Le bras de fer entre Broadcom et les fournisseurs cloud européens vient de franchir un nouveau seuil. Le 4 septembre 2026, l’association CISPE (Cloud Infrastructure Services Providers in Europe) a publié une déclaration accusant le géant américain des semi-conducteurs et logiciels de mener une politique tarifaire qui met en péril, selon ses propres termes, “la viabilité économique de nombreux services cloud utilisés par les clients en Europe”. Les licences VMware, rachetées par Broadcom fin 2023 pour 69 milliards de dollars, sont au cœur de la tempête. Entre hausses de prix à quatre chiffres, réduction drastique du réseau de partenaires et fin annoncée d’un programme historique, l’industrie du cloud européenne se retrouve face à un choix : payer, migrer, ou se battre devant la Commission européenne.
Ce que révèle la déclaration de CISPE du 4 septembre 2026
CISPE regroupe des dizaines de fournisseurs d’infrastructure cloud actifs en Europe, des acteurs nationaux aux filiales locales de groupes plus larges. Dans son communiqué du 4 septembre, l’association ne mâche pas ses mots. Elle affirme que Broadcom impose “la viabilité économique de nombreux services cloud utilisés par les clients en Europe est menacée par les hausses massives et injustifiées de prix, le reconditionnement des produits, la modification des bases de facturation et l’imposition de conditions de licence logicielle déloyales qui restreignent le choix et enferment clients et partenaires”, selon Network World. La formulation est directe et vise un point précis : le passage forcé à un modèle d’abonnement qui oblige les partenaires à s’engager et à payer à l’avance pour une capacité de virtualisation qu’ils n’utiliseront peut-être jamais.
Ce dernier point mérite d’être détaillé. Avant le rachat par Broadcom, les fournisseurs cloud européens pouvaient acheter des licences VMware à l’usage, en ajustant leur consommation à la demande réelle de leurs clients. Le nouveau modèle impose un engagement ferme sur des volumes fixés à l’avance, ce qui inverse la logique même du cloud à la demande. CISPE résume la situation en une phrase cinglante : “Broadcom’s new terms are the opposite and are in essence anti-cloud, forcing partners to commit and pay in advance for virtualization capacity that they may never need.” Pour une industrie qui a construit son modèle économique sur la flexibilité, l’accusation touche un nerf sensible.
Le communiqué s’inscrit dans la continuité d’une plainte en concurrence déposée plus tôt dans l’année. Dans cette plainte, CISPE écrit noir sur blanc : “In January 2026 Broadcom signalled the termination of its VMware Cloud Service Provider program in Europe.” Ce programme permettait justement aux fournisseurs d’infrastructure cloud d’acheter des licences en marque blanche pour les revendre à leurs propres clients. Sa disparition annoncée réduit mécaniquement le nombre d’acteurs capables de vendre, déployer et maintenir des infrastructures VMware en Europe, renforçant la dépendance des clients restants envers Broadcom directement.
Des hausses de prix qui atteignent 1 500 % selon les membres de CISPE
Le chiffre qui circule depuis plusieurs mois dans la presse spécialisée, et que CISPE a confirmé dans l’annexe de son rapport transmis à la Commission européenne, est vertigineux. L’association l’écrit sans détour : “CISPE members reported price hikes to the Commission ranging from 800% to 1,500%”, peut-on lire dans le rapport annexe de CISPE. Ce ne sont pas des cas isolés remontés par un ou deux fournisseurs mécontents, mais une tendance suffisamment large et documentée pour être versée comme preuve dans une procédure antitrust.
Pour comprendre l’ampleur du choc, il faut revenir à la chronologie du rachat. Broadcom a finalisé l’acquisition de VMware en octobre 2023, pour un montant de 69 milliards de dollars. Dès les premiers mois, l’entreprise a entamé une refonte complète du catalogue de licences VMware, abandonnant la vente de licences perpétuelles au profit d’abonnements groupés dans des suites logicielles plus larges. Cette bascule a immédiatement fait grimper la facture de nombreux clients qui n’utilisaient qu’une fraction des composants inclus dans les nouvelles offres groupées. Trois ans plus tard, en 2026, cette dynamique tarifaire s’est encore durcie, avec la suppression progressive des paliers d’entrée destinés aux petits et moyens fournisseurs cloud européens.
