Six mois après le défaut obligataire qui a précipité sa maison-mère dans la tourmente, l’éditeur français Nacon a franchi, le 4 août 2026, une étape inédite depuis le début de sa crise : un accord de principe avec ses principaux créanciers financiers. Bigben Interactive, actionnaire majoritaire de Nacon à hauteur de 56,72 % du capital et 69,54 % des droits de vote, a annoncé avoir obtenu le soutien de 67,6 % des porteurs de ses obligations échangeables (environ 59,4 millions d’euros) et de quatre membres sur cinq de son pool bancaire, représentant environ 80 % de la dette syndiquée. L’éditeur de Test Drive Unlimited et de WRC a déposé en parallèle une requête pour ouvrir une procédure de sauvegarde accélérée devant le tribunal de commerce. Une bouffée d’oxygène pour un groupe qui a déjà vu trois de ses studios liquidés, plus d’un millier d’emplois menacés et sa cotation en bourse suspendue depuis six mois. Retrouvez l’ensemble de notre couverture du secteur dans notre rubrique jeux vidéo.
Comment la chute de Bigben Interactive a entraîné Nacon
Contrairement à la crise d’Ubisoft, née d’une série de jeux sous-performants, l’effondrement de Nacon trouve son origine ailleurs : dans les comptes de sa propre maison-mère. Le 17 février 2026, Bigben Interactive a annoncé être dans l’incapacité de rembourser une partie d’un emprunt obligataire de 43 millions d’euros, après ce que l’entreprise a qualifié de « refus inattendu et tardif » de son pool bancaire de la refinancer. Nacon lui-même n’avait alors publié aucun profit warning ni annoncé de difficulté opérationnelle propre.
Le problème, c’est que Bigben Interactive et Nacon partagent la même trésorerie de groupe et, surtout, la même direction : Alain Falc préside les deux structures simultanément. Une crise de liquidité chez l’un se répercute donc mécaniquement sur l’autre. Selon le communiqué officiel de Nacon, cette situation a « affecté significativement » les propres activités du groupe, dont la liquidité a nécessité une restructuration financière rapide pour assurer la continuité de l’exploitation. La presse spécialisée anglophone, comme TheSixthAxis, a couvert la procédure d’insolvabilité dès son dépôt fin février.
Bourse suspendue, redressement judiciaire : la chronologie
Dès l’ouverture des marchés le 20 février 2026, Nacon a demandé à Euronext Paris la suspension temporaire de la cotation de son action (compartiment B, ISIN FR0013482791). Six mois plus tard, cette suspension est toujours en vigueur – un cas rare pour une valeur du SBF 120 sur une durée aussi longue. Le 25 février, Nacon a formellement demandé son placement en redressement judiciaire, une procédure ouverte par le tribunal de commerce de Lille Métropole le 2 mars.
Le tableau ci-dessous résume les principales étapes de cette procédure, de l’annonce initiale jusqu’au revirement du 4 août :
| Date | Événement |
|---|---|
| 17 février 2026 | Bigben Interactive annonce son incapacité à rembourser 43 M€ d’obligations |
| 20 février 2026 | Suspension de la cotation de l’action Nacon sur Euronext Paris |
| 25 février 2026 | Nacon demande son placement en redressement judiciaire |
| 2 mars 2026 | Le tribunal de commerce de Lille Métropole ouvre la procédure |
| 23-25 mars 2026 | Spiders, Kylotonn, Cyanide et Nacon Tech déposent chacun leur propre dossier d’insolvabilité |
| 29 avril 2026 | Spiders et Nacon Tech sont liquidés ; la période d’observation de Nacon est prolongée au 2 septembre |
| 13 mai 2026 | Kylotonn annonce la suppression de 84 postes sur 124 (-68 %) |
| 26 mai 2026 | Midgar Studio déclare la cessation de ses paiements |
| 27 mai 2026 | Le syndicat STJV appelle à une grève nationale reconductible dans le jeu vidéo français |
| 20-21 juillet 2026 | Midgar Studio est liquidé après 18 ans d’existence, faute de repreneur |
| 4 août 2026 | Bigben Interactive annonce un accord de principe avec ses créanciers et dépose une requête de sauvegarde accélérée |
Trois studios liquidés en six mois
Sur les 16 studios de développement que compte le groupe Nacon, trois ont d’ores et déjà disparu. Spiders, le studio parisien fondé en 2008 par d’anciens de Monte Cristo Multimedia et connu pour GreedFall et Steelrising, a été liquidé le 29 avril 2026 avec environ 70 à 75 emplois supprimés dans la foulée. Le même jour, Nacon Tech, la division de capture de mouvement du groupe, a subi le même sort.
