Fin juin 2026, une console vieille de 33 ans a bien failli renaître de ses cendres. L’éditeur britannique Empire Interactive, disparu depuis 2009, a annoncé avoir racheté la marque de The 3DO Company et dévoilé un projet de relance ambitieux : nouvelle console, remasters du catalogue historique, écosystème sous licence façon années 1990. Moins d’une semaine plus tard, le projet était mort, emporté par un enchevêtrement de droits de propriété intellectuelle que personne, semble-t-il, n’avait anticipé. Retour sur une affaire qui en dit long sur l’appétit – et les pièges juridiques – du marché du jeu rétro en 2026.
Ce qui s’est passé : la 3DO devait renaître fin juin 2026
L’histoire commence fin juin 2026, quand un entrepreneur jusque-là inconnu du grand public annonce sur les réseaux professionnels avoir racheté la marque Empire Interactive, éditeur britannique disparu en 2009, et relancé l’entreprise sous ce même nom. Quelques jours plus tard, l’annonce s’élargit considérablement : Empire Interactive affirme avoir également acquis « la marque et certains droits de propriété intellectuelle » de The 3DO Company, l’ancien fabricant de la console 3DO. Le plan dévoilé est ambitieux et rappelle directement le modèle économique original de la 3DO : produire une nouvelle console rétro, remasteriser une partie du catalogue historique de jeux, et bâtir un « écosystème de consoles » sous licence, ouvert à plusieurs fabricants comme au début des années 1990.
La nouvelle fait rapidement le tour de la presse spécialisée anglophone (GamesRadar, Time Extension, Engadget), portée par la nostalgie d’une console culte des années 1990. Mais l’euphorie sera de très courte durée : la légitimité même du rachat est contestée presque immédiatement par l’un des acteurs les plus reconnus du marché du jeu rétro.
Qui est Işık Şekercigil, l’homme derrière la tentative de relance
Işık Şekercigil est un entrepreneur double national britannico-turc, dont le parcours professionnel est jusqu’ici principalement associé au jeu mobile. Selon les informations relayées par la presse spécialisée, c’est lui qui a piloté le rachat de la marque Empire Interactive et, dans la foulée, l’annonce concernant The 3DO Company. Il devient ainsi, en l’espace de quelques semaines, propriétaire revendiqué de deux marques historiques du jeu vidéo tombées en désuétude – une démarche de « brand flipping » de plus en plus fréquente dans une industrie où la nostalgie se monétise facilement, mais où le passif juridique des sociétés disparues est souvent sous-estimé.
Empire Interactive, une marque déjà ressuscitée une première fois
Le choix d’Empire Interactive comme véhicule de la relance n’est pas anodin. Fondé en 1987 par Ian Higgins et Simon Jeffrey, l’éditeur britannique s’est fait un nom dans les années 1990 et 2000 avec des séries comme FlatOut, Ford Racing ou Big Mutha Truckers, ainsi qu’avec des jeux plus ambitieux comme The Longest Journey et sa suite Dreamfall, ou encore Starship Troopers. La société a également publié plusieurs portages de titres Sega (Crazy Taxi, Sega Rally) et opérait un label budget, Xplosiv, lancé en 2000 (Wikipedia).
Rachetée par l’américain Silverstar Holdings en 2006 pour environ 4,5 millions de livres sterling, Empire Interactive a été placée en redressement judiciaire le 1er mai 2009, après le retrait de Silverstar du NASDAQ deux mois plus tôt. Sur 55 salariés, 49 avaient alors été licenciés, les six restants n’étant conservés que pour accompagner la liquidation avec le cabinet KPMG Restructuring. Sa propriété intellectuelle avait ensuite été vendue à New World IP, qui en avait concédé l’édition à Zoo Publishing. Autrement dit : en rachetant simultanément Empire Interactive et la marque 3DO le même mois, Şekercigil ressuscitait deux cadavres corporatifs à la fois – une opération à haut risque juridique, comme la suite des événements l’a rapidement démontré.
Throwback Entertainment dément avoir cédé ses droits
La contestation vient de Throwback Entertainment, société canadienne qui détient depuis plusieurs années la marque et les droits associés à la console et au catalogue de jeux 3DO. Contactée par la presse spécialisée, l’entreprise a formellement démenti avoir cédé, vendu ou transféré ces droits à Empire Interactive ou à Işık Şekercigil, et a précisé n’avoir aucun projet de les céder à qui que ce soit. Cette prise de position publique, rapportée notamment par Time Extension et reprise par Engadget, met immédiatement en doute la solidité juridique du plan de relance annoncé quelques jours plus tôt.
