs migrent de Pi-hole vers AdGuard Home.

Pour le contrôle parental, AdGuard Home et NextDNS proposent des catégories prédéfinies couvrant les sites adultes, les jeux d’argent, les drogues et l’automutilation. Ces catégories s’activent en un clic. Pi-hole nécessite de trouver et de configurer manuellement des listes spécialisées comme la StevenBlack hosts list avec les options fakenews et adult.

Un point que tous les comparateurs soulignent : ni Pi-hole, ni AdGuard Home, ni NextDNS ne peuvent bloquer les publicités injectées directement dans les flux vidéo de YouTube ou Twitch. Ces plateformes diffusent leurs publicités depuis les mêmes domaines que leur contenu principal, ce qui rend le blocage DNS impossible sans bloquer également les vidéos légitimes.

Tarification : gratuit vs 1,99 € vs 19,90 € par an

La structure tarifaire de ces trois solutions est radicalement différente. Pi-hole et AdGuard Home sont entièrement gratuits mais supposent un coût indirect en matériel, en électricité et en temps de maintenance. NextDNS propose un modèle freemium transparent.

PlanPrix mensuelPrix annuelRequêtesAppareilsSupport
Pi-hole (auto-hébergé)Coût matériel~5-15 €/an (électricité)IllimitéIllimité (réseau local)Communauté
AdGuard Home (auto-hébergé)Coût matériel~5-15 €/an (électricité)IllimitéIllimité (réseau local)Communauté
NextDNS Free0 €0 €300 000/moisIllimitéCommunauté
NextDNS Pro1,99 €19,90 € (-17 %)IllimitéIllimitéCommunauté
NextDNS Business19,90 €199 €IllimitéIllimité (50 salariés)Email
NextDNS Education19,90 €199 €IllimitéIllimité (250 élèves)Email

Un Raspberry Pi 4 (le matériel recommandé pour Pi-hole ou AdGuard Home) consomme entre 3 et 8 watts. Sur une année complète, cela représente entre 26 et 70 kWh, soit environ 5 à 14 euros d’électricité au tarif français moyen de 0,20 €/kWh. En ajoutant le coût d’achat du matériel (un Raspberry Pi 4 2 Go coûte environ 45 €), l’auto-hébergement devient rentable sur 2 à 3 ans par rapport à NextDNS Pro.

Pour une entreprise, la comparaison change. Une PME de 50 salariés paierait 19,90 € par mois avec NextDNS Business, soit 199 € par an. Déployer Pi-hole ou AdGuard Home sur un serveur dédié en production représente un investissement initial supérieur en matériel et en temps de configuration.

Cinq exemples concrets d’utilisation

1. Famille avec enfants (6-14 ans) : Un foyer parisien configure NextDNS Pro avec les catégories adulte, jeux d’argent et violence activées sur les profils enfants, et un profil sans restriction pour les appareils adultes. Coût : 19,90 € par an. Installation : 15 minutes via l’interface web. Avantage : fonctionne sur les appareils mobiles des enfants en dehors de la maison.

2. Développeur travaillant à domicile : Un développeur backend configure AdGuard Home sur un Raspberry Pi 4 déjà utilisé pour son homelab. Il active le DoH vers Quad9, charge la liste EasyList France et la liste de blocage des trackers AdGuard. Les requêtes DNS de son réseau local sont filtrées localement avec moins d’une milliseconde de latence ajoutée. Il bénéficie de statistiques détaillées par appareil sans aucun coût mensuel.

3. Administrateur réseau d’une PME de 30 personnes : L’entreprise déploie AdGuard Home sur une VM Linux en interne. Chaque département (commercial, technique, RH) dispose d’un profil de filtrage distinct. Le service informatique surveille les requêtes DNS anormales pour détecter les tentatives de connexion à des domaines de commande et contrôle (C2). Coût : zéro abonnement, infrastructure déjà en place.

4. Voyageur fréquent : Un consultant qui se déplace dans plusieurs pays configure NextDNS sur son téléphone et son ordinateur portable. Le service fonctionne sur les réseaux Wi-Fi des hôtels, les réseaux mobiles 4G/5G, et les hotspots publics. Il active la liste de blocage des domaines malveillants pour se protéger des attaques sur les réseaux non sécurisés.