Midgar Studio, 18 ans d’histoire effacés en un jugement
Le cas le plus emblématique reste celui de Midgar Studio. Fondé en 2008 à Nîmes avant de s’installer près de Montpellier, le studio derrière Edge of Eternity et Hover avait été racheté à 100 % par Nacon le 7 février 2022 – à peine quatre ans et demi avant sa fermeture. Le tribunal a ordonné sa liquidation le 20 juillet 2026, après l’échec à trouver un repreneur avant la date limite du 16 juin. Vingt-sept salariés ont perdu leur emploi, et le projet en développement Edge of Memories, sous moteur Unreal Engine 5, se retrouve orphelin – un dénouement également détaillé par TechTimes et par le média français Next.ink.
Détail révélateur de la gouvernance du groupe : Jérémy Zeler-Maury, directeur technique de Nacon, est aussi le fondateur historique de Midgar Studio. Selon les propos qu’il a tenus et rapportés par GamesIndustry.biz, il espérait annoncer avoir trouvé un repreneur ; le tribunal en a décidé autrement. Un précédent édifiant existe pour la suite d’Edge of Memories : après la liquidation de Spiders, le early access de GreedFall : The Dying World est tombé à environ 1 000 joueurs simultanés sur Steam, contre 16 000 pour le GreedFall original – un signal que la perte du studio d’origine tue commercialement un projet, même si son développement se poursuit nominalement ailleurs.
Kylotonn et Cyanide : restructuration sous perfusion
Contrairement aux trois studios déjà liquidés, deux entités plus importantes ont pour l’instant échappé à la liquidation pure : Kylotonn (la franchise WRC et TT Isle of Man) et Cyanide (Styx, Blood Bowl). Tous deux ont été placés en redressement judiciaire fin mars 2026, mais avec une période d’observation prolongée jusqu’au 30 septembre 2026 plutôt qu’une liquidation immédiate – signe qu’un plan de continuation reste envisagé pour ces deux entités.
Le prix à payer est cependant lourd : Kylotonn a supprimé 84 de ses 124 postes le 13 mai 2026, soit 68 % de ses effectifs, dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) confirmé par le syndicat STJV (Syndicat des Travailleurs du Jeu Vidéo). Big Bad Wolf, le studio bordelais lié à Cyanide et auteur de The Council et Vampire : The Masquerade – Swansong, aurait quant à lui fermé discrètement en mai 2026, sans communiqué officiel de Nacon, après que son dernier titre Cthulhu : The Cosmic Abyss a obtenu un score Metacritic de 67 pour moins de 5 000 exemplaires vendus.
Treize studios, un seul groupe : la carte des dégâts
Nacon revendique 23 filiales, une distribution dans 100 pays et plus de 1 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 161,9 millions d’euros sur l’exercice 2025/2026. Au-delà des trois liquidations déjà actées et des deux restructurations en cours, une dizaine d’autres studios restent sous surveillance, sans annonce officielle de fermeture à ce jour :
| Studio | Jeux notables | Statut (août 2026) |
|---|---|---|
| Spiders | GreedFall, Steelrising | Liquidé (29 avril) |
| Nacon Tech | Capture de mouvement | Liquidé (29 avril) |
| Midgar Studio | Edge of Eternity, Hover | Liquidé (20 juillet) |
| Kylotonn | WRC, TT Isle of Man | Restructuration, -68 % effectifs |
| Cyanide | Styx, Blood Bowl | Redressement judiciaire en cours |
| Big Bad Wolf | The Council, Vampire: The Masquerade – Swansong | Fermeture non officielle |
| Passtech Games | Ravenswatch | Actif, portage Switch 2 annoncé |
| Ishtar Games | The Last Spell, Dead in Vinland | Statut non communiqué |
| Eko Software | Warhammer: Chaosbane | Statut non communiqué |
| KT Racing | Co-développement WRC | Statut non communiqué |
| Daedalic Entertainment | Deponia, The Long Journey Home | Statut non communiqué |
Ce tableau illustre une réalité que Nacon lui-même n’a pas détaillée publiquement studio par studio : la crise ne touche pas uniformément le groupe. Les entités encore en activité et disposant d’une sortie proche – comme Passtech Games et son portage Switch 2 de Ravenswatch – apparaissent en meilleure posture que celles sans projet imminent.