« Non légitime » : la sortie publique de Josh Fairhurst
C’est cependant la réaction de Josh Fairhurst, PDG de Limited Run Games – l’un des éditeurs les plus respectés du marché de la réédition physique de jeux rétro – qui cristallise la controverse. Dans une prise de position largement relayée, il déclare : « Je pense actuellement que ce n’est pas légitime », une formule si marquante qu’elle est reprise en toutes lettres dans le titre de l’article de GamesRadar consacré à l’affaire. Venant d’une figure aussi centrale de l’écosystème de la préservation vidéoludique, le camouflet est immédiat et très largement commenté dans la presse spécialisée anglophone.
La clarification de Şekercigil : marque contre propriété intellectuelle
Face à la controverse, Işık Şekercigil publie une clarification qui, loin d’éteindre l’incendie, révèle l’ampleur du malentendu – ou de l’approximation – initial. Il écrit : « Nous avons acquis les droits sur la marque The 3DO Company, pas sur la marque de la console 3DO. Bien qu’elles puissent sembler identiques, elles sont juridiquement différentes », selon les propos rapportés par European Express. En clair, le dépôt de marque effectivement obtenu ne couvrirait que la catégorie « développement et édition de jeux vidéo », et non le matériel ou la marque commerciale de la console elle-même.
Il précise également que les droits de fabrication de la console historique impliquent non pas une seule entité, mais Panasonic, Goldstar (LG) et au moins quatre autres sociétés – un rappel utile que la 3DO, à la différence d’une PlayStation ou d’une Xbox, n’a jamais été une console propriétaire unique, mais une norme technique concédée sous licence à plusieurs fabricants concurrents dans les années 1990. Cette architecture inhabituelle, qui explique en partie l’échec commercial d’origine (voir plus bas), est aussi ce qui rend aujourd’hui toute tentative de relance juridiquement inextricable.
Le retrait du projet, début juillet 2026
Le dénouement intervient début juillet 2026, soit à peine quelques jours après l’annonce initiale. Empire Interactive publie un communiqué annonçant son retrait officiel du « projet 3DO », invoquant « l’émergence de multiples parties revendiquant des droits de propriété sur les jeux comme sur la console » et le refus de s’exposer à « des litiges juridiques prolongés » dont le coût dépasserait largement les revenus potentiels d’une relance qualifiée en interne de marché « de niche » (Fingerlakes1).
La société abandonne donc à la fois l’idée de produire du matériel et celle de remasteriser les jeux du catalogue 3DO, pour se recentrer, selon ses propres termes, sur « le développement de nos propres jeux de nouvelle génération », publiés sous le label Empire Interactive. Il aura donc fallu moins d’une semaine entre l’annonce triomphale du rachat et l’aveu d’échec – un délai si court qu’un média technologique a titré sur « la seconde mort » de la console, « cette fois en moins d’une semaine ».
Chronologie complète de l’affaire
Le tableau ci-dessous reconstitue la séquence complète des événements, du rachat annoncé à l’abandon du projet.
| Période (2026) | Événement |
|---|---|
| Fin juin | Işık Şekercigil annonce le rachat de la marque Empire Interactive et la relance de la société |
| Fin juin | Extension de l’annonce : acquisition revendiquée de la marque et de droits de propriété intellectuelle de The 3DO Company, avec projet de console et de remasters |
| Quelques jours plus tard | Throwback Entertainment dément publiquement avoir cédé ses droits sur la 3DO |
| Même semaine | Josh Fairhurst (PDG, Limited Run Games) qualifie l’annonce de « non légitime » |
| Même semaine | Şekercigil clarifie : la marque rachetée couvre l’édition de jeux, pas la console ; les droits matériels impliquent Panasonic, Goldstar et au moins quatre autres sociétés |
| 2-3 juillet | Empire Interactive annonce son retrait officiel du « projet 3DO » |
| Après le 3 juillet | La société annonce se recentrer sur des jeux originaux publiés sous le label Empire Interactive |
La 3DO originale : l’ambition ratée de Trip Hawkins
Pour comprendre pourquoi cette affaire suscite autant d’intérêt malgré son dénouement rapide, il faut revenir à l’histoire de la 3DO elle-même. The 3DO Company est fondée le 12 septembre 1991 par Trip Hawkins, le fondateur d’Electronic Arts, en partenariat avec sept autres entreprises (Wikipedia). Le premier système, commercialisé sous la marque Panasonic FZ-1, sort aux États-Unis le 3 octobre 1993 au prix de 699 dollars – soit l’équivalent d’environ 1 600 dollars actuels une fois l’inflation prise en compte. La console arrive ensuite au Japon le 20 mars 1994, puis au Royaume-Uni le 4 septembre 1994.
