Le marché mondial des consoles s’apprête à vivre l’une de ses pires années de la décennie. Selon un rapport de S&P Global Market Intelligence publié par sa division Kagan, spécialisée dans les médias et les technologies grand public, les expéditions de consoles doivent chuter de 19,5 % en 2026, passant de 42,1 millions d’unités en 2025 à seulement 33,9 millions. Dans cette débâcle collective, un constructeur se distingue tout particulièrement : Microsoft, dont la division Xbox verrait ses ventes de consoles tomber à seulement 2,5 millions d’unités, un plancher historique qui alimente les spéculations sur un retrait pur et simple du marché du matériel.
Cette prévision, signée de l’analyste Neil Barbour, qui pilote la couverture jeu vidéo de Kagan au sein de S&P Global Market Intelligence, ne se contente pas de dresser un constat pour 2026 : elle trace une trajectoire jusqu’en 2030, avec une nouvelle contraction attendue en 2027 avant une reprise conditionnelle en fin de décennie. Pour les joueurs français, confrontés depuis le printemps à des hausses de prix à répétition sur PS5, Xbox et Switch 2, ce rapport confirme avec des chiffres précis une intuition largement partagée : le hardware n’a jamais été aussi cher, ni aussi peu vendu.
Ce que révèle le rapport S&P Global Kagan
Le rapport de Kagan, division de recherche médias de S&P Global Market Intelligence, a été relayé mi-juillet 2026 par plusieurs médias spécialisés — VGChartz, Outlook Respawn, ThisWeekInVideoGames — avant d’être repris par la presse française sous des titres comme « le marché des consoles pourrait enregistrer près de 20 % de ventes en moins ». Sa méthodologie agrège les données d’expédition (shipments) des trois grands constructeurs — Sony, Microsoft, Nintendo — et des panels de vente au détail tiers, pour bâtir des prévisions année par année jusqu’en 2030.
Le diagnostic de Neil Barbour est sans détour. Traduit de l’anglais, il résume ainsi la situation : « Pour l’instant, le marché est confronté à un problème cumulatif : un parc de consoles soit trop ancien, soit trop cher pour le consommateur médian, un catalogue de jeux famélique en dehors de quelques titres phares, et un contexte macroéconomique qui exclut toute véritable baisse de prix. » Une conclusion qu’il prolonge par une mise en garde pour les prochaines années : « Ce constat n’incite guère à l’optimisme pour 2027 et au-delà. » (VGChartz)
Trois causes reviennent dans l’analyse : la pénurie de mémoire qui fait grimper le coût de fabrication, l’absence de blockbusters capables de déclencher des achats d’impulsion, et un contexte économique qui interdit toute baisse de prix. C’est leur combinaison qui rend 2026 particulièrement sévère, pas un facteur isolé.
Xbox en chute libre : 2,5 millions d’unités, un plancher historique
Le chiffre qui frappe le plus dans ce rapport concerne la Xbox Series X|S. Kagan prévoit seulement 2,5 millions d’unités expédiées en 2026, contre 3,2 millions en 2025 — un repli de 21,9 %, soit environ 22 %. Ce niveau constituerait le total annuel le plus bas jamais enregistré pour une génération Xbox, un constat que Microsoft n’a lui-même jamais démenti ni confirmé publiquement, l’entreprise ne communiquant plus de chiffres de ventes matérielles détaillés depuis plusieurs années.
Ce recul confirme une tendance déjà documentée sur ce site : les ventes mondiales de Xbox Series X|S avaient déjà reculé de 17,2 % sur un an en mai 2026 selon VGChartz, portant le total en circulation à environ 34,79 millions d’unités depuis 2020 — loin derrière les plus de 92 millions de PS5 déjà écoulées. Le fossé entre les deux constructeurs devient un gouffre.