Le revirement du 4 août : les créanciers disent oui
Après six mois de mauvaises nouvelles quasi ininterrompues, le communiqué du 4 août 2026 marque la première inflexion positive du dossier. Bigben Interactive a annoncé avoir recueilli un accord de principe de ses principaux créanciers financiers : 67,6 % des porteurs d’obligations échangeables en actions Nacon (soit environ 59,4 millions d’euros), et quatre membres sur cinq de son pool bancaire, représentant environ 80 % de la dette syndiquée concernée.
Cet accord n’est pas encore définitif : il s’agit d’un accord de principe, pas d’un plan validé par un tribunal. Mais il change la nature du dossier. Jusqu’ici, Nacon subissait la crise de sa maison-mère sans visibilité sur une issue. Désormais, une majorité qualifiée de créanciers a formellement indiqué son intention de soutenir une restructuration plutôt que de pousser vers une liquidation pure et simple.
Sauvegarde accélérée : ce qui attend les actionnaires
Pour mettre en musique cet accord, Bigben Interactive a déposé une requête d’ouverture d’une procédure de sauvegarde accélérée, prévue par les articles L. 628-1 et suivants du Code de commerce. Ce dispositif, plus rapide qu’un redressement judiciaire classique, permet d’imposer un plan de restructuration aux créanciers minoritaires dès lors qu’une majorité qualifiée l’a déjà approuvé – à condition que le tribunal l’homologue.
La contrepartie annoncée est nette : une partie de l’argent frais apporté par certains créanciers de Bigben Interactive serait réinjectée dans le capital de Nacon, sous réserve que le tribunal adopte un plan de redressement restructurant la dette selon des paramètres précis. L’éditeur a explicitement prévenu qu’une telle opération entraînerait une dilution massive pour les actionnaires existants, via des augmentations de capital à des prix d’émission « significativement inférieurs au cours de bourse actuel » – un cours qui, rappelons-le, est gelé depuis février.
Alain Falc et Vincent Bolloré : les coulisses du pouvoir
Alain Falc préside à la fois Bigben Interactive et Nacon depuis leur scission en 2019 (Nacon a été introduit en bourse le 4 mars 2020 à 5,50 € l’action, levant environ 100 millions d’euros). Cette double casquette signifie qu’une seule et même personne pilote aujourd’hui la crise de liquidité de la maison-mère et la procédure judiciaire de sa filiale cotée – une structure de gouvernance que plusieurs observateurs du marché jugent aujourd’hui à l’origine directe de la contagion entre les deux entités.
Groupe Bolloré, actionnaire discret de Bigben
Autre élément peu commenté du dossier : le Groupe Bolloré détient environ 20,3 % du capital de Bigben Interactive. Sans rôle opérationnel revendiqué dans la crise actuelle, cette participation place l’un des plus gros conglomérats industriels et médiatiques français en position d’actionnaire significatif d’une maison-mère en quasi-faillite – un angle qui pourrait prendre de l’importance selon l’issue de la restructuration et la répartition du capital reconstitué de Bigben.
Nacon face à Ubisoft : deux éditeurs français sinistrés
Nacon n’est pas le seul éditeur tricolore en difficulté en 2026. Ubisoft a publié une perte record de 1,47 milliard d’euros et vu son action chuter, tandis que le studio de Barcelone a subi 51 licenciements malgré les 3 millions de ventes d’Assassin’s Creed. Les deux dossiers illustrent des trajectoires différentes vers la même zone de turbulence : Ubisoft souffre d’une succession de jeux sous-performants et d’un endettement hérité d’acquisitions, tandis que Nacon paie la facture d’une maison-mère en défaut. Dans les deux cas, ce sont des studios et des salariés qui encaissent le choc en premier.