La 3DO en France : un lancement tardif à 2 990 francs
Pour le public français, la 3DO reste une console largement confidentielle. Elle n’arrive en France que le 9 juin 1995, soit près de deux ans après le lancement américain, au prix de 2 990 francs (Wikipédia en français). Ce décalage, associé à un tarif très supérieur à celui des consoles concurrentes de l’époque, explique en grande partie pourquoi la marque n’a jamais vraiment percé auprès du grand public hexagonal – et pourquoi, aujourd’hui encore, elle reste surtout connue des collectionneurs et des passionnés de retrogaming plutôt que du grand public.
Pourquoi la console a coulé commercialement
L’échec commercial de la 3DO tient à un vice de conception économique désormais bien documenté. Contrairement à Nintendo ou Sega, qui subventionnaient le prix de leurs consoles grâce aux royalties perçues sur chaque jeu vendu, le modèle 3DO reposait sur des royalties volontairement basses pour séduire un maximum d’éditeurs tiers. Conséquence directe : les fabricants sous licence – Panasonic (FZ-1, FZ-10), Goldstar/LG (GDO) et Sanyo (IMP-21J TRY) – devaient répercuter l’intégralité du coût matériel sur le prix de vente public. Résultat, la 3DO s’est retrouvée plus chère que la Super Nintendo et la Sega Genesis/Mega Drive réunies, un positionnement intenable face à des consoles bien mieux pourvues en jeux.
Les ventes n’ont jamais décollé : environ 2 millions d’unités écoulées au total, toutes régions et tous fabricants confondus. Trip Hawkins finit par céder sa participation à Matsushita (maison mère de Panasonic) après l’échec des objectifs commerciaux de 1994, et le successeur annoncé, la 3DO M2, ne sortira jamais sur le marché grand public. The 3DO Company se réoriente alors vers l’édition de jeux, avec des séries comme Might and Magic ou Army Men, avant de déposer le bilan sous Chapter 11 le 28 mai 2003, après avoir accumulé plus de 10 millions de dollars de pertes sur les neuf mois précédents. Ses actifs sont vendus aux enchères aux concurrents : Microsoft récupère High Heat Baseball, Ubisoft rachète Might and Magic, Take-Two obtient Army Men et Namco récupère Street Racing Syndicate. Trip Hawkins lui-même rachètera certaines vieilles marques et brevets pour 405 000 dollars – une note d’ironie supplémentaire, le fondateur rachetant les restes de sa propre création.
Cartographie des droits : qui possède quoi sur la 3DO ?
C’est précisément cette dispersion historique des actifs, aggravée par trois décennies de rachats, faillites et cessions partielles, qui rend la situation juridique actuelle si confuse. Le tableau ci-dessous résume les revendications connues à ce jour.
| Entité | Ce qu’elle revendique ou détient |
|---|---|
| Işık Şekercigil / Empire Interactive | Marque « The 3DO Company », limitée à la catégorie développement et édition de jeux vidéo |
| Throwback Entertainment (Canada) | Marque et droits liés à la console et au catalogue de jeux 3DO, selon ses propres déclarations publiques |
| Panasonic | Ancien fabricant sous licence des modèles FZ-1 et FZ-10 |
| Goldstar / LG | Ancien fabricant sous licence du modèle GDO |
| Sanyo | Ancien fabricant sous licence du modèle IMP-21J TRY |
| Au moins quatre autres sociétés | Droits de fabrication historiques évoqués par Şekercigil, non détaillés publiquement |
Face à un tel éclatement des droits – marque, brevets matériel, catalogue de jeux et contrats de licence dispersés entre au moins six parties identifiées – toute tentative de relance « propre » nécessiterait des années de négociations, bien loin de l’annonce en quelques semaines tentée par Empire Interactive.