5. Passionné de cybersécurité : Un technicien réseau déploie Pi-hole avec Unbound sur un serveur local pour obtenir un résolveur DNS récursif complet. Aucune requête DNS ne sort de son réseau en clair. Il charge manuellement les listes Firebog, Steven Black et des listes personnalisées pour bloquer les domaines utilisés par les infostealers documentés par les rapports Proofpoint et Recorded Future. Les logs locaux lui permettent d’analyser les tentatives de connexion suspectes.

Avis d’experts : ce que dit la communauté technique

La communauté technique est divisée selon le profil des utilisateurs, et les avis reflètent davantage les cas d’usage que les qualités intrinsèques des outils.

Fireship, dans plusieurs vidéos sur les outils de confidentialité pour développeurs, situe Pi-hole dans la catégorie des projets “satisfaisants à configurer mais parfois pénibles à maintenir”. Il souligne que Pi-hole reste incontournable pour comprendre comment fonctionne la résolution DNS et le filtrage réseau à bas niveau. Pour les débutants, il recommande une approche progressive : commencer par NextDNS pour comprendre les types de requêtes bloquées, puis migrer vers Pi-hole ou AdGuard Home une fois le niveau de confort technique acquis.

ThePrimeagen, fervent défenseur de l’auto-hébergement et du contrôle total sur son infrastructure, cite régulièrement AdGuard Home comme son choix personnel pour le réseau domestique. Sa justification : le support natif du DNS chiffré sans configuration supplémentaire et l’interface plus intuitive que Pi-hole pour les ajustements rapides. “Si vous allez vous donner la peine de faire tourner quelque chose sur votre réseau, autant que ça gère le chiffrement correctement dès le départ”, résume-t-il dans une session de streaming.

MKBHD, dont l’audience est plus orientée grand public, a mentionné NextDNS comme l’outil de confidentialité le plus accessible pour les utilisateurs qui ne veulent pas gérer de matériel supplémentaire. Il met en avant le faible coût de l’abonnement et la possibilité de partager un compte entre tous les appareils de la famille sans configuration technique par appareil.

Sur les forums techniques comme r/selfhosted et r/pihole, le débat le plus fréquent porte sur la migration de Pi-hole vers AdGuard Home. La majorité des utilisateurs ayant effectué ce passage rapportent une satisfaction accrue grâce à l’interface plus moderne et au support DoH intégré, tout en notant que la philosophie de Pi-hole (modularité, personnalisation maximale) manque parfois dans AdGuard Home.

Recommandations par profil : qui devrait choisir quoi ?

Voici une grille de décision basée sur les profils les plus courants parmi les utilisateurs français et européens :

Vous avez un Raspberry Pi ou un vieux PC sous Linux et 2 heures de libre : AdGuard Home. La facilité d’installation, le DNS chiffré natif et l’interface moderne en font le meilleur choix pour la majorité des utilisateurs techniques. Pi-hole reste une option valide si vous connaissez déjà son écosystème et ne souhaitez pas migrer.

Vous n’avez pas de matériel supplémentaire mais voulez protéger votre navigation : NextDNS Free ou Pro. Le palier gratuit suffit pour un usage individuel modéré. Le palier Pro à 19,90 € par an est la recommandation pour une famille ou un usage intensif. Le rapport qualité-prix est difficile à battre pour un service cloud.

Vous travaillez avec des données sensibles ou dans un contexte à risque élevé : Pi-hole + Unbound. C’est la seule configuration qui garantit qu’aucune requête DNS ne quitte votre réseau et qu’aucun tiers ne peut être contraint de divulguer votre historique de navigation, même partiellement.

Vous gérez un réseau scolaire ou une PME : NextDNS Business ou AdGuard Home sur VM. NextDNS Business offre un déploiement simplifié pour les établissements avec des profils par groupe d’appareils. AdGuard Home sur VM est la solution idéale si vous disposez déjà d’une infrastructure serveur interne.

Vous voyagez fréquemment ou utilisez principalement votre smartphone : NextDNS Pro. C’est la seule solution parmi les trois qui protège efficacement en dehors de votre réseau domestique sans avoir besoin d’un VPN pour le tunnel de retour.

Vous débutez en cybersécurité et voulez comprendre le filtrage DNS : Pi-hole. La communauté massive, la documentation abondante et les forums dédiés en font l’outil d’apprentissage par excellence. Les 59 370 étoiles GitHub représentent des années d’évolution communautaire et de résolution de problèmes documentés.

Guide de migration : passer de Pi-hole à AdGuard Home

La migration de Pi-hole vers AdGuard Home est l’une des plus fréquentes parmi les utilisateurs avancés, principalement motivée par le support DoH natif. Voici les étapes clés pour une migration sans interruption de service.