| Indicateur | Nacon (groupe Bigben) | Ubisoft |
|---|---|---|
| Origine de la crise | Défaut obligataire de la maison-mère (43 M€) | Sous-performance commerciale répétée |
| Statut boursier | Cotation suspendue depuis le 20 février 2026 | Action cotée, en forte baisse |
| Résultat financier | Sauvegarde accélérée en cours de négociation | Perte record de 1,47 Md€ |
| Studios/emplois touchés | 3 studios liquidés, 2 en restructuration | 51 licenciements à Barcelone (dernière vague) |
| Actionnaire de contrôle | Bigben Interactive (56,72 %), Groupe Bolloré (20,3 % de Bigben) | Famille Guillemot, Tencent |
| Issue en cours | Accord de principe des créanciers (4 août 2026) | Restructuration et recentrage du portefeuille |
Le précédent Embracer : une crise européenne du jeu vidéo ?
Le schéma rappelle celui du suédois Embracer Group, dont l’effondrement en 2023 avait suivi l’échec d’un accord à 2 milliards de dollars avec Savvy Games Group : chute de l’action de 40 % en une journée, environ 2 milliards de dollars de dette, puis scission du groupe en plusieurs entités distinctes. Le point commun avec Nacon : une stratégie de croissance externe massive entre 2018 et 2022, financée par une dette bon marché durant l’ère des taux zéro, qui devient intenable une fois les taux remontés et la demande post-pandémie normalisée. Nacon a suivi une trajectoire similaire, rachetant de nombreux studios (dont Midgar en 2022) durant cette même fenêtre.
Cette lecture structurelle suggère que Nacon et Ubisoft ne sont pas des accidents isolés, mais les symptômes les plus visibles d’un ajustement plus large du secteur européen du jeu vidéo après une décennie de consolidation à crédit.
Quel impact pour les joueurs et les jeux en développement
Pour les joueurs, l’impact le plus direct concerne les jeux-service et les titres encore en développement. Edge of Memories, le projet Unreal Engine 5 de l’ex-Midgar Studio, se retrouve sans studio porteur. Les serveurs et mises à jour des jeux déjà commercialisés par les studios liquidés (GreedFall, Steelrising) ne sont, à ce stade, pas annoncés comme menacés à court terme – Nacon reste l’éditeur et détenteur des droits, seul le studio de développement d’origine a disparu. Mais l’expérience de GreedFall : The Dying World, dont la fréquentation Steam s’est effondrée après la liquidation de Spiders, illustre concrètement ce qu’un joueur peut redouter : un jeu qui continue d’exister sur le papier, sans plus l’équipe qui le faisait vivre.
Pour Kylotonn, l’enjeu est différent : la franchise WRC, licence officielle du championnat du monde des rallyes, reste active malgré la suppression de 68 % des effectifs du studio. Une restructuration réussie d’ici la fin de la période d’observation, le 30 septembre 2026, conditionnera directement la capacité du studio à livrer ses prochaines échéances contractuelles avec la FIA.
Emplois et marché du travail : le bilan social
Au total, sur les six premiers mois de la crise, le bilan social documenté s’établit à environ 70-75 postes supprimés chez Spiders, 84 chez Kylotonn (sur 124), 27 chez Midgar Studio, et un nombre non communiqué chez Nacon Tech et Big Bad Wolf – sans compter les postes encore incertains dans les studios non liquidés mais en observation. Le syndicat STJV (Syndicat des Travailleurs du Jeu Vidéo) a appelé le 27 mai 2026 à une grève nationale reconductible dans l’industrie française du jeu vidéo, citant explicitement la crise Nacon aux côtés d’autres plans sociaux du secteur.
Ce climat social intervient alors que la France reste, selon le dernier bilan du SELL, le premier marché console d’Europe continentale – un paradoxe qui souligne que la crise de Nacon relève d’un problème de structure de dette de groupe, et non d’un désintérêt du public français pour le jeu vidéo.
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"entreprise": "Nacon SA",
"isin": "FR0013482791",
"actionnaire_principal": "Bigben Interactive (56,72% capital / 69,54% droits de vote)",
"actionnaire_bigben": "Groupe Bolloré (~20,3%)",
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}
Nos prévisions : quel avenir pour Nacon ?