La 3DO face aux autres consoles orphelines des années 1990
La 3DO n’est pas la seule console de sa génération à avoir échoué commercialement face à la PlayStation et à la Nintendo 64. La comparaison avec ses rivales malheureuses de l’époque permet de mesurer l’ampleur relative de son échec.
| Console | Lancement | Prix de lancement | Unités vendues | Sort |
|---|---|---|---|---|
| 3DO (Panasonic FZ-1) | Octobre 1993 (France : juin 1995) | 699 $ / 2 990 FF en France | ≈ 2 millions | Abandonnée dès 1996 ; la 3DO M2 ne sortira jamais |
| Atari Jaguar | Novembre 1993 | 249,95 $ | Moins de 150 000 | Part de marché quasi nulle dès 1995 |
| Sega Saturn | Novembre 1994 (Japon) | 399,99 $ (US) | 9,26 millions | Devancée par la PlayStation, abandonnée en 1998 |
| Sega Dreamcast | Novembre 1998 (Japon) | 199 $ (US) | 9,13 millions | Sega quitte le marché du matériel en 2001 |
Ce comparatif (Atari Jaguar, Sega Saturn, Dreamcast) montre que la 3DO se situe dans la moyenne basse de sa génération : nettement mieux vendue que l’Atari Jaguar, mais très loin derrière la Saturn ou la Dreamcast, qui ont pourtant elles aussi fini par disparaître face à la domination de Sony et, plus tard, de Microsoft. Cette place particulière – ni franc succès, ni fiasco total – explique en partie pourquoi la marque continue d’attirer les convoitises commerciales trois décennies plus tard : suffisamment de notoriété culte pour espérer monétiser la nostalgie, pas assez de valeur pour justifier, apparemment, de vérifier sérieusement qui en détient les droits avant de communiquer.
Pourquoi les marques rétro reviennent en force en 2026
L’épisode 3DO ne se comprend pas isolément. Il illustre une tendance de fond de l’industrie du jeu vidéo en 2026 : la multiplication des tentatives de résurrection de marques matérielles et logicielles tombées en désuétude. Le marché de la collection rétro, porté par des éditeurs spécialisés comme Limited Run Games ou par l’essor massif de l’émulation et du retrogaming sur des plateformes comme Batocera ou RetroArch, a redonné une valeur commerciale réelle à des catalogues que l’industrie avait longtemps considérés comme sans intérêt économique.
Cette valorisation attire logiquement des entrepreneurs opportunistes, qui rachètent à bas coût des coquilles vides – noms de marque, dépôts expirés, restes de propriété intellectuelle – en pariant sur la nostalgie plutôt que sur une analyse juridique rigoureuse. Le cas Empire Interactive/3DO est un exemple presque caricatural de ce phénomène : deux marques mortes rachetées le même mois par le même acteur, sans qu’aucune des deux opérations ne semble avoir fait l’objet d’une vérification préalable approfondie des droits réellement transférés.
Ce que cet échec révèle sur la préservation du jeu vidéo
Cette affaire prend un relief particulier dans le contexte plus large de la préservation vidéoludique en 2026. Sony a confirmé la fin de la production de disques physiques PlayStation à partir de janvier 2028, tandis que les boutiques numériques de consoles plus anciennes ferment progressivement. Le mouvement citoyen européen Stop Killing Games, qui a réuni plus de 1,3 million de signatures pour réclamer un cadre légal obligeant les éditeurs à maintenir jouables les jeux qu’ils abandonnent, s’est heurté en juin 2026 au refus de la Commission européenne de légiférer, celle-ci préférant miser sur un code de conduite volontaire.
Dans ce contexte, l’échec de la relance 3DO illustre un paradoxe frustrant pour les défenseurs du patrimoine vidéoludique : la demande pour préserver et faire revivre les catalogues abandonnés n’a jamais été aussi forte, mais le cadre juridique qui entoure ces catalogues – marques expirées, brevets orphelins, sociétés dissoutes, droits éclatés entre plusieurs continents – n’a, lui, absolument pas évolué pour faciliter ce genre d’initiative. Le catalogue de jeux 3DO reste, pour l’instant, prisonnier de cette zone grise juridique.
Impact sur le marché et la crédibilité des futures annonces
Sur le plan commercial, l’épisode n’a pas d’impact chiffrable immédiat : ni Empire Interactive ni The 3DO Company ne sont des sociétés cotées, et aucune transaction financière précise n’a été rendue publique. L’impact est avant tout réputationnel et sectoriel. Pour Empire Interactive, la crédibilité de la marque relancée sort fragilisée avant même la sortie d’un premier jeu : la société devra désormais faire ses preuves sur un terrain – l’édition de jeux originaux – où elle n’a plus publié depuis 2009.