Le seuil symbolique des 500 000 unités
Signe supplémentaire de la gravité de la situation : au premier trimestre 2026, les expéditions trimestrielles de Xbox sont, pour la première fois de l’historique de ce jeu de données, passées sous la barre des 500 000 unités. Combiné à la hausse de prix entrée en vigueur le 1er août 2026 aux États-Unis (+100 à +150 dollars selon les modèles), ce chiffre alimente une question qui circule désormais ouvertement dans la presse spécialisée : Microsoft a-t-il déjà entamé un retrait silencieux du marché du hardware au profit de son écosystème logiciel (Game Pass, xCloud, PC) ? Le site a déjà documenté les 3 200 suppressions de postes chez Xbox annoncées début juillet 2026, dans le cadre d’une restructuration touchant quatre studios.
PlayStation 5 : un recul plus contenu, porté par GTA 6
Sony n’échappe pas à la contraction générale, mais dans des proportions bien moindres. Kagan prévoit 13,2 millions d’unités PS5 expédiées en 2026, soit un repli de 15,2 % par rapport à 2025 — le rapport ne communique pas de chiffre absolu pour l’année 2025 elle-même, seulement cette variation en pourcentage, une prudence méthodologique que nous reprenons ici plutôt que d’extrapoler un total qui n’a pas été publié.
Ce recul plus modéré s’explique en grande partie par un facteur exogène majeur : la sortie de Grand Theft Auto VI, désormais fixée au 19 novembre 2026 exclusivement sur consoles PS5 et Xbox Series X|S (aucune version PC au lancement). Le site avait déjà détaillé l’ampleur du krach des ventes PS5 au premier semestre 2026, avec un repli de 58 % sur un an relevé par Circana aux États-Unis en mai — le pire mois de mai depuis l’an 2000 pour la marque. GTA VI est désormais perçu par l’ensemble des analystes, Kagan y compris, comme le seul catalyseur capable de sauver la fin d’année pour Sony comme pour Microsoft.
Reste que la PS5 continue de dominer très largement son unique rivale directe : avec un ratio de plus de cinq PS5 vendues pour une Xbox sur l’année 2026 prévue, Sony consolide une position de force qui rappelle, toutes proportions gardées, l’écart entre la PS4 et la Xbox One une décennie plus tôt.
Nintendo Switch 2 : la fin de l’état de grâce
Seule à afficher un volume proche de ses standards de lancement, la Switch 2 reste la console la plus vendue au monde en 2026 selon Kagan, avec 17,1 millions d’unités prévues. Le cabinet compare explicitement ce rythme à celui de la deuxième année de la Switch originale et de la Wii — une manière élégante de dire que l’euphorie du lancement, documentée sur ce site avec 19,86 millions d’unités écoulées lors de sa première année fiscale, touche à sa fin.
Nintendo lui-même anticipe ce ralentissement : ses propres prévisions internes, communiquées à ses actionnaires, tablent sur un repli de 16,9 % pour son exercice fiscal en cours, à 16,5 millions d’unités — un chiffre cohérent avec celui de Kagan une fois ramené à une base annuelle comparable. Le calendrier logiciel n’aide pas non plus : le prochain épisode principal de la licence Pokémon, sobrement intitulé Pokémon Wind and Waves, n’est pas attendu avant la fin 2027, privant la console de son habituel moteur de vente hivernal.
Prévisions 2026 par constructeur : le tableau complet
Le tableau ci-dessous synthétise les prévisions de Kagan pour 2026, avec la part de marché que chaque constructeur représenterait dans le total mondial de 33,9 millions d’unités.
| Plateforme | Prévision 2026 | Évolution vs 2025 | Part du marché 2026 |
|---|---|---|---|
| Nintendo Switch 2 | 17,1 millions | Rythme proche de la 2e année de la Switch / Wii | ≈ 50 % |
| PlayStation 5 | 13,2 millions | -15,2 % | ≈ 39 % |
| Xbox Series X|S | 2,5 millions | -21,9 % (plancher historique) | ≈ 7 % |
| Marché total (3 constructeurs) | 33,9 millions | -19,5 % | 100 % (dont ≈ 4 % non ventilés par plateforme) |
Cette photographie confirme un basculement structurel : pour la première fois depuis le lancement de la génération PS5/Xbox Series en 2020, une console hybride portable-salon (la Switch 2) domine très largement le marché des consoles de salon traditionnelles réunies. Sony conserve un solide second rang, tandis que Microsoft passe sous la barre symbolique des 10 % de part de marché matériel.