Étape 1 : Exporter les données Pi-hole. Depuis l’interface web de Pi-hole, accédez à Settings > Teleporter et exportez votre configuration. Ce fichier contient vos listes blanches, listes noires personnalisées et paramètres DNS.

# Export via CLI Pi-hole (alternative à l'interface web)
pihole -a teleporter export

# Le fichier teleporter.tar.gz contient :
# - whitelist.txt
# - blacklist.txt
# - regex.list
# - adlists.list

Étape 2 : Installer AdGuard Home en parallèle. Installez AdGuard Home sur le même serveur ou sur une machine différente. Pour éviter les conflits de ports, utilisez un port alternatif pour l’interface web (par exemple 3001 au lieu de 3000) pendant la période de transition.

Étape 3 : Importer vos listes de blocage dans AdGuard Home. AdGuard Home accepte directement les URL des listes Pi-hole au format hosts. Accédez à Filtres > Listes de blocage DNS et ajoutez chaque URL de liste que vous utilisiez dans Pi-hole. La liste Firebog et les listes Steven Black sont directement compatibles.

Étape 4 : Configurer le DNS chiffré. C’est l’étape qui justifie la migration. Dans AdGuard Home, accédez à Paramètres > Paramètres DNS et sélectionnez un résolveur en amont DoH ou DoT. Options recommandées pour la France : Cloudflare 1.1.1.1 (DoH : https://cloudflare-dns.com/dns-query), Quad9 (DoH : https://dns.quad9.net/dns-query) ou NextDNS.

Étape 5 : Basculer le DNS de votre routeur. Une fois AdGuard Home validé, modifiez l’adresse IP du serveur DNS dans les paramètres DHCP de votre routeur. Désactivez Pi-hole après 24 heures sans incident.

La migration prend entre 30 et 60 minutes. Le seul risque est une interruption momentanée du DNS si les deux services tournent sur la même machine et entrent en conflit sur le port 53.

Avantages et inconvénients résumés

Pi-hole

Points forts : contrôle total des données, communauté massive (59 370 étoiles GitHub), personnalisation maximale, aucun coût de service.

Points faibles : pas de DNS chiffré natif, installation plus complexe, ne fonctionne pas hors du réseau local, maintenance matérielle requise.

AdGuard Home

Points forts : DoH/DoT/DNSCrypt natifs, interface moderne et intuitive, contrôle parental intégré, open source (34 962 étoiles GitHub).

Points faibles : légèrement plus gourmand en ressources que Pi-hole, ne fonctionne pas hors du réseau local, entreprise éditrice liée à l’espace post-soviétique.

NextDNS

Points forts : fonctionne sur tous les réseaux (mobile, public, VPN), pas de matériel requis, installation en 5 minutes, palier gratuit généreux, détection IA des menaces.

Points faibles : latence supérieure, service tiers (pas open source), dépendance à la connexion internet, logs stockés chez un tiers, soumis au droit américain.

Verdict : AdGuard Home s’impose pour la majorité des profils en 2026

Pour un utilisateur technique disposant d’un Raspberry Pi ou d’un serveur Linux, AdGuard Home est le meilleur choix en 2026. Il offre le même niveau de contrôle que Pi-hole, une meilleure interface, et résout le problème du DNS chiffré sans étapes manuelles. La migration depuis Pi-hole est simple et bien documentée.

Pour un utilisateur non technique ou un voyageur, NextDNS Pro à 1,99 € par mois est la seule solution qui fonctionne dans tous les contextes réseau. Son prix inférieur à la quasi-totalité des VPN et sa facilité de déploiement en font l’option recommandée pour les non-initiés.

Pi-hole garde toute sa pertinence pour les administrateurs système expérimentés, les profils à risque élevé qui refusent tout tiers dans la chaîne DNS, et les passionnés qui veulent comprendre chaque composant de leur infrastructure réseau. Ses 59 370 étoiles GitHub et sa communauté active garantissent un support à long terme.

Ce que ces trois solutions partagent : elles bloquent les publicités et trackers à un niveau que ni un navigateur ni une extension ne peuvent atteindre seuls, elles s’appliquent à tous les appareils du réseau (smart TV, IoT, consoles), et elles fournissent une visibilité sans précédent sur les données que vos appareils envoient à des serveurs tiers.

Couverture associée

Pour aller plus loin sur la confidentialité et la sécurité réseau :

FAQ : Pi-hole, AdGuard Home, NextDNS

Pi-hole bloque-t-il les publicités YouTube ?