Pour la presse spécialisée et les investisseurs potentiels du secteur retrogaming, l’affaire fonctionne surtout comme un signal d’alarme : elle démontre qu’une annonce de relance de marque historique, même relayée largement, peut s’effondrer en quelques jours si elle n’est pas adossée à une vérification sérieuse des dépôts de marque et des titres de propriété. Un précédent dont les prochains porteurs de projets similaires – et les rédactions qui les couvrent – devraient logiquement tenir compte.
Prédictions : quel avenir pour la marque 3DO ?
- Throwback Entertainment pourrait profiter de la notoriété soudaine de l’affaire pour annoncer sa propre initiative légitime autour de la marque 3DO, sans qu’aucun calendrier n’ait toutefois été évoqué à ce jour.
- D’autres tentatives de « marques zombies » viseront probablement d’autres consoles ou éditeurs oubliés des années 1990-2000, tant que le marché de la collection rétro restera aussi porteur.
- La presse spécialisée devrait durcir sa vérification avant de relayer de futures annonces de rachat de marques historiques, cet épisode ayant démontré la rapidité avec laquelle une annonce non vérifiée peut s’effondrer publiquement.
- Empire Interactive devra livrer un premier jeu original sous sa marque relancée pour prouver que l’opération n’était pas qu’un coup de communication autour de deux marques nostalgiques.
- La pression en faveur de la préservation vidéoludique va continuer de croître avec la fin annoncée des disques PlayStation et la fermeture progressive des boutiques numériques historiques, sans que le cadre juridique entourant les catalogues abandonnés n’évolue au même rythme.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la console 3DO ?
La 3DO Interactive Multiplayer est une console de jeu lancée en 1993 aux États-Unis par The 3DO Company, fondée par Trip Hawkins, le créateur d’Electronic Arts. Contrairement à ses concurrentes, elle n’était pas fabriquée par une seule entreprise mais concédée sous licence à plusieurs fabricants, dont Panasonic, Goldstar (LG) et Sanyo.
Qui a tenté de relancer la 3DO en 2026 ?
Işık Şekercigil, entrepreneur double national britannico-turc issu du jeu mobile, a annoncé fin juin 2026 avoir racheté la marque Empire Interactive ainsi que la marque et certains droits de The 3DO Company, avec un projet de nouvelle console et de remasters.
Pourquoi le projet de relance a-t-il échoué ?
Empire Interactive a invoqué l’émergence de multiples parties revendiquant des droits sur les jeux et la console, notamment la société canadienne Throwback Entertainment, ainsi que le risque de litiges juridiques prolongés jugés trop coûteux pour un marché de niche.
Throwback Entertainment va-t-elle relancer la 3DO elle-même ?
Aucune annonce en ce sens n’a été faite. L’entreprise canadienne a seulement confirmé détenir la marque et les droits liés à la console et au catalogue de jeux, et n’avoir aucun projet de les céder.
Empire Interactive va-t-elle quand même publier des jeux ?
Oui. La société a annoncé se recentrer sur le développement de jeux originaux de nouvelle génération, publiés sous le label Empire Interactive, abandonnant en revanche tout projet de matériel ou de remasters liés à la 3DO.
Combien de consoles 3DO ont été vendues à l’époque ?
Environ 2 millions d’unités au total, toutes régions et tous fabricants confondus (Panasonic, Goldstar, Sanyo) – un résultat modeste comparé aux 9,26 millions de la Sega Saturn ou aux 9,13 millions de la Dreamcast.
La 3DO a-t-elle été commercialisée en France ?
Oui, mais tardivement : la console n’est arrivée en France que le 9 juin 1995, près de deux ans après son lancement américain, au prix de 2 990 francs, ce qui a fortement limité sa diffusion auprès du public français.
Existe-t-il un moyen légal de jouer aux jeux 3DO aujourd’hui ?
La console originale et les cartouches d’occasion restent la voie la plus simple pour les collectionneurs. Du côté de l’émulation, la scène retrogaming francophone s’appuie surtout sur des distributions comme Batocera ou des frontends comme RetroArch pour faire tourner d’anciens systèmes, bien que la compatibilité 3DO reste plus expérimentale que sur des consoles plus documentées comme la PlayStation ou la Saturn.
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