Le marché mondial 2025-2030 : une contraction en deux temps
Au-delà de la photographie 2026, l’intérêt du rapport Kagan réside dans sa trajectoire à cinq ans. Après le pic de 2025, dopé par le lancement mondial de la Switch 2, le cabinet anticipe une deuxième vague de contraction en 2027, avant une reprise progressive qui ne renouera avec les volumes de 2025 qu’aux alentours de 2030 — et encore, sans les dépasser.
| Année | Expéditions mondiales | Contexte |
|---|---|---|
| 2025 (réel) | 42,1 millions | Année record, portée par le lancement mondial de la Switch 2 |
| 2026 (prévision) | 33,9 millions | -19,5 %, chute générale sur les trois constructeurs |
| 2027 (prévision) | 27,1 millions | Nouvelle contraction, environ -20 % supplémentaires |
| 2028 (hypothèse du rapport) | Reprise conditionnelle | Sous réserve d’une détente des coûts de composants mémoire |
| 2030 (prévision) | 37,4 millions | Reprise partielle, sans retrouver le pic de 2025 |
Autrement dit, même dans le scénario le plus optimiste retenu par Kagan, le marché mondial des consoles n’aura pas retrouvé son niveau de 2025 d’ici la fin de la décennie. C’est la première fois qu’un cabinet d’analyse de ce poids formalise aussi précisément l’idée que la génération PS5/Xbox Series/Switch 2 ne renouera peut-être jamais avec les volumes de la génération précédente.
La cause profonde : la pénurie de mémoire qui fait grimper les prix
Le fil conducteur de toutes ces baisses porte un nom : la pénurie mondiale de mémoire DRAM et NAND, déjà largement documentée sur ce site dans notre analyse de la flambée des prix de la RAM. Les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle absorberaient désormais près de 70 % de la production mondiale de mémoire, contre 20 à 30 % en 2022, selon plusieurs analystes cités par la presse spécialisée technologique. Les prix contractuels de la DRAM auraient bondi de 90 à 95 % sur un seul trimestre début 2026.
Cette pénurie touche directement les trois constructeurs, chacun ayant répercuté la hausse sur ses tarifs en 2026 : Sony a relevé les prix de la PS5 dès avril, Microsoft a annoncé une seconde hausse Xbox pour le 1er août (la première datant d’octobre 2025), et Nintendo a confirmé une augmentation de la Switch 2 à compter du 1er septembre. Aucun des trois n’a pu, à ce stade, absorber intégralement la hausse des coûts de fabrication sans la répercuter au moins partiellement sur le consommateur final.
L’écart de prix entre Xbox et PS5 : jusqu’à 100 € en France
Neil Barbour insiste sur un point précis dans son rapport : la tarification actuelle « place désormais une Xbox Series X 100 dollars au-dessus d’une PS5 standard » aux États-Unis. Ce calcul se vérifie très exactement une fois la hausse américaine du 1er août appliquée : la Xbox Series X en version numérique passe de 599,99 à 749,99 dollars, contre 649,99 dollars pour une PS5 avec lecteur de disque, inchangée depuis avril 2026. L’écart est exactement de 100 dollars.
Le tableau des prix, avant et après la hausse
En France, la mécanique diverge légèrement mais converge vers la même conclusion. Avant la hausse américaine du 1er août, la Xbox Series X avec lecteur reste affichée à 599,99 €, soit 50 € de moins qu’une PS5 avec lecteur (649,99 €). Mais selon les projections des médias spécialisés, extrapolées du précédent de mai 2025, elle pourrait grimper à environ 749,99 € une fois la hausse répercutée en Europe — inversant le rapport de force et recréant le même écart de 100 € qu’aux États-Unis. Microsoft n’a toutefois publié, à la mi-juillet 2026, aucun barème officiel européen : ces montants restent des projections, non des annonces confirmées.
La Nintendo Switch 2, de son côté, passera à 499,99 € dans la zone euro à compter du 1er septembre 2026, selon l’annonce officielle de Nintendo — la troisième hausse de prix touchant une console majeure en l’espace de cinq mois sur le seul marché européen.