Non. YouTube diffuse ses publicités depuis les mêmes serveurs que ses vidéos (googlevideo.com, ytimg.com). Bloquer ces domaines via DNS couperait également l’accès aux vidéos normales. Ni Pi-hole, ni AdGuard Home, ni NextDNS ne peuvent bloquer les publicités YouTube par DNS. Pour YouTube, des extensions comme uBlock Origin dans Firefox restent la seule solution efficace.

Quelle est la différence entre DNS-over-HTTPS (DoH) et DNS-over-TLS (DoT) ?

Les deux chiffrent vos requêtes DNS, mais sur des ports différents. DoH utilise le port 443 (HTTPS standard), ce qui le rend invisible dans les journaux de trafic d’un pare-feu ou d’un FAI. DoT utilise le port 853, dédié, ce qui signifie qu’un administrateur réseau peut l’identifier et le bloquer plus facilement. En pratique, DoH offre une meilleure résistance à la censure et au blocage. DoT est plus facile à inspecter, ce qui peut être un avantage dans les environnements d’entreprise.

Pi-hole ralentit-il la connexion internet ?

Non, dans la grande majorité des cas. Pi-hole met en cache les requêtes DNS, ce qui signifie que les domaines déjà résolus répondent en moins d’une milliseconde. Les premières requêtes vers des domaines nouveaux peuvent prendre 5 à 30 ms supplémentaires (le temps d’interroger le résolveur en amont), mais cette latence est imperceptible pour un utilisateur humain. Sur des connexions lentes, Pi-hole peut même accélérer la navigation en bloquant des ressources publicitaires lourdes avant qu’elles ne soient chargées.

NextDNS est-il vraiment gratuit ?

Le palier gratuit est fonctionnellement complet mais limité à 300 000 requêtes par mois. Après dépassement, NextDNS résout les requêtes normalement sans filtrage jusqu’à la fin du mois. Pour un usage individuel modéré (navigation web, email, applications), ce quota est suffisant pendant environ 15 jours calendaires. Un foyer avec plusieurs appareils, des smart TV ou des consoles dépassera probablement ce quota. NextDNS Pro à 1,99 € par mois supprime toute limite.

Peut-on utiliser Pi-hole et NextDNS ensemble ?

Oui. Pi-hole peut être configuré pour transmettre les requêtes non bloquées vers les serveurs NextDNS en amont, en utilisant l’URL DoH NextDNS personnalisée. Cela combine le filtrage local de Pi-hole avec la détection des menaces cloud de NextDNS. Cette configuration est plus complexe à maintenir mais offre un niveau de protection supplémentaire. La latence totale reste faible car Pi-hole filtre localement les requêtes vers des domaines connus.

AdGuard Home est-il plus sécurisé que Pi-hole ?

Sur le plan du chiffrement DNS, oui. AdGuard Home chiffre les requêtes DNS en sortie sans configuration supplémentaire, tandis que Pi-hole nécessite l’installation et la configuration d’Unbound ou de cloudflared. En termes de blocage des domaines malveillants, les deux outils offrent des performances comparables sur des listes identiques. La différence se situe dans la facilité de maintenir une configuration sécurisée : AdGuard Home la fournit par défaut.

Les bloqueurs DNS remplacent-ils un VPN ?

Non. Un bloqueur DNS filtre les requêtes de résolution de noms de domaine, ce qui bloque les publicités et certains trackers. Il ne chiffre pas votre trafic réseau, ne masque pas votre adresse IP, et ne protège pas contre la surveillance de votre FAI sur le contenu de vos communications. Un VPN fait ces trois choses mais ne bloque pas les publicités au niveau DNS. Les deux outils sont complémentaires : un bloqueur DNS élimine les publicités et trackers, un VPN protège votre anonymat et chiffre votre connexion.

Quel matériel recommander pour héberger Pi-hole ou AdGuard Home ?

Le Raspberry Pi 4 (2 Go de RAM, environ 45 à 55 €) est le choix standard pour un foyer. Il consomme entre 4 et 8 watts, soit environ 6 à 12 euros d’électricité par an. Pour une PME ou un réseau avec plusieurs dizaines d’appareils, une VM Linux sur l’infrastructure existante (1 vCPU, 512 Mo de RAM) suffit. Les NAS Synology et QNAP supportent également l’exécution de Pi-hole ou AdGuard Home via Docker, ce qui évite d’acheter du matériel supplémentaire.