La chronologie des annonces de 2026 illustre la progressivité de la contraction. En janvier 2026, Broadcom a signalé la fin de son programme VMware Cloud Service Provider en Europe. Puis, en mai 2026, le palier partenaire le plus bas de la zone EMEA a été supprimé, excluant de fait une partie des acteurs de taille intermédiaire qui dépendaient de ce niveau d’accès pour rester rentables sur les offres basées sur VMware.
| Date | Événement | Impact pour les fournisseurs cloud européens |
|---|---|---|
| Octobre 2023 | Broadcom finalise le rachat de VMware pour 69 Md$ | Début de la refonte du catalogue de licences |
| 2024-2025 | Fin des licences perpétuelles, passage aux suites groupées | Premières hausses de facturation, cas remontés jusqu’à plusieurs multiples du prix initial |
| Janvier 2026 | Annonce de la fin du programme VMware Cloud Service Provider en Europe | Perte d’accès aux licences en marque blanche pour la revente |
| Mai 2026 | Suppression du palier partenaire EMEA le plus bas | Exclusion des fournisseurs de taille intermédiaire |
| 19 mars 2026 | Premier appel à des mesures provisoires devant la Commission | Ouverture du dossier antitrust européen |
| 15 juillet 2026 | Cinq associations professionnelles demandent conjointement des mesures d’urgence | Élargissement du front à Beltug, Cigref, VOICE et CIO Platform Nederland |
| 4 septembre 2026 | Nouvelle déclaration publique de CISPE ciblant le cloud privé pour l’IA | Escalade de la communication publique du dossier |
Pourquoi la Commission européenne s’intéresse au dossier
La mobilisation ne se limite pas à CISPE. Le 15 juillet 2026, cinq groupes professionnels représentant les intérêts des entreprises utilisatrices de cloud et de logiciels d’entreprise, à savoir CISPE, Beltug, Cigref, VOICE et CIO Platform Nederland, ont adressé une lettre commune aux régulateurs antitrust de l’Union européenne, selon CISPE. Le ton de cette lettre est sans ambiguïté : “We therefore urge you, in the strongest possible terms, to act swiftly and impose interim measures now.” Cette formulation, rarement utilisée dans les échanges avec la Commission, traduit l’urgence ressentie par des organisations qui représentent, à elles cinq, un grand nombre d’entreprises clientes en Europe.
Cette démarche fait suite à une première alerte publique, datée du 19 mars 2026, dans laquelle un regroupement d’acteurs du cloud avait déjà appelé la Commission à envisager des mesures provisoires contre Broadcom concernant VMware. Entre mars et juillet, le dossier s’est donc étoffé, gagnant en soutien institutionnel. Selon les informations disponibles, la Commission européenne aurait commencé à interroger Broadcom sur les changements apportés aux licences VMware, sans qu’une décision finale n’ait été rendue publique à ce stade. Le dossier reste ouvert, et son issue pourrait faire jurisprudence pour d’autres cas de dépendance logicielle critique en Europe.
Fait notable dans la chronologie judiciaire : Broadcom n’est pas resté passif face à cette pression réglementaire. L’entreprise a elle-même engagé une action contre les régulateurs antitrust européens, contestant une demande de documents juridiques américains dans le cadre de l’enquête. Ce geste, plutôt inhabituel pour une entreprise sous enquête, montre que Broadcom entend défendre sa position sur le terrain procédural autant que sur le fond commercial. Pour les fournisseurs cloud européens, cette contre-attaque juridique retarde d’autant la perspective d’une décision rapide, alors que les hausses de tarifs, elles, s’appliquent dès maintenant sur leurs contrats en cours.
Le cloud privé pour l’IA, nouvelle cible de la contestation
La déclaration du 4 septembre 2026 introduit un angle nouveau par rapport aux plaintes précédentes, plus centrées sur les licences de virtualisation classique. CISPE encadre désormais explicitement le différend autour de la tentative de Broadcom de capter le marché du cloud privé destiné à l’intelligence artificielle. L’enjeu est de taille. À mesure que les entreprises européennes cherchent à héberger leurs charges de travail d’IA générative sur des infrastructures privées, pour des raisons de confidentialité des données ou de conformité réglementaire, la plateforme de virtualisation sous-jacente devient un point de passage stratégique. Si cette couche est verrouillée par un fournisseur unique en position de force tarifaire, c’est tout le développement de l’IA privée en Europe qui se retrouve otage de la politique commerciale de Broadcom.