Une anomalie historique : des consoles plus chères avec l’âge
Pour mesurer l’ampleur de la rupture, il faut la replacer dans son contexte historique. Sur les deux générations précédentes, le prix des consoles baissait mécaniquement avec le temps : la PS4, lancée à 399,99 dollars en 2013, était descendue à environ 299 dollars dès 2016 ; la Xbox 360, lancée à 399,99 dollars en 2005, valait environ 199 dollars en 2009. C’était la règle non écrite de l’industrie : les coûts de fabrication baissent avec la maturité des composants, et une partie de cette économie est répercutée sur le client.
La génération actuelle inverse cette logique pour la première fois : PS5, Xbox Series et Switch 2 ont toutes les trois vu leur prix augmenter en 2026, cinq à six ans après leur lancement pour les deux premières. La presse technologique anglo-saxonne résume la situation d’une formule devenue virale : la première génération de consoles à devenir plus chère avec l’âge. La pénurie de mémoire, qui touche toute l’électronique grand public, explique cette anomalie inédite depuis l’avènement des consoles modernes.
Le vide logiciel : GTA 6 et l’absence de blockbusters
Le deuxième facteur identifié par Kagan est purement logiciel. Le rapport pointe un catalogue de jeux famélique en dehors de quelques titres phares pour expliquer la faiblesse de la demande en 2026. Le report de Grand Theft Auto VI, initialement espéré pour l’automne 2025 avant d’être repoussé au 19 novembre 2026, a mécaniquement privé le marché de son principal catalyseur d’achat de consoles sur près de quatorze mois.
Historiquement, la sortie d’un jeu à très fort tirage (un nouveau GTA, un Call of Duty premium, une exclusivité PlayStation majeure) génère un pic mesurable de ventes de consoles. En l’absence d’un tel catalyseur pendant une bonne partie de 2026, les trois constructeurs ont vendu du matériel plus cher sans le moteur de demande qui, les années précédentes, en aurait absorbé une partie du choc — l’alignement défavorable que Kagan désigne comme la cause structurelle de l’effondrement.
PS6 et Xbox Project Helix : le pari de la prochaine génération
Le rapport Kagan ne s’arrête pas à 2026 : il s’aventure jusqu’à la prochaine génération, encore non officialisée par Sony ni Microsoft. La PlayStation 6 serait lancée en 2028, avec environ 4 millions d’unités la première année, puis une montée jusqu’à 17,2 millions en 2030. Le successeur de la Xbox, nom de code Project Helix et déjà documenté sur ce site dans notre dossier consacré à son architecture AMD, partirait sur un rythme bien plus faible : environ 2 millions d’unités la première année, pour seulement 7,3 millions en 2030 — moins de la moitié du rythme anticipé pour la PS6.
Signe de l’ambiguïté qui entoure encore ce projet, S&P Global indique elle-même « partager la différence » entre deux hypothèses concurrentes : une console Xbox traditionnelle, ou un PC de salon certifié Xbox, sans trancher clairement entre les deux architectures.
Le prix cible de 600 à 800 dollars
Le scénario de reprise dessiné par Kagan pour la fin de la décennie repose sur une hypothèse précise, formulée ainsi par Neil Barbour : « Une hypothèse déterminante pour la reprise que nous anticipons plus tard dans la décennie est que la crise des composants s’atténue suffisamment d’ici 2028 pour permettre à Sony et Microsoft de lancer leur matériel de nouvelle génération à un prix compris entre 600 et 800 dollars. » (ThisWeekInVideoGames) Autrement dit, toute la reprise du marché anticipée pour 2028-2030 dépend d’un pari : que la pénurie de mémoire qui plombe 2026 soit résorbée d’ici deux ans. Rien ne garantit à ce stade que ce pari sera tenu.