Sur la base des éléments connus à ce jour, voici cinq scénarios probables pour les prochains mois :
- Validation judiciaire rapide de la sauvegarde accélérée. Avec 67,6 % des obligataires et 80 % du pool bancaire déjà favorables, le tribunal de commerce dispose d’une majorité qualifiée solide ; une homologation dans les prochaines semaines paraît plus probable qu’un rejet.
- Dilution actionnariale confirmée. Nacon a explicitement annoncé des augmentations de capital à des prix inférieurs au cours actuel : les actionnaires historiques, y compris minoritaires, doivent s’attendre à voir leur part fortement réduite une fois la cotation rétablie.
- Kylotonn et Cyanide devraient éviter la liquidation totale. Contrairement à Spiders et Midgar, ces deux studios disposent de licences actives (WRC, Styx) et ont obtenu une prolongation plutôt qu’une fermeture – un plan de continuation partiel, probablement accompagné de nouvelles réductions d’effectifs, est le scénario le plus probable d’ici le 30 septembre 2026.
- Les studios les plus autonomes s’en sortiront mieux. Passtech Games, porté par la sortie Switch 2 de Ravenswatch, apparaît comme le mieux positionné des studios encore en activité, à l’inverse de structures sans échéance commerciale proche.
- La reprise de la cotation reste conditionnée à l’homologation du plan. Sauf accident de procédure, un retour de l’action Nacon sur Euronext Paris n’est pas attendu avant que le tribunal ait formellement validé le plan de sauvegarde, probablement pas avant le dernier trimestre 2026.
Foire aux questions
Nacon va-t-il faire faillite ?
Pas nécessairement. L’accord de principe du 4 août 2026 avec 67,6 % des obligataires et 80 % du pool bancaire ouvre la voie à une restructuration plutôt qu’à une liquidation totale, mais rien n’est acté tant que le tribunal n’a pas homologué le plan de sauvegarde accélérée.
Pourquoi l’action Nacon est-elle suspendue depuis février 2026 ?
Nacon a demandé la suspension de sa cotation sur Euronext Paris dès le 20 février 2026, au moment où la crise de liquidité de sa maison-mère Bigben Interactive est devenue publique, afin d’éviter une réaction désordonnée du marché avant la clarification de sa situation financière.
Quels studios Nacon a-t-il définitivement fermés ?
Trois structures ont été liquidées à ce jour : Spiders (GreedFall, Steelrising) et Nacon Tech le 29 avril 2026, puis Midgar Studio (Edge of Eternity, Hover) le 20 juillet 2026. Big Bad Wolf aurait également fermé sans annonce officielle.
Les jeux déjà sortis par les studios fermés vont-ils disparaître ?
Rien n’indique un retrait à court terme : Nacon reste éditeur et détenteur des droits sur GreedFall, Steelrising, Edge of Eternity et Hover. Le risque documenté concerne plutôt l’abandon du support et des mises à jour, comme observé sur l’early access de GreedFall : The Dying World après la fermeture de Spiders.
Qu’est-ce qu’une procédure de sauvegarde accélérée ?
Prévue par les articles L. 628-1 et suivants du Code de commerce, c’est une procédure française qui permet d’imposer un plan de restructuration négocié avec une majorité de créanciers à l’ensemble des créanciers, y compris ceux qui n’ont pas donné leur accord, sous réserve d’homologation par le tribunal.
Que va-t-il arriver aux actionnaires individuels de Nacon ?
Nacon a explicitement averti d’une dilution massive à venir, via des augmentations de capital réservées aux créanciers à des prix d’émission inférieurs au cours de bourse gelé depuis février 2026. La part des actionnaires historiques devrait donc être fortement réduite.
Nacon est-il comparable à la crise d’Ubisoft ?
Les deux éditeurs français traversent une crise en 2026, mais pour des raisons distinctes : Ubisoft souffre d’une série de jeux sous-performants et d’un endettement lié à ses acquisitions, tandis que Nacon subit la défaillance financière de sa maison-mère Bigben Interactive, sans lien direct avec les ventes de ses propres jeux.
Où en est la restructuration de Kylotonn et Cyanide ?
Les deux studios sont en redressement judiciaire depuis fin mars 2026, avec une période d’observation prolongée jusqu’au 30 septembre 2026. Kylotonn a déjà supprimé 84 de ses 124 postes ; un plan de continuation reste à l’étude pour les deux structures.
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