Ce recentrage stratégique n’est pas anodin pour les fournisseurs qui exploitent des clusters Kubernetes ou des plateformes de conteneurs adossés à une couche de virtualisation VMware. De nombreux environnements de cloud privé européens reposent encore sur VMware vSphere ou VMware Cloud Foundation comme socle d’infrastructure, avec des couches d’orchestration de conteneurs déployées par-dessus. Une hausse de coût de licence sur la couche de virtualisation se répercute directement sur le coût total de possession de ces environnements Kubernetes, sans que les équipes techniques n’aient nécessairement de marge de négociation immédiate, faute d’alternative de migration testée à grande échelle dans des délais courts.
Les trois options qui s’offrent aux entreprises européennes
Face à cette situation, les directions informatiques et les fournisseurs de services cloud européens se retrouvent globalement devant trois chemins possibles, chacun avec ses propres compromis techniques et financiers.
Payer et absorber la hausse
La première option, la plus simple à court terme mais la plus coûteuse dans la durée, consiste à accepter les nouvelles conditions tarifaires de Broadcom et à répercuter la hausse sur les clients finaux. C’est la voie choisie par une partie des grands fournisseurs, qui disposent de la surface financière nécessaire pour absorber temporairement le choc, quitte à ajuster leurs propres grilles tarifaires dans la foulée. Cette stratégie explique en partie pourquoi certains fournisseurs cloud européens ont eux-mêmes procédé à des augmentations tarifaires marquées sur leurs offres de virtualisation et de location de serveurs au cours de l’année écoulée, un phénomène déjà documenté sur le marché français de l’hébergement.
Migrer vers des alternatives open source ou natives Kubernetes
La deuxième option consiste à engager une migration vers des plateformes alternatives. Proxmox Virtual Environment, solution open source développée par une entreprise autrichienne, gagne du terrain chez les hébergeurs européens de taille moyenne en tant que remplacement direct de vSphere pour la virtualisation de machines. OpenStack, plateforme de cloud privé open source pilotée par l’OpenInfra Foundation, reste une option de référence pour les déploiements à grande échelle qui veulent s’affranchir totalement de la dépendance à un éditeur propriétaire. Pour les charges de travail conteneurisées, la tendance de fond consiste aussi à réduire la dépendance à la couche de virtualisation en migrant directement vers des clusters Kubernetes bare-metal ou vers des distributions Kubernetes légères, ce qui supprime purement et simplement le besoin d’une licence de virtualisation VMware sur certains périmètres.
Se replier sur le cloud privé souverain
La troisième option, qui converge avec la dynamique plus large de la souveraineté numérique européenne, consiste à réévaluer sérieusement le cloud privé comme alternative au cloud public dépendant de briques logicielles américaines. Ce mouvement de retour vers le cloud privé n’est pas propre au dossier VMware, il s’inscrit dans une tendance de fond observée dans plusieurs marchés européens depuis deux ans, où les entreprises réexaminent le coût réel de la dépendance à des fournisseurs et éditeurs non européens, qu’il s’agisse de cloud public ou de briques logicielles critiques comme la virtualisation. La stratégie numérique de la Commission européenne encourage explicitement cette diversification des fournisseurs pour les charges de travail sensibles.
Comparatif des plateformes de virtualisation et de cloud privé disponibles en Europe
Pour situer les options concrètes face à VMware, voici un comparatif des principales alternatives disponibles pour les fournisseurs et entreprises européennes qui envisagent une migration ou une diversification de leur infrastructure de virtualisation.
| Plateforme | Modèle | Origine | Cas d’usage principal | Niveau de dépendance à un éditeur unique |
|---|---|---|---|---|
| VMware (Broadcom) | Propriétaire, abonnement groupé | États-Unis | Virtualisation d’entreprise historique, cloud privé | Élevé |
| Proxmox VE | Open source, support commercial optionnel | Autriche | Virtualisation de machines pour PME et hébergeurs | Faible |
| OpenStack | Open source, gouvernance de fondation | International (OpenInfra Foundation) | Cloud privé à grande échelle | Faible |
| Kubernetes bare-metal | Open source | International (CNCF) | Charges de travail conteneurisées sans couche de virtualisation classique | Faible |
| Nutanix AHV | Propriétaire avec option d’hyperviseur intégré | États-Unis | Infrastructure hyperconvergée | Moyen |
Ce tableau ne doit pas masquer la réalité opérationnelle : migrer une infrastructure de virtualisation d’entreprise n’est jamais une opération neutre. Les équipes doivent requalifier leurs procédures d’exploitation, revalider leurs plans de reprise après sinistre, et souvent réécrire une partie de leur automatisation d’infrastructure en tant que code. C’est précisément ce coût de sortie, souvent sous-estimé au moment de la signature des premiers contrats VMware il y a plusieurs années, qui explique pourquoi tant d’entreprises se retrouvent aujourd’hui prises dans une situation de dépendance qu’elles jugent désormais problématique.