| Repère | PlayStation 6 | Xbox Project Helix |
|---|---|---|
| Lancement visé | 2028 | ≈ 2028 |
| Volume 1re année | ≈ 4 millions | ≈ 2 millions |
| Volume visé en 2030 | 17,2 millions | 7,3 millions |
| Fourchette de prix visée | 600 à 800 $ | 600 à 800 $ |
| Nature de l’appareil | Console de salon classique | Ambiguë : entre console traditionnelle et PC de salon certifié |
| Condition de réussite | Détente de la crise des composants d’ici 2028 | Détente de la crise des composants d’ici 2028 |
| Statut mi-2026 | En développement, aucune date officielle | En développement, nom de code officieux |
Microsoft va-t-il sortir du hardware ? L’ombre de Sega
La combinaison d’un plancher historique en 2026, d’un premier trimestre sous les 500 000 unités et d’une prochaine génération anticipée à un rythme deux fois inférieur à celui de Sony relance une question posée depuis plusieurs mois par la presse spécialisée : Microsoft a-t-il intérêt à continuer de fabriquer du matériel de salon ? L’entreprise a déjà entamé, début juillet 2026, une restructuration touchant environ 3 200 postes chez Xbox et 4 800 chez Microsoft, avec la cession de quatre studios internes.
Le précédent le plus cité reste celui de Sega, qui a quitté le matériel en 2001 après l’échec de la Dreamcast, pour se recentrer sur l’édition tierce — la seule sortie complète d’un grand acteur historique du secteur. Aucun analyste, S&P Global compris, ne prédit un scénario identique pour Microsoft : Project Helix reste inscrit dans les prévisions à horizon 2030. Mais l’hypothèse d’un pivot vers le logiciel et les abonnements (Game Pass, xCloud) plutôt que vers le hardware pur n’est plus marginale, la presse spécialisée notant que Microsoft n’a jamais dépendu des ventes de consoles pour l’essentiel de ses revenus, contrairement à Sony et Nintendo.
Impact sur le marché français et européen
La France n’échappe pas à cette dynamique mondiale. Selon le bilan du SELL, le marché français du jeu vidéo pesait 5,856 milliards d’euros en 2025 (+2,9 %), le segment console représentant 44 % du total, soit environ 2,552 milliards d’euros, porté par le lancement de la Switch 2. Le pays compte environ 40 millions de joueurs, dont 76 % jouent au moins une fois par semaine, pour un âge moyen proche de 40 ans.
Ce socle solide n’immunise pas le marché français contre la contraction mondiale. Les hausses de prix américaines se répercutent presque systématiquement en Europe avec un décalage de quelques semaines à quelques mois, comme l’a montré la hausse PS5 d’avril 2026 (+100 € sur l’ensemble de la gamme) ou celle de la Switch 2 annoncée pour septembre. Le pouvoir d’achat des ménages français, déjà sous tension, absorbe difficilement des hausses cumulées qui, sur certains modèles, dépassent 20 % en moins d’un an.
Ce que cela change pour les joueurs
Concrètement, ce rapport a des implications directes pour tout achat de console dans les prochains mois. D’abord, les prix ne devraient pas baisser avant 2028 au plus tôt : attendre une accalmie tarifaire à court terme n’est pas une stratégie réaliste. Ensuite, la fenêtre pour acheter une Xbox Series X à prix contenu se referme avec la hausse du 1er août aux États-Unis et sa probable réplique européenne — mieux vaut ne pas trop tarder.
Pour les joueurs PS5, la stabilité des prix depuis avril 2026 offre une fenêtre plus prévisible, mais sans garantie de durée si la pénurie de mémoire s’aggrave. Pour les acheteurs de Switch 2, la hausse du 1er septembre est déjà actée : un achat avant cette date permet d’économiser l’équivalent, sous réserve de trouver le modèle en stock au prix actuel.
Nos prévisions pour 2027-2030
- L’écart Xbox-PlayStation continuera de se creuser en 2027. Sans nouvelle offre matérielle marquante et avec un catalogue toujours restreint, rien n’indique un redressement à court terme pour Microsoft sur le segment console pur.
- La PS5 profitera pleinement de l’effet GTA VI au quatrième trimestre 2026 et au premier semestre 2027, ce qui pourrait ralentir temporairement sa propre baisse par rapport à la trajectoire linéaire dessinée par Kagan.