Contexte historique : trois ans de tensions depuis le rachat
Le dossier VMware ne surgit pas de nulle part en 2026. Depuis la finalisation du rachat en octobre 2023, l’écosystème IT mondial a suivi de près la stratégie tarifaire de Broadcom, connue pour avoir déjà appliqué des schémas similaires lors de précédentes acquisitions dans le secteur des logiciels d’entreprise. La bascule vers des suites groupées, l’arrêt des licences perpétuelles et la renégociation forcée des contrats de partenariat sont des leviers que l’entreprise a mobilisés progressivement, marché par marché, avant que la contestation ne s’organise de façon structurée en Europe au premier trimestre 2026.
Ce qui distingue le cas européen d’autres marchés, c’est la capacité de mobilisation collective des acteurs concernés. Aux États-Unis, la contestation est restée largement individuelle, chaque entreprise négociant séparément avec Broadcom. En Europe, la structuration via CISPE, puis l’élargissement à quatre autres associations professionnelles en juillet 2026, a permis de porter le dossier directement devant les autorités de concurrence, avec une demande explicite de mesures provisoires. Cette différence d’approche s’explique en partie par le cadre réglementaire européen, plus enclin à accueillir des plaintes collectives en matière de position dominante et d’abus de dépendance économique.
Impact marché : ce que cela signifie pour les fournisseurs cloud européens
Sur le plan strictement économique, l’impact du dossier VMware dépasse le seul périmètre des grandes entreprises technologiques. Les fournisseurs cloud de taille intermédiaire, qui constituent l’essentiel du tissu de CISPE, sont particulièrement exposés puisqu’ils disposent de moins de marge de négociation individuelle face à Broadcom que les très grands acteurs. La suppression du palier partenaire EMEA le plus bas, en mai 2026, a directement touché cette catégorie d’entreprises, les forçant soit à absorber des coûts d’accès plus élevés, soit à sortir purement et simplement du statut de revendeur VMware.
Ce contexte alimente également le débat plus large sur la souveraineté numérique européenne. Alors que la Commission européenne pousse par ailleurs des initiatives de cloud souverain et encourage les administrations publiques à privilégier des fournisseurs certifiés localement, le dossier Broadcom-VMware illustre un risque symétrique : même les fournisseurs cloud européens les plus engagés dans une stratégie de souveraineté restent, pour une partie de leur pile technique, dépendants de briques logicielles américaines difficilement substituables à court terme. La virtualisation, longtemps considérée comme une commodité technique, redevient ainsi un enjeu géopolitique et concurrentiel de premier plan.
Pour les investisseurs et analystes qui suivent le secteur, ce dossier s’ajoute à une liste croissante de frictions entre grands éditeurs américains et clients institutionnels européens, dans un contexte où les questions d’accès aux données par des autorités étrangères et de dépendance logicielle stratégique occupent une place croissante dans les arbitrages d’achat IT du secteur public comme privé en Europe.
Ce que répond Broadcom
Broadcom défend de son côté une lecture différente de sa stratégie commerciale, présentée officiellement comme une simplification du portefeuille produit VMware au profit de suites plus cohérentes et mieux intégrées. L’entreprise a par ailleurs choisi de contester la procédure d’enquête européenne elle-même, en s’opposant à une demande de transmission de documents juridiques américains dans le cadre de l’instruction antitrust. Cette double posture, défense commerciale sur le fond et contestation procédurale sur la forme, laisse présager un dossier qui pourrait s’étirer sur plusieurs trimestres avant qu’une décision définitive ne soit rendue par les autorités européennes.
Cinq prévisions pour la suite du dossier Broadcom-VMware en Europe
Sur la base des développements observés depuis le début de l’année 2026, plusieurs trajectoires se dessinent pour les prochains mois.
- La Commission européenne devrait se prononcer sur la demande de mesures provisoires dans les mois qui suivent la lettre commune du 15 juillet 2026, sous la pression cumulée de cinq associations professionnelles représentant un grand nombre d’entreprises clientes.
- Le contentieux procédural engagé par Broadcom contre la demande de documents américains risque de retarder l’instruction de plusieurs mois supplémentaires, repoussant d’autant une décision de fond.