- La Switch 2 restera la console la plus vendue au monde jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle génération, mais son rythme de croisière se rapprochera durablement de celui de la Switch originale plutôt que de son pic de lancement.
- Aucune baisse de prix significative n’est probable avant 2028 sur l’ensemble des trois plateformes, sauf choc favorable inattendu sur les marchés de la mémoire DRAM et NAND.
- La probabilité d’un repositionnement stratégique de Microsoft, davantage centré sur le logiciel et les abonnements que sur la vente de matériel à perte, continuera de croître si le rythme de 2026 se confirme sur l’exercice 2027, sans pour autant impliquer un retrait complet du hardware avant l’arrivée de Project Helix.
Ces projections restent des lectures raisonnées des tendances identifiées par Kagan et par les données déjà publiées par les constructeurs ; elles ne constituent en aucun cas des annonces officielles de Sony, Microsoft ou Nintendo.
Foire aux questions
Pourquoi les ventes de consoles vont-elles chuter de 19,5 % en 2026 ?
Selon Kagan (S&P Global), trois facteurs se combinent : une pénurie mondiale de mémoire DRAM/NAND qui fait grimper le coût de fabrication, l’absence de blockbusters après le report de GTA VI à novembre 2026, et un contexte macroéconomique qui empêche toute baisse de prix.
La Xbox va-t-elle disparaître du marché des consoles ?
Aucun analyste ne prédit formellement une sortie de Microsoft du hardware. Le rapport Kagan intègre Project Helix, la prochaine génération Xbox, dans ses prévisions jusqu’en 2030 — mais à un rythme (2 millions d’unités la première année, contre 4 pour la PS6) qui traduit un net recul face à Sony.
Quel est le prix actuel d’une Xbox Series X et d’une PS5 en France ?
Mi-juillet 2026, une Xbox Series X avec lecteur de disque est affichée à 599,99 € en France, contre 649,99 € pour une PS5 avec lecteur. Une hausse américaine du 1er août pourrait toutefois faire grimper la Xbox Series X à environ 749,99 € si elle est répercutée en Europe, inversant le rapport de prix entre les deux consoles.
La Nintendo Switch 2 va-t-elle aussi augmenter de prix ?
Oui. Nintendo a officiellement annoncé une hausse à 499,99 € dans la zone euro à compter du 1er septembre 2026, en invoquant la hausse des coûts de composants mémoire, les tarifs douaniers et les effets de change.
Quand la prochaine génération de consoles (PS6, nouvelle Xbox) sortira-t-elle ?
Selon les prévisions de Kagan, la PlayStation 6 et le successeur de la Xbox (Project Helix) sont tous deux attendus autour de 2028, à un prix cible compris entre 600 et 800 dollars, sous réserve que la crise des composants mémoire s’atténue suffisamment d’ici là. Aucune date officielle n’a été communiquée par Sony ou Microsoft à la mi-2026.
Pourquoi les consoles deviennent-elles plus chères avec le temps, contrairement aux générations précédentes ?
Historiquement, le coût de fabrication d’une console baissait avec la maturité de ses composants, permettant des baisses de prix (PS4, Xbox 360). La génération actuelle subit l’effet inverse : la demande en mémoire liée à l’intelligence artificielle a fait grimper les prix de la DRAM et de la NAND de manière si abrupte que les constructeurs répercutent des hausses plutôt que des baisses, un phénomène inédit pour l’industrie des consoles.
Le marché des consoles va-t-il se redresser après 2026 ?
Kagan anticipe une nouvelle baisse en 2027 (27,1 millions d’unités), avant une reprise progressive qui porterait le marché à 37,4 millions d’unités en 2030 — un niveau qui resterait toutefois inférieur au pic de 42,1 millions atteint en 2025.
Quel est l’impact de cette baisse sur le marché français du jeu vidéo ?
Le marché français reste solide dans l’absolu (5,856 milliards d’euros en 2025, +2,9 %, selon le SELL), mais le segment console, qui pèse 44 % du total, subit les mêmes hausses de prix et la même contraction des volumes que le reste du monde, avec un décalage de quelques semaines à quelques mois par rapport aux annonces américaines.
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