- Les migrations vers Proxmox et les architectures Kubernetes bare-metal devraient s’accélérer chez les fournisseurs cloud européens de taille intermédiaire, moins en capacité d’absorber les hausses tarifaires que les très grands acteurs.
- Le débat sur la souveraineté numérique européenne devrait intégrer plus explicitement la question de la dépendance aux briques de virtualisation, au-delà du seul débat sur les hyperscalers cloud américains.
- D’autres associations professionnelles nationales, au-delà des cinq signataires de juillet 2026, pourraient rejoindre la démarche collective si la Commission tarde à agir, renforçant la pression politique sur le dossier.
Ce que les entreprises devraient évaluer dès maintenant
Indépendamment de l’issue du dossier réglementaire, les équipes IT en Europe ont intérêt à cartographier dès maintenant leur exposition réelle aux licences VMware, en distinguant les charges de travail critiques difficiles à migrer à court terme de celles qui pourraient basculer plus rapidement vers une alternative open source. Un audit de dépendance, incluant le calcul du coût total de possession sur trois à cinq ans en intégrant les scénarios de hausse tarifaire, permet de préparer une négociation plus informée avec Broadcom, ou d’engager une migration progressive sans subir la pression d’un renouvellement de contrat dans l’urgence.
Cette évaluation devrait également intégrer une dimension réglementaire : les entités soumises à des obligations de résilience opérationnelle numérique ou à des exigences de continuité de service doivent documenter leur dépendance à des fournisseurs uniques, ce qui inclut désormais explicitement les briques de virtualisation critiques comme VMware dans leurs registres de risques fournisseurs.
Foire aux questions
Pourquoi CISPE a-t-elle publié une nouvelle déclaration en septembre 2026 alors que la plainte existe depuis mars ?
Parce que le différend s’est déplacé vers un nouveau terrain, celui du cloud privé pour l’intelligence artificielle, un segment en forte croissance où la dépendance à la virtualisation VMware prend une dimension stratégique supplémentaire pour les fournisseurs cloud européens.
Les hausses de prix de 800 % à 1 500 % concernent-elles tous les clients VMware en Europe ?
Non, ce sont des chiffres remontés par les membres de CISPE à la Commission européenne dans le cadre de leur plainte, représentatifs des cas les plus documentés, mais l’ampleur exacte varie selon la taille du contrat et le niveau de licence concerné.
Qu’est-ce que le programme VMware Cloud Service Provider dont la fin a été annoncée en janvier 2026 ?
Il s’agissait du dispositif qui permettait aux fournisseurs cloud d’acheter des licences VMware en marque blanche pour les intégrer à leurs propres offres commerciales, un mécanisme central pour l’écosystème des hébergeurs européens de taille intermédiaire.
Une entreprise cliente peut-elle migrer rapidement hors de VMware pour éviter les hausses ?
Techniquement oui vers des solutions comme Proxmox ou OpenStack, mais dans la pratique la migration d’une infrastructure de virtualisation d’entreprise demande souvent plusieurs mois de qualification, de tests de charge et de réécriture des procédures d’exploitation.
La Commission européenne a-t-elle déjà tranché sur la demande de mesures provisoires ?
À la date du 5 septembre 2026, aucune décision finale n’a été rendue publique, le dossier restant sous instruction après la lettre commune du 15 juillet 2026 signée par cinq associations professionnelles.
En quoi ce dossier concerne-t-il les infrastructures Kubernetes et conteneurs en Europe ?
De nombreux clusters Kubernetes privés européens s’appuient encore sur une couche de virtualisation VMware sous-jacente, ce qui signifie qu’une hausse de licence sur cette couche impacte directement le coût d’exploitation des environnements conteneurisés, même si le lien n’est pas toujours visible pour les équipes applicatives.
Broadcom a-t-elle réagi publiquement aux accusations de CISPE ?
L’entreprise défend sa stratégie comme une simplification de portefeuille produit et conteste par ailleurs la procédure d’enquête européenne elle-même en s’opposant à une demande de transmission de documents juridiques américains.
Ce dossier a-t-il un lien avec les initiatives de cloud souverain européen ?
Indirectement oui, car il illustre que même les fournisseurs cloud les plus engagés dans une stratégie de souveraineté restent, pour certaines couches techniques comme la virtualisation, dépendants de briques logicielles américaines difficilement substituables à court